Les capsules de café se convertissent au recyclage

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Montrés du doigt pour la non-recyclabilité de leurs capsules de café, les principaux industriels de ce secteur ont réagi. Pionnier, Nespresso a mis en place depuis longtemps un système de collecte. L'ont rejoint plus récemment Dolce Gusto, qui vient de lancer sa propre filière et Tassimo, qui, lui, a fait le choix de s'appuyer sur une société spécialisée. Le point sur ces avancées environnementales.

Beaucoup de papier et de carton, du verre aussi... Les emballages de l'épicerie sucrée ne posent guère de problème aux consommateurs. Il suffit souvent de choisir la bonne poubelle ou le bon container, et le tour est joué. Un rayon pourtant, celui des capsules de café, fait ou peut-être faisait tache dans le décor. Et pour cause. Ces dernières ne sont pas considérées comme des dé-chets d'emballage par Eco-Emballages. Elles n'en-trent donc dans aucune des filières mises en place par l'organisme depuis une vingtaine d'années et sont donc promises à la décharge ou au mieux à l'incinération. La valorisation énergétique comme disent les spécialistes. Une caractéristique pas très reluisante pour tout industriel qui aurait des prétentions en matière d'impact sur l'environnement...

C'était le cas de Nestlé qui, pour Nespresso, a dû construire de toutes pièces un système dédié à ses capsules. L'initiative date de 2008 dans l'Hexagone (1993 en Allemagne). L'industriel revendique aujourd'hui un réseau de 5 000 points de collecte de capsules usagées. Un réseau constitué des boutiques de la marque, mais aussi de divers points de vente de proximité (marchands de journaux, superettes, pressings...). Les capsules collectées sont broyées pour séparer le marc (qui contribuera à la fabrication de compost) de l'aluminium qui sera fondu. Une expérimentation (financée par Nespresso) est en cours dans certaines zones du Var, du Lot et des Alpes-Maritimes, qui permet au consommateur de jeter les capsules usagées avec les autres emballages recyclables. Le consommateur est ainsi dispensé de l'effort de livraison des capsules, lesquelles doivent être récupérées dans les centres de tri.

L'objectif de « l'économie circulaire »

  • 699,9 M€ : Le CA des capsules de café
  • + 9,3% : L'évolution en valeur

Données en CAM au 25/08/2013 en hypers et supermarchés Source : IRI

Une expérience que Dolce Gusto a bien sûr suivie de très près. Le standard de Nescafé, né en France en 2007, a comme Nespresso essuyé un refus de la part d'Eco-Emballages pour l'introduction de ses capsules dans le circuit des emballages recyclables. Dolce Gusto a donc lui aussi construit sa propre filière. Une toute jeune filière puisqu'elle est officiellement née le 1er octobre dernier. Pour ce qui concerne la collecte, la marque a décidé de s'appuyer, comme Nespresso, sur le réseau Mondial Relay. Dans 40 villes françaises, dont les dix plus grandes précise l'industriel, un réseau de magasins collecteurs est d'ores et déjà en place et assure la collecte des capsules usagées.

Mondial Relay a même négocié avec Auchan l'introduction de points de collecte dans une sélection d'hypermarchés de l'enseigne, seule à ce jour à participer à l'initiative. Que deviendront ces capsules intégralement constituées de plastique (un corps en polypropylène et un opercule en PET) Elles seront dans un premier temps « valorisées énergétiquement », ce qui présente au moins l'avantage d'éviter la mise en décharge. Mais la perspective est bel et bien de parvenir à la fameuse « économie circulaire », soit à la fabrication d'autres biens à partir de déchets. Reste à identifier et à mettre en place la filière industrielle. « Mais, dès maintenant et pendant les prochains mois, l'initiative va être promue, en linéaire et par l'intermédiaire du club et du service consommateur », promet François-Marie Neycensas, responsable de la création des « valeurs partagées » pour les boissons chez Nestlé.

Partenariat avec l'industrie

Le responsable ne le cache pas, la conception de l'initiative a fait l'objet de débats au sein de l'entreprise. Certes, elle bénéficiait avec Nespresso d'un exemple de « bonne pratique » en matière environnementale. Ce qui ne l'a pas empêché d'explorer d'autres voies, comme celle proposée par Terracycle, une entreprise américaine présente en Europe depuis 2009 et en France depuis 2011, mais pour l'instant toujours depuis ses bases londoniennes. Sa spécialité La collecte et le recyclage de ce qui ne l'est pas. « Nous concevons, organisons et gérons des filières de recyclage de déchets non pris en compte par les filières existantes », explique Susy Barreau, general manager de Terracycle en France. Ainsi, la mise en oeuvre, l'an dernier, d'une filière dédiée... aux mégots de cigarettes, recyclés pour devenir des palettes de stockage.

En France, l'entreprise est déjà partenaire de Bic, du Petit Marseillais (Johnson et Johnson) et, en épicerie sucrée, de Materne et Tassimo. Le premier pour ses gourdes de compote multicouches, le second pour ses capsules de café. Deux produits pour lesquels Terracycle a d'abord identifié une filière technique et des partenaires industriels pour le recyclage, ensuite mis en place un système de collecte. Système on ne peut plus simple : les consommateurs stockent chez eux les emballages usagés, avant de les expédier (gratuitement) vers les centres de recyclage. En rétribution de leur effort, les « brigades » de collecte désignent une association humanitaire qui recevra des dons ou des aides proportionnelles à l'effort.

L'épine du financement

Entreprise au plein sens du terme, Terracycle a vocation à faire des bénéfices. Elle demande donc à ses partenaires industriels de financer la conception et le fonctionnement de la filière de recyclage. « Le recyclage des déchets a un coût qu'il faut bien financer », constate Susy Barreau qui s'affirme optimiste quant au développement du modèle Terracycle en France. « Tous les industriels de la grande consommation concernés par la non-recyclabilité de leurs emballages, et notamment ceux de l'épicerie sucrée, ont une responsabilité environnementale. Ils ont tous été contactés », précise-t-elle.

La stratégie des trois acteurs

Dolce Gusto lance sa propre filière
Le 1er octobre, la marque a lancé en France sa filière de collecte pour améliorer sa « performance environnementale ». Les capsules collectées sont brûlées. Et rejoindront bientôt une filière de recyclage. Dolce Gusto s'appuie sur le réseau Mondial Relay. Auchan participe à ce projet et propose des points de collecte dans certains de ses hypermarchés.

Nespresso, le pionnier
L'inventeur des capsules a créé de toutes pièces dès 1993 en Allemagne et en 2008 en France un système pour recycler ses capsules. Il revendique aujourd'hui 5 000 points de collecte : boutiques de la marque, marchands de journaux, superettes, etc.. Les capsules sont collectées, puis broyées. L'aluminium, recyclable à l'infini, est fondu.

Tassimo s'appuie sur Terracycle
Plutôt que de créer sa propre filière, Tassimo a choisi de s'associer à Terracycle, une société spécialisée dans la collecte et le recyclage de déchets non pris en compte par les filières existantes. Le principe : les consommateurs stockent à leur domicile les capsules puis les expédie gratuitement vers les centres de recyclage. En échange, des dons sont reversés à des associations humanitaires ou à une école.

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Article extrait
du magazine N° 2HSEPICERIE2013

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