LES BONS COMPTES DE L'AROMATISATION

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Les bières ont été le plus gros contributeur à la croissance cette année. Surtout, le montant de leur apport s'élève à 100 millions d'euros ! Pour se faire une idée de la performance, l'an dernier, les champagnes - qui occupaient la même place - affichaient un chiffre d'affaires de « seulement » 38 millions d'euros. Dans un tout un autre registre, le marché des glaces, qui a très largement profité de « l'effet canicule », réalise le même score.

2003 avait pourtant mal commencé. En repli de 4 % sur les trois premiers mois de l'année, le marché des bières n'aurait sans doute pas réussi à limiter la casse sans la hausse soudaine des températures. La météo a eu l'effet d'un électrochoc, en particulier pour les bières de spécialité. Car ce sont elles les grandes gagnantes (+ 30,5 % en août). Bien qu'elles ne représentent que 15 % des ventes de bières en France, ce segment est le plus dynamique, notamment grâce aux bières aromatisés (à la vodka, au tequila, au rhum...), plus rafraîchissantes, plus ludiques aussi. Leur succès se confirme chaque jour davantage, au point de faire de l'ombre aux bières standards, qui constituent le coeur du marché.

La soif de nouveaux goûts

Un soupçon de modernité, une pointe de parfum et un marketing ciblé : la très bonne performance des vodkas, qui ont encore amélioré de 1 million d'euros leur chiffre d'affaires additionnel, repose sur le même tiercé gagnant. L'arrivée récente de Smirnoff Ice et d'Eristoff Ice ne doit rien au hasard. À la conjonction de deux univers - ceux de la vodka et des bières justement -, ces deux prêts-à-boire illustrent parfaitement les nouvelles tendances qui marchent. Décomplexés, plus curieux, à la recherche de nouvelles sensations, les plus jeunes se montrent particulièrement sensibles aux nouveaux concepts. Il est finalement assez logique que les produits innovants prennent l'avantage sur les grands classiques du rayon, comme les whiskys par exemple, ou les boissons anisées.

Le contexte est d'autant plus favorable aux innovations qu'aujourd'hui, beaucoup de consommateurs ont le sentiment d'avoir tout bu et tout essayé. Avec un chiffre d'affaires additionnel de 22 millions d'euros, les champagnes illustrent assez bien cette situation, sachant que les deux segments les plus dynamiques sont les champagnes rosés (+ 18,8 % en volume) et les millésimés (+ 31,5 %).

Les Français sont en train de découvrir qu'il existe autre chose que du brut sans année. Même si cette dernière catégorie représente toujours 85 % des ventes (- 0,6 %), la meilleure mise en avant de la diversité de l'offre champenoise - têtes de gondoles, promotions, campagnes de publicité... - commencent à porter ses fruits. Preuve que si les consommateurs apprécient l'innovation, ils ne dédaignent pas non plus la découverte. Même sur des marchés a priori mature comme celui des champagnes.

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Article extrait
du magazine N° 1840

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