Les centres-villes ont la cote auprès des jeunes, selon le sondage Clear Channel/ CSA

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

ETUDE Clear Channel, le spécialiste de la communication extérieure a lancé, avec l’association Centre-Ville en Mouvement, le premier "Baromètre du centre-ville et des commerces’’, réalisé par l’institut de sondage CSA. Si les Français sont très attachés à ce modèle de commerces intra-urbain, la cote est spécialement forte auprès des moins de 35 ans. Qui vivent le centre-ville comme un ‘‘réseau social du réel’’, et préfigurent la façon dont il pourrait évoluer demain.

Le premier "Baromètre du centre-ville et des commerces : attentes et usages des Français" a été lancée par Clear Channel et l’association Centre-Ville en Mouvement, avec l’institut de sondage CSA. Il démontre, notamment, l’attachement des jeunes de 18 à 24 ans pour cette typologie de commerce présumée traditionnelle. Les «digital natives » y retrouvent dans le réel, le même besoin de contact et de convivialité qu’ils cultivent sur les réseaux sociaux. Photo : centre-ville de Nantes.
Le premier "Baromètre du centre-ville et des commerces : attentes et usages des Français" a été lancée par Clear Channel et l’association Centre-Ville en Mouvement, avec l’institut de sondage CSA. Il démontre, notamment, l’attachement des jeunes de 18 à 24 ans pour cette typologie de commerce présumée traditionnelle. Les «digital natives » y retrouvent dans le réel, le même besoin de contact et de convivialité qu’ils cultivent sur les réseaux sociaux. Photo : centre-ville de Nantes.

A l’occasion de ses Onzièmes Assises Nationales du Centre-Ville qui se tiennent à Rennes les 9 et 10 juin, l’association Centre-Ville en Mouvement et Clear Channel ont lancé avec l’institut CSA une enquête auprès des Français afin de connaître leurs attentes et leurs usages concernant le centre-ville. L’enquête intitulée "Baromètre du centre-ville et des commerces : attentes et usages des Français" a été réalisée entre le 13 et le 18 mai 2016 sur un échantillon représentatif de 1 000 Français de 18 ans et plus. "Ce premier baromètre, d’une ampleur nationale inédite, pourra notamment nourrir la réflexion des élus et des commerçants sur la perception et les évolution du centre-ville" commente Caroline Mériaux, Directrice du Marketing, de la Relation Client et de la Communication de Clear Channel France.

Les 18 à 24 ans fans du centre-ville

Les Français sont quasi à parité dans le grand débat entre vivre en ville ou à la campagne ! Puisque 48% préfèrent vivre en ville. Et dans la tranche des 18 à 24 ans le taux atteint 57%. Parmi ces Français préférant habiter la ville, le centre-ville est, idéalement, de loin préféré (60%) à la périphérie (40%). Ces amoureux du centre-ville le fréquentent assidûment : 72% déclarent en effet s’y rendre au moins une fois par semaine. Et une fois encore, la proportion s’affirme chez les plus jeune (86% chez les 18 à 34 ans). "Ce plébiscite de la part des jeunes de moins de 35 ans est une surprise à laquelle nous ne nous attendions pas, souligne Caroline Mériaux. Ainsi nos ‘‘digital natives’’ fans d’internet et de réseaux sociaux n’en aiment pas moins la convivialité et les contacts réels que leur offrent les centres-villes. Nous verrons, plus, loin que cette adhésion configure ce que seront les cœurs de ville de demain". D’un point de vue géographique, c’est en Ile-de-France (82%) que l’on trouve la plus forte fréquentation en centre-ville. De même, parmi les catégories socio-professionnelles, cadres et profession libérales sont de grands adeptes (81%).

Un lieu convivial, de vie et de shopping

Quelles sont donc les occasions qui font fréquenter le centre-ville ? C’est d’abord un lieu de destination où l’on vient pour ses rendez-vous personnels (médecin, coiffeur, etc.,) pour 55% des interrogés. Mais pour plus de la moitié (51%), le shopping est ce qui détermine la visite en centre-ville. Plus encore chez les moins de 35 ans (60%) et pour les femmes (56%). Les démarches administratives (mairie, banque, téléphonie, etc.) sont déterminantes pour 49% des interrogés. Que le centre-ville soit considéré comme lieu de rencontres et de partage (restaurants, bars, etc.) pour 42% des Français n’étonnera pas. Ni que la proportion grimpe à 57% chez les 18 à 24 ans. Au final, quels que soient les motifs de fréquentation, les Français considèrent leur centre-ville comme un lieu convivial, de vie et de shopping à 66%.

Match entre le centre commercial périphérique et le centre-ville

"Si vous aviez à choisir entre des commerces de centre-ville et un centre commercial implanté en périphérie, lequel privilégieriez-vous ?". C’est l’une des questions posée lors de l’enquête, assortie de diverses options. Ainsi s’il s’agit de "retrouver des proches", les commerces de centre-ville (78%) l’emportent de loin ! De même pour "flâner, passer du temps libre" (72%). En revanche quand il s’agit de "faire du shopping" le centre commercial implanté en périphérie (49%) l’emporte de peu sur le centre-ville (48%). Sauf, pour la catégorie des retraités qui préfèrent ce dernier à 60%. Quant à "faire vos achats courants" pour le coup, le centre périphérique (73%) dame le pion au centre-ville (26%). NB : les écarts à 100% sont comblés par les réponses "ne sait pas".

Loisirs, plaisir, mode et beauté

Mais qu’achète-t-on donc au juste dans le centre-ville ? C’est la destination clef pour les services & loisirs (68%), les achats plaisirs cadeaux (64%), la mode, évidemment (51%) et la beauté-santé (51%). En négatif, il est intéressant de considérer les catégories de produits les moins recherchées en centre-ville. Ce sont les produits "non-frais et domestiques" (17%) qu’on achète de préférence en hyper ou super de périphérie (71%). De même, ce n’est guère en centre-ville que l’on fait achat d’articles de décoration et ameublement (26%) mais en centre commercial (65%), voire en hyper/super périphériques (42%). Le type d’achat sur lequel le centre-ville (31%) est le plus concurrencé par Internet (60%) est celui des biens culturels, par ailleurs également arbitré en centre commercial (48%).

L’image qualité meilleure que celle du prix

On a proposé aux personnes interrogées de classer les divers circuits de distribution selon le critère de qualité de produit, en ce qui concerne leur achats alimentaires frais (viande, œufs, poisson, légumes, fruits, produits laitiers, boulangerie, pâtisserie…). Seuls les marchés traditionnels supplantent les commerces et supermarchés de centre-ville qui arrivent donc en deuxième position pour ce critère qualité. Et qui dépassent le circuit hyper et supermarchés de périphérie en 3e choix, de même qu’Internet et les drives, au 4e et dernier rang. La même question, cette fois-ci posée sur la cherté des produits, fait clairement ressortir la moindre compétitivité des centres-villes. Sans surprise, hypers et supermarchés de périphérie sont au top sur ce critère, suivis des marchés. Commerces et supermarchés de centre-ville sont donc au troisième rang. Internet et les drives étant les plus mal jugés sur la compétitivité prix.

82% de consultations internet en préachat

Les auteurs de l’étude ont ajouté des questions qui révèlent une image beaucoup plus «branchée » - dans toutes les acceptions du mot - des commerces de centre-ville, que ne le laisseraient penser certaines idées reçues. Ainsi, la consultation en ligne semble être une source avérée de recherche d’informations avant achats. En effet 82% des Français déclarent avoir consulté offres promotionnelles, prix, caractéristiques produits, etc. au cours des 12 derniers mois, avant de faire leurs courses. Il n’y a que 18% qui répondent "jamais". Et un peu plus (25%) parmi les 50 à 64 ans.

Sensibilité à la publicité

La publicité par affichage apparaît aussi susciter l’envie de shopping en centre-ville. Après avoir vu panneaux ou affiches, plus de 60% des sondés déclarent se renseigner sur le produit pour l’acheter ultérieurement ; découvrir une marque ou un service ; ou… se renseigner sur internet pour en savoir plus. Et plus de 50% passent en magasin se renseigner ou acheter. Pour 47% seulement qui transforment l’envie sur Internet.

Des panneaux digitaux pour des informations pratiques

Conduite sous l’égide de Clear Channel (filiale de Clear Channel Outdoor, acteur majeur mondial de la Communication Extérieure) l’étude s’est intéressée à… l’intérêt des citoyens de centre-ville pour l’installation de panneaux digitaux présents en centre-ville. Et plus précisément sur les contenus attendus. Si les informations sur les commerces de centre-ville constituent 64% des requêtes, ce n’est pas la première attente d’informations. Les événements sur la ville (81%), les infos pratiques – y compris les alertes - (73%), et les communications citoyennes (72%) sont priorisées. La participation et l’interaction à la vie de sa ville ne recueille que 48% de suffrages.

Besoin d’urbanisme avant tout !

Le dernier pan de l’enquête CSA/Clear Channel/Centre-Ville en Mouvement dessine l’image dynamique du centre-ville. En effet, loin de le vivre comme un espace figé, 44% des Français ont le sentiment que le centre-ville qu’ils fréquentent est en développement. Les 18-34 ans en sont plus encore persuadés (52%). Et pour 55% des avis, la rénovation de l’espace urbain et de l’habitat est le premier facteur de dynamisation de la Cité. Le développement d’une offre de transport et de stationnement (42%) est légèrement prioritaire sur une offre diversifiée de magasins, d’enseignes, de commerces indépendants (40%). En revanche, énorme bémol sur la «branchitude » du centre-ville, on ne compte que 10% d’interrogés motivés par le développement d’une ville connectée (géolocalisation, info en temps réel, etc.). "Il y a certainement un effet générationnel susceptible d’évoluer, analyse Marion Pintaux, Directrice du Marketing et des Etudes de Clear Channel France. Mais cela traduit aussi le fait qu’avant de penser modernité, les clients de centre-ville exigent d’abord que les grands basiques du commerce physique soient satisfaits".

Bonus pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants

Reste que les agglomérations de plus de 100 000 habitants entretiennent l’appétence pour leur centre-ville. Les Français sont, en effet, conscients des efforts développés dans les nouveaux modes de transports (73%). Ils pensent, qu’avec l’offre de stationnement, ils contribuent à la dynamisation du centre-ville (51%) et les incitent à changer leurs habitudes (35%). De même que les zones piétonnes créées (69%) favorisent la balade et le shopping en centre-ville (32%). Cependant, le développement du centre-ville n’est pas perçu comme une réalité par tous. Plus de 40% considèrent que l’accès à ce dernier a été rendu plus difficile et près de 40% des habitants des villes de moins de 100 000 habitants considèrent même le centre-ville comme en déclin. "On observe clairement une fracture entre les agglomérations de plus et de moins de 100 000 habitants, souligne Caroline Mériaux. Une véritable France à deux vitesses ! C’est chez les résidents de ces agglomérations les plus peuplées que l’on a la perception d’un centre-ville en plein développement. Alors, qu’inversement, le sentiment de déclin est ressenti chez les habitants des villes petites ou moyennes ». Au final, 9 Français sur 10 ont le sentiment que la modernisation du centre-ville devrait constituer un objectif important pour les maires.

Et le centre-ville de demain ?

Pour qui aurait déjà enterré l’automobile comme un vestige d’un commerce supplanté par l’e-achat, le centre-ville de demain, tel qu’on a demandé aux Français de l’imaginer, devra certes offrir une large offre de commerces, mais aussi de stationnements ! A la question "parmi les propositions suivantes, laquelle ressemblerait pour vous au centre-ville de demain", 34% optent pour des commerces nombreux ; 33% veulent se garer facilement ; 26% cherchent la convivialité de bars et restaurants. Et 24% rêvent de centres-villes entièrement dédiés aux piétons et… sans voiture. Une fois encore on notera la distanciation (11%) pour un centre-ville connecté (wifi, géolocalisation, etc.) Et les promoteurs relèveront qu’un centre-ville "qui favorise l’implantation de  grands centres commerciaux" ne motive que 7% d’adhésion…

"Le réseau social du réel"

Au final, les auteurs de l’étude voient dans le centre-ville : le "réseau social du réel". Puisque «le dynamisme du centre-ville et son renouveau peuvent s’appuyer sur le fort attachement et la fréquentation des jeunes et des influenceurs, conclut le communiqué de l’étude. En effet 74% des 18 à 34 ans et 81% des cadres et professions libérales s’y rendent chaque semaine. Véritable réseau social du réel, le centre-ville est un lieu de vie, d’échange essentiel aux yeux des Français. C’est le lieu où il fait bon retrouver ses proches (78%) et passer du temps libre (72%) ». Et contrairement aux idées reçues, loin d’appauvrir l’attractivité du centre-ville, Internet s’inscrirait en complémentarité et jouerait en allié. 73% des gros acheteurs sur Internet (plus d’une fois par mois) viennent chaque semaine en centre-ville, tendance en hausse pour 20% d’entre eux. Enfin, des voies de progrès, quant à la connexion des cœur de villes de dessinent avec "les Consomm’acteurs, les citoyens précurseurs de la ville de demain, que sont les 20% de jeunes (18-34 ans) embrassant la perspective d’un centre-ville de demain connecté, avec wifi partout, géolocalisation, infos en temps réel et personnalisées… ".

 

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez tous les quinze jours l’actualité des centres commerciaux et foncières, surfaces commerciales, artères commerçantes et centres-villes.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA