Les chantiers de Régis Schultz à la tête de Monoprix

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Après avoir remis le groupe Darty sur les rails en trois ans, Régis Schultz est le nouveau président de Monoprix. Il devra notamment poursuivre la forte croissance de l’enseigne de centres-villes, qui démultiplie les concepts et ouvertures, et apporter de nouveaux services.

Monoprix a un nouveau président depuis le 22 août. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Régis Schultz, loin d’être un inconnu dans le microcosme des grands patrons. Généralement appelé au chevet des groupes en difficulté, l’ancien dirigeant de But et Darty va évoluer dans un environnement radicalement différent, puisqu’il a pris les commandes de la pépite du groupe Casino. Monoprix bénéficie d’une excellente image, et d’une bonne situation économique. Homme de terrain toujours habillé de la chemise de l’enseigne, qui a fait des visites en magasins sa marque de fabrique, Régis Schultz va trancher avec le discret Stéphane Maquaire.

Le désormais ex-président de Monoprix, poste occupé durant ces six dernières années, avait démissionné en mars à la surprise générale pour prendre la tête de Vivarte (La Halle et La Halle aux Chaussures) et tenter de redresser un groupe en perdition. Un sérieux défi, surtout après avoir contribué au développement continu de Monoprix. Ces trois dernières années, l’enseigne de centre-ville a ouvert plus de 150 nouveaux points de vente, pour porter son parc à près de 700 magasins. Une dynamique que Régis Schultz devra poursuivre, tout en mettant si possible sur pied de nouveaux services, notamment dans le multicanal pour une cible urbaine et très connectée.

Une multitude de concepts à gérer

Contacté par LSA, le groupe Casino précise que le nouveau patron – qui fait du même coup son entrée au comité exécutif – devra « conserver une croissance rentable et profitable » pour Monoprix, ce qui passera immanquablement par la poursuite du développement des déclinaisons de l’enseigne. Plus que la croissance interne, c’est surtout l’ouverture de mètres carrés supplémentaires qui a permis à Monoprix de voir ses ventes progresser (voir ci-dessus). Sur le premier semestre de 2015, les ventes organiques étaient ainsi de + 1,5%. À côté du format phare, le supermarché « urbain et qualitatif » Monoprix de 1 800 m² en moyenne, de plus petits formats sont apparus, pour être de plus en plus près des consommateurs, avec les concepts monop’ (surface de 150 à 600 m²), monop’daily (restauration rapide et snacking sur 50 à 100 m²) ou encore monop’station, apparu fin 2011 dans des gares. Le périmètre de Monoprix inclut aussi les aussi une dizaine de cosmétiques-stores monop’beauty, ainsi que les magasins bio Naturalia. Des monop’daily viennent même d’ouvrir dans des tours de bureaux. Soit une multitude de concepts à gérer, un aspect qui ne devrait pas effrayer Régis Schultz. En 2011, alors chez But, il avait été à l’origine du lancement des petits formats But City. Il ne devrait pas être dépaysé non plus par le poids grandissant de la franchise chez Monoprix, un dossier activé avec succès chez Darty, tout comme le multicanal, via la mise en place du click & collect.

D’ailleurs, en trois ans seulement, le dirigeant, souvent perçu comme hyperactif plutôt que gestionnaire, a contribué à redresser les ventes du groupe d’électroménager et rendre de nouveau l’entreprise attractive. Au point que la Fnac a décidé de racheter Darty au terme d’un bras de fer financier avec ­Steinhoff (Conforama). De quoi rapporter gros aux actionnaires et contribuer un peu plus à l’excellente réputation de Régis Schultz. Ce qui n’aura pas échappé au cabinet de recrutement mandaté par Casino, ravi de pouvoir compter tout de suite sur un dirigeant très compétent qui n’avait plus vraiment sa place dans le futur organigramme de Darty. Pressenti depuis plusieurs moins à la tête de Monoprix, il aurait même pu arriver plus tôt si la bataille pour le rachat de Darty n’avait pas connu de rebondissements.

Un domaine nouveau à expérimenter

Mais pour ce grand connaisseur de l’équipement de la maison ou de l’électroménager, très axé sur l’e-commerce ces derniers temps, la question de la gestion d’une offre alimentaire et de produits frais se pose néanmoins. Car il s’agit d’un domaine dans lequel le dirigeant n’a pas une expérience folle… Même si Régis Schultz a grandi à Colmar, où sa mère possédait une enseigne de produits biologiques et diététiques La Vie claire. Et l’alimentaire représente près de 70% des ventes de Monoprix, devant le textile et la parfumerie (13% chacun), et la déco-loisirs (7%). Quelles que soient les voies empruntées pour assurer le développement de Monoprix, la rentabilité de cette division fera partie des indicateurs clés. Les dernières données disponibles en la matière, datant de 2013, faisaient état d’une marge opérationnelle courante de 6,9%. Soit le double de la moyenne du groupe Casino, et une sérieuse machine à cash.

Un solide parcours dans la distribution…mais peu d’expérience dans l’alimentaire

  • 2013-2016 Directeur général de Darty
  • 2008-2013 Directeur général de l’enseigne d’ameublement But
  • 2000-2008 Kingfisher plc
  • Postes de direction chez B&Q entre 2005 et 2008
  • Directeur de la stratégie et du développement du groupe (2005)
  • Directeur financier, puis directeur général adjoint de Castorama France (2001-2004)
  • 1997-2000 Directeur financier de CSA Pampryl (Pernod Ricard)
  • 1993-1997 Contrôleur financier d’Orangina International

Ses missions

  • Conserver une croissance durable et profitable
  • Poursuivre la dynamique de développement du parc
  • Proposer de nouveaux services, notamment sur le multicanal

Monoprix, reste sur une progression régulière

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Article extrait
du magazine N° 2424

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