Les cadres de la distribution retr ouvent confiance

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L'indice de confiance des cadres de la distribution remonte en flèche, suivant la courbe ascendante des offres d'emploi. C'est la bonne nouvelle délivrée par le baromètre de la distribution réalisé par Michael Page et révélé, en exclusivité, par LSA. De nouveau en position de force, les candidats placent aussi la barre haut et se montrent plus exigeants.

« Il faut que les enseignes travaillent leur vision du recrutement et se montrent plus séduisantes. »ANTHONY BUCHENET, senior manager chez Michael Page
« Il faut que les enseignes travaillent leur vision du recrutement et se montrent plus séduisantes. »ANTHONY BUCHENET, senior manager chez Michael Page© DR

Ce n'est pas l'euphorie, mais le retour de la confiance. Sondés par Michael Page, entre fin mars et début avril, 700 cadres de la distribution, issus aussi bien des enseignes alimentaires que spécialisées, qu'ils occupent des postes d'exploitation (directeurs de magasin, de réseaux, de départements) ou des fonctions support (achats, marketing), expriment tous le même sentiment : la confiance dans leur capacité à changer d'emploi et le sentiment que le rapport de force revient en leur faveur.

« C'est l'effet de la sortie de crise que l'on ressent depuis l'automne dernier, et qui se confirme, signale Anthony Buchenet, senior manager chez Michael Page, division distribution et commerce. Le marché redémarre fort et cela se ressent en termes d'ambiance dans les entreprises. » Les offres d'emploi pour les cadres affichent, en effet, une progression à deux chiffres, à + 20% entre fin mars 2010 et mars 2011, selon les sites de recherche d'emploi.

 

Aux distributeurs de suivre 

Résultat, d'après l'enquête de Michael Page, près des deux tiers de ceux de la distribution se disent « confiants » (contre 60% il y a un an) et la proportion des « peu confiants » accuse une baisse de six points. « Ils ont le sentiment que des postes se créent et qu'il s'offre de nouveau à eux des possibilités d'évolution », poursuit Anthony Buchenet.

De nouveau à l'écoute du marché, de nouveau sollicités par les enseignes, les candidats à la mobilité n'en sont pas moins exigeants et regardants sur les propositions. La balle est dans le camp des distributeurs. Si l'image du secteur reste globalement bonne pour 78% des interrogés, il s'en trouve un sur cinq (20,6% exactement) qui ont une mauvaise opinion de la distribution. Principal point de crispation : les salaires. « Le secteur de la distribution offre un niveau de responsabilité élevé et assez rapide, mais rémunère parfois assez mal, si l'on prend en compte, justement, un tel niveau de responsabilité », souligne Anthony Buchenet. Près des deux tiers de ces cadres estiment que leur employeur ne les « rémunère pas à la hauteur de leurs compétences ».

Un sentiment qui s'est accru pendant la crise, durant laquelle on leur a demandé de tenir ou d'améliorer leurs objectifs, sans pour autant leur en être reconnaissant.

 

Les chiffres

+ 20% L'évolution des offres d'emploi pour les cadres, entre fin mars 2010 et mars 2011.

64,7% La part de cadres ayant une bonne image de la distribution.

Source : Michael Page / LSA

Un environnement de travail dégradé

Leur environnement de travail s'en ressent. Pour presque la moitié (46,5%), les conditions de travail se sont dégradées. « Nous ne nous attendions pas à un chiffre aussi élevé, concède Anthony Buchenet. Mais cela s'explique par les postes que ces cadres occupent : 63% sont aux commandes de centres de profits, et 12% occupent des fonctions commerciales. Cela n'a pas été simple pendant la crise. »

Parmi les raisons qui expliquent la dégradation des conditions de travail - nouvelle question dans le baromètre de la distribution 2011 -, deux ressortent en priorité : la « dévalorisation des compétences » pour 27% d'entre eux, et « des objectifs trop ambitieux » pour 25%. Beaucoup de cadres ont eu le sentiment de ne pas être reconnus pendant la crise, alors qu'ils ont dû redoubler d'efforts dans un contexte difficile.

Du coup, le discours des candidats prêts à changer a évolué. Ils veulent avoir des objectifs atteignables et souhaitent pouvoir en discuter avec le management. La qualité de la relation avec son supérieur devient un élément incontournable pour changer de poste. Un candidat sur deux met en avant ce critère de choix, soit un bond de sept points par rapport à l'année dernière. « Il faut que les enseignes travaillent leur vision du recrutement et se montrent plus séduisantes. Elles doivent aussi travailler la proximité dans les échanges. Les candidats font attention à la qualité de ces échanges, à la manière dont ils sont reçus. » Une relation, à terme, gagnant-gagnant.

Méthodologie

Ce baromètre réalisé en exclusivité par Michael Page pour LSA est fondé sur les réponses de 700 candidats, issus d'enseignes de la distribution spécialisée (59%) et alimentaire (41%). 63% des répondants occupent un poste de gestion de centre de profits (directeur de magasin, de réseau...), 20% un poste aux fonctions support achat ou marketing, 12,5% un poste d'animation commerciale. Tous sont cadres. L'étude a été réalisée fin mars-début avril.

 

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Article extrait
du magazine N° 2180

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