Les charcutiers industriels quittent l’interprofession du porc

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Les industriels de la charcuterie ont décidé de ne pas renouveler leur adhésion à l’interprofession porcine, dont la mission est de défendre la filière. La fédération des charcutiers (FICT) estime ne pas être entendue.

La crise porcine provoque des tensions au sein de l'interprofession
La crise porcine provoque des tensions au sein de l'interprofession

La crise agricole et la chute des prix n’en finit plus de rejaillir sur les interprofessions. Elle touche cette fois Inaporc, l’interprofession qui rassemble les producteurs de porc, les industriels de la viande, l’industrie charcutière - qui représente 70 % des débouchés - et les distributeurs, via la Fédération du commerce et de la distribution. Les industriels de la charcuterie estiment n’être pas entendus au sein de l’interprofession, et ont décidé de la quitter.

“En raison de la surcharge des prélèvements fiscaux et sociaux et d’une surrégementation, le coût d’exploitation des opérateurs de la filière porcine sont supérieurs à ceux de leurs concurrents européens, alors que les revenus sont rongés par la guerre des prix à laquelle se livrent les centrales d’achat et la grande distribution qui tirent les prix vers le bas sans se préoccuper de l’impact sur leurs fournisseurs (charcutiers et abatteurs) et indirects (éleveurs””, indique un communiqué.

Demandes qualitatives ignorées

Les industriels achètent 80 % de leur porc en France. Mais la Fédération des industries charcutières (FICT) estime que les éleveurs refusent de produire les pièces de porc qui répondent à la demande, des jambons pour le jambon cuit, de la viande de coche pour les rillettes et le saucisson sec, du bio ou du rustique. “L’interprofession Inaporc ne veut pas prendre en compte ces faits, négligent les demandes qualitatives de la FICT et ne reconnaît pas les importants efforts d’information aux consommateurs des entreprises de charcuterie”. Elle propose des solutions “concrètes”, d’aides aux exploitations et d’amélioration de la qualité, pour relancer la consommation.

La crise du porc, qui s’amplifie, avec des cours à 1,10 € quand l’équilibre d’une exploitation porcine serait plus proche de 1,40 €, tend les relations entre les opérateurs. Les manifestations d’éleveurs en Bretagne en témoigne. Mais l’interprofession du porc n’est pas la seule à traverser une crise : celle du lait (avec la démission de son président, Thierry Roquefeuil, l’an dernier), du sucre, ou encore le départ des coopératives laitières de l’Ania, témoignent des graves difficultés que traverse la filière agricole et alimentaire.  

 
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