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Les BRSA font savoir qu'elles ont un ancrage territorial fort

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La menace d’une nouvelle taxe - proposée par les députés Véronique Louwagie, députée Les Républicains de l’Orne (61), et de Razzy Hammadi, député socialiste de la Seine-Saint-Denis (93) - a fait réagir les industriels des boissons regroupés au sein du Syndicat National des Boissons Rafraichissantes. Ceux-ci ont décidé de rebaptiser leur syndicat Boissons Rafraichissantes de France et d’adopter un logo tricolore. Une manière de démontrer que la filière, déjà fortepment taxée, est bien implantée dans le paysage industriel français. Une filière qui, en outre, a été malmenée par la mauvaise météo du premier semestre.

31 sites de production sont implantés sur tout le territoire hexagonal. Ils emploient quelques 5000 salariés.
31 sites de production sont implantés sur tout le territoire hexagonal. Ils emploient quelques 5000 salariés.© BRF

Faire savoir que les boissons rafraichissantes sont majoritairement fabriquées en France et que peu d’entre elles sont importées. Tel est l'un des messages véhiculés par le Syndicat National des Boissons Rafraichissantes, récemment rebaptisé Boissons Rafraichissantes de France (BRF). Ce nouveau nom qui fait donc apparaitre le nom France et qui s’accompagne d’un logo tricolore, cela lors de la première conférence de presse de de syndicat créé en 1963. Pourquoi maintenant ? Sans doute à cause de l’ombre qui noircit le paysage des fabricants de colas et autre limonades depuis le 22 juin.

En effet, dans un rapport parlementaire, présenté le 22 juin dernier à l’Assemblée Nationale, deux députés  - Véronique Louwagie, députée Les Républicains de l’Orne et de Razzy Hammadi, député socialiste de la Seine-Saint-Denis – ont proposé d’augmenter significativement la taxe sur certains produits sucrés, et notamment les boissons, pour compenser la baisse du taux de la TVA (de 20 % à 5,5 %) sur des produits de consommation courante, tels que la margarine. Pourquoi ? Parce qu’ainsi, la fiscalité qui vise les produits alimentaires en sortirait simplifiée. Ce rapport préconise de supprimer huit taxes concernant la farine, les céréales ou encore les produits de la mer, des filières actuellement en difficulté. A ce jour, 21 taxes touchent les produits agroalimentaires français. Elles rapportent environ 5 milliards d’euros à l’Etat. Les auteurs de ce rapport ont donc proposé d’augmenter la « taxe soda » instaurée en 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il s’agirait de faire passer cette contribution de 7,53 euros par hectolitre, soit 2,5 centimes par canette, à 21,47 euros, soit 4,6 centimes par canette. Cette mesure rapporterait quelques 590 millions d’euros par an à l’Etat.

Une filière déja très taxée

Si ce rapport portait ces fruits, ce qui parait peu probable si l’on croit la pause fiscale promise par François Hollande et le fait que la France entre en période pré-électorale, la filière des boissons serait abasourdie. "Connaissez-vous une autre filière (à part les spiritueux, NDLR) qui verse 12,5% de son chiffre d’affaires à l’Etat ? C’est notre cas. Nos recettes fiscales sont deux fois plus importantes que celles de la filière viticole", déplore Vincent Delozière, président de ce syndicat depuis 2012 et directeur général du fabricant européen de MDD Refresco.

Et puis, la filière " prend sa part dans les débats de société comme l'obésité ou la préservation de l'environnement". Elle diminue régulièrement le taux de sucre (-7% entre 2007 et 2012) qui entre dans la composition de ses produits de plaisir. "Ce n’est pas facile, détaille Béatrice Adam, délégué générale de BRF. Chaque diminution du taux de sucre modifie les équilibres entre les autres ingrédients. Il faut revoir chaque recette ».

Côté environnemental, même forte implication des acteurs : au niveau industriel, la consommation d’eau a baissé entre 2010 et 2016, passant de 1,7 litre par litre de boisson produite à 1,25 litre, cite le syndicat en exemple. Le R-PET ou PET recyclé entre actuellement entre à hauteur de 25 et 50% dans la composition d’une bouteille, selon la disponibilité de ce matériau aussi rare que cher. 

Une conjoncture particulièrement défavorable

A cela s’ajoute deux  évènements conjoncturels qui nuisent à la santé du secteur : la désaffection des bars par peur d’éventuels attentats et la météo des sept premiers mois de 2016 qui a plombé les ventes de BRSA en magasins. "Ca va mal", dit-on chez un des leaders. De fait, quatre segments sur six affichent des croissances négatives sur le début d’année. Voici quelques chifres que nos lecteurs peuvent retrouver dans leur intégralité dans le hors-série Boissons daté de septembre 2016 :

Croissance en volume de chaque segment des BRSA :

  • Colas : -5,7%
  • Limonades, tonics et limes : -2,2%
  • BAFG : -3,8%
  • Boissons au thé : +8%
  • Boissons aux fruits plates : -3,2%
  • Eaux aromatisées : +0,4%

Source : Iri, tous circuits, CAD à fin juillet 2016.

Les BRSA en bref

  • 11 entreprises adhérentes : Coca-Cola Entreprise, Coca-Cola France, L’Abeille (LSDH), Danone Eaux France, Lorina, Orangina Suntory France, PepsiCo France, Refresco, SNEMBG, Teisseire et Nestlé Waters France.
  • CA 2015 : 4,5 milliards €
  • 38 sites de production
  • 5000 emplois
  • 65,5 litres par an et par habitant : la consommation des Français , classés au 20ème rang européen.

Source : BRF, Unesda

 

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