Les caisses font rimer ergonomie et nouvelles technologies

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marché - Objet de design, objet de confort retrouvé, le meuble de caisse doit intégrer de plus en plus de technologies innovantes, de l'écran tactile au scanner bioptique. Un vrai défi pour les manufacturiers.

Les fabricants y réfléchissent, certes... Mais il est loin, le temps où les meubles de caisse intégreront leur propre tunnel RFID (radio fréquence), pour un passage éclair des produits. S'il se vend 12 000 à 15 000 check-out chaque année, c'est surtout pour répondre à deux impératifs : une meilleure ergonomie, et l'adaptation du meuble de caisse aux technologies du moment, du scanner bioptique, plus gourmand en place, à l'imprimante de coupons de réduction, sans oublier l'écran tactile ou le désactiveur d'antivol. « Nous devons intégrer en moyenne cinq périphériques », confirme Jérôme Jerkech, directeur du marketing chez Rasec, leader ex æquo du secteur avec ARM-Hermès métal. « Ce sont surtout les supermarchés et hypermarchés qui ont le plus fort taux de renouvellement de meubles de check-out. » La législation est aussi un facteur d'évolution des produits. Depuis l'été 2006, la loi impose qu'une caisse sur 10 soit adaptée aux personnes à mobilité réduite (PMR).

Chaque fabricant vend un modèle pour PMR

« Cette obligation est scrupuleusement respectée, affirme Julien Delisposti, responsable de la division innovation et caisse chez Alser-La Fortezza. Les inspecteurs de la Caisse nationale d'assurance maladie sont intransigeants sur ce point. » Résultat : tous les fabricants proposent au moins un produit pour les personnes en fauteuil. Ainsi, les quatre gammes de meubles de caisse Rasec ont chacune leur version PMR. « Les parties avant et arrière sont prévues pour améliorer l'accès aux produits. L'avant est incliné et l'arrière évidé », décrit Jérôme Jerkech.

« Nos caisses PMR sont abaissées de 12 cm par rapport à une caisse classique, ce qui les ramène à 68 cm de hauteur », complète Marc Lambart, directeur général de Cefla France. Inconvénient : les caisses PMR occupent plus de place au sol, pour faciliter l'accès au fauteuil. Le plus difficile reste de garantir l'accès de la caisse aux personnes handicapées et le confort de l'hôtesse. La société alsacienne Cop-Amaco a donc inventé le châssis de caisse réglable : grâce à des vérins électriques, le châssis descend de 860 à 760 mm, la hauteur prévue par la loi, ce qui permet à la caissière de travailler à hauteur normale la majeure partie du temps. Car sa santé est aujourd'hui au centre des préoccupations, alors que la Cnam a déclaré la guerre aux troubles musculo-squelettiques. « La hauteur et la largeur de la caisse jouent un rôle important, détaille Marc Lambart. Il faut aussi faire en sorte que le positionnement clavier-tiroir-écran soit le plus pratique possible. » Plus les périphériques sont proches, moins les mouvements de la caissière seront pénibles.

Pour éviter à l'hôtesse de lever le bras trop haut, Cefla a mis au point un support réglable pour écran tactile. « La personne qui arrive à son poste peut le régler à sa hauteur. » Rasec propose le poste le plus compact du marché : 350 mm de largeur - à peine celle du scanner - les postes classiques affichant 500 à 600 mm. L'idée : réduire les mouvements de la caissière, qui attrape le produit sur le tapis et le fait glisser sur le scanner, avant de le poser sur le bac arrière. « Ergonomie se marie ici avec productivité, puisque la vitesse de passage s'en trouve améliorée », note Jérôme Jerkech.

Optimiser le confort de l'hôtesse et du client est enfin l'occasion pour les fabricants de se pencher sur le design de la caisse. Les formes carrées laissent place aux arrondis, la volumétrie est revue à la baisse. « Sous prétexte de débit, les bacs arrière sont souvent larges et peu accessibles, commente Jérôme Jerkech. Nous mettons donc le design au service du pragmatisme. Sur Sigma ou le modèle Saturn, les arrondis à l'arrière de la caisse et les bacs moins larges apportent de l'aisance au client. » Design et praticité font aussi bon ménage au niveau des tablettes d'ensachage, axe important de la valeur ajoutée de Rasec. Le bois remplace la tôle, la largeur se fait plus confortable pour accueillir sacs et cabas, les arrondis facilitent les déplacements du client.

Bientôt des caisses rose bonbon et vert pomme

L'arrivée des nouveaux matériaux s'effectue, elle, à pas plus comptés. « Nous incorporons plus de résine ou de plastique, explique Julien Delisposti, mais il nous faut garantir la robustesse du produit. Les distributeurs se montrent frileux si la caisse leur semble trop légère. » « Nous devons bousculer les mentalités », avoue Jérôme Jerkech qui milite pour les courbes, la couleur et des matériaux plus variés.

À ce titre, les magasins spécialisés jouent plus facilement le mélange des genres. Pour une jardinerie, Rasec a récemment développé un check-out mêlant tôle et bois, et Cefla va équiper les magasins Metro de caisses jaune fluo. Déjà plébiscités dans d'autres pays d'Europe, rose bonbon, vert pomme et autres bleu roi pourraient bientôt envahir les magasins. Si les acteurs du marché regrettent les hésitations des grandes surfaces alimentaires, ils restent persuadés que le design est un levier de croissance important. « Les enseignes alimentaires ont beaucoup investi dans l'agencement des zones du magasin, le tour des sorties de caisse ne va pas tarder », se rassure Marc Lambart.

Enfin, les fabricants prennent position sur le self check-out. Pris de vitesse par les fabricants d'informatique qui fournissent l'essentiel des terminaux libre-service dans l'Hexagone, ils avaient omis de proposer des meubles adaptés. Des produits sont désormais en développement, parfois chez les seuls manufacturiers, ou en partenariat avec les fournisseurs de technologie. « Le self check-out est un axe d'extension important », confirme Jérôme Jerkech. Alser-La Fortezza vient de présenter à Euroshop son premier modèle de caisse libre-service. « Pour garantir le débit et le confort des clients, nous avons placé deux bacs à l'arrière. Pendant que le premier client remplit son cabas, le deuxième peut passer à la caisse. Grâce à un aiguillage, impossible que les courses se mélangent », conclut Julien Delisposti.

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Article extrait
du magazine N° 2045

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