Les coopératives redoutent la conjoncture... et le gouvernement

Le commerce associé résiste plutôt mieux que les groupes intégrés. Mais l'année qui s'ouvre semble pleine de nouvelles menaces, y compris législatives.

Michel-Édouard Leclerc, président des centres E.Leclerc
Michel-Édouard Leclerc, président des centres E.Leclerc

A l'occasion de la sortie du livre Le Commerce associé, écrit par Michel Choukroun, une table ronde a réuni, le 25 janvier, plusieurs grands noms de ce secteur pour évoquer leurs défis actuels, à l'initiative de la Fédération du commerce associé (FCA), dans les locaux du ministère de l'Économie, à Bercy (Paris).

Premier constat, l'année écoulée n'a pas été mauvaise pour tout le monde. En tout cas dans l'alimentaire. Leclerc ? + 7,5%. Système U ? + 11%. Les Mousquetaires ? Près de 8%. Soutenus par les ouvertures massives de drives, ils ont aussi profité des faiblesses de leurs concurrents intégrés.

Pour le non-alimentaire, cela a été plus difficile. « Pour la première fois de son histoire, le marché de la pharmacie a été négatif, à - 2% », témoigne Alain Bertheuil, président du groupement de pharmaciens Astera. « Nous avons bouclé l'année en recul de 3% », reconnaît Éric Holzinger, président de Synalia, spécialiste de la bijouterie. Quant au marché de l'optique, il a reculé de 1%. Mais 2013 pourrait être pire...

Répartition des achats

« Je partage ces inquiétudes, avoue Michel-Édouard Leclerc, président des centres E.Leclerc. On va avoir un accélérateur de baisse de pouvoir d'achat avec ce qui se passe dans l'automobile, à cause de son irrigation en salaires et en charges de nos territoires. » Même si l'alimentaire devrait rester relativement protégé. « On a de la chance, grâce à un travail de fond sur le pouvoir d'achat », estime Pascal Richez, président de l'Union des Mousquetaires. Selon lui, la répartition des achats va changer, mais surtout au détriment du non-alimentaire.

Outre ce contexte, les coopératives redoutent au moins autant l'action du gouvernement. « Je crois que 2013 va être dans la continuité de ce qu'on a fait cette année, insiste Serge Papin, PDG de Système U. Mais on peut être inquiet à cause des prélèvements à venir. Le budget prévisionnel de l'État compte toujours sur une croissance de 0,4%, alors que les prévisions des économistes tablent sur un recul de la consommation autour de 0,3%. On ne sait pas comment ils vont financer cet écart. »

Même topo dans l'optique. « Ce qui m'inquiète le plus en ce début d'année, ce sont avant tout les risques de changement de législation », analyse Éric Plat, PDG d'Atol. « Nous manquons de visibilité économique. On peut aussi se demander quelle visibilité nous avons au plan législatif », confirme Bernard Cadeau, du réseau d'agences Orpi.

Exprimer ses doléances à Bercy , l'idée est intéressante. Mais il faudra renouveler l'exercice. Car une fois son discours d'introduction terminé, Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, a aussitôt quitté l'assemblée...

On peut être inquiet à cause des prélèvements à venir. Le budget prévisionnel de l’État compte sur une croissance de 0,4%, alors que les prévisions tablent sur un recul de la consommation autour de 0,3%. On ne sait pas comment ils vont financer cet écart. ”

Serge Papin, PDG de Système U


On va avoir un accélérateur de baisse de pouvoir d’achat avec ce qui se passe dans l’automobile, à cause de son irrigation en salaires et en charges de nos territoires. ”

Michel-Édouard Leclerc, président des centres E.Leclerc


Ce qui m’inquiète le plus en ce début d’année, ce sont, avant tout, les risques de changement de législation. ”

Éric Plat, PDG d’Atol

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Article extrait
du magazine N° 2259

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