Les coopératives remontent au créneau sur les hausses de tarifs

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Les coopératives veulent absolument obtenir des hausses de tarifs dans la distribution. Elles disent s'engager « en toute transparence » à ce qu'elles soient « entièrement répercutées aux producteurs ».

Philippe Mangin
Philippe Mangin©FRED MARVAUX/REA

Décidément, les hausses des tarifs dans la viande de porc, la volaille et le boeuf continuent d'agiter la transformation alimentaire. Les coopératives, qui représentent la moitié de l'agroalimentaire en France, viennent à leur tour d'entrer dans le bal des revendications, à l'instar de Doux. « La situation s'est durcie, affirme Philippe Mangin, président de Coop de France. La distribution bloque tout sous prétexte que certains profiteraient de la crise, alors que la situation des filières bovine, porcine et avicole est parfaitement connue. Nous n'arrivons plus à discuter, l'inquiétude dans la coopération va bien au-delà de ce qu'on imagine ! »

 

Des difficultés récurrentes

De son côté, le conseil de filière bovine, une des branches de Coop de France (200 entreprises, pour un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros), invite « toutes les coopératives à accompagner un rééquilibrage des marges au profit de la production et qu'elles engagent à répercuter, en toute transparence, les augmentations de prix résultants de ses initiatives à leurs adhérents ». En clair, les augmentations de tarifs obtenues auprès des grandes enseignes iront dans les poches des producteurs, c'est promis. Au passage, elles éviteront aux coopératives, dont la situation financière est très tendue, de plonger dans le rouge.

« Les filières animales vont très mal, explique Jacques Poulet, directeur au sein de Coop de France. Le porc est en crise depuis quatre ans, et la hausse des prix des matières premières est venue s'ajouter aux difficultés. Il suffirait de quelques centimes de plus sur chaque barquette de porc pour permettre aux producteurs de souffler. Le secteur bovin est déstabilisé par ce qui se passe dans le lait : les éleveurs vendent leurs vaches aux abattoirs, provoquant un afflux de viande qui pèse sur les prix et déséquilibre le marché. »

Dans la volaille, les Coop sont aussi aux aguets, le poids des céréales dans le prix de l'animal étant encore plus élevé que dans les autres productions. « La situation financière des organisations de production est de plus en plus préoccupante, affirme un porte-parole. Les industriels et les distributeurs doivent absolument assumer leurs responsabilités dans un contexte qui devient insupportable pour les producteurs. » Coop de France Aviculture veut même se joindre à la Confédération française de l'aviculture, un des syndicats de la FNSEA, pour réaliser des opérations de « stickage » des produits dans les magasins, à l'instar de ce qui s'est passé dans le lait cet été, et « sensibiliser les consommateurs et les responsables de la grande distribution ».

 

Les mouvements sociaux aggravent la situation

Le lobby ajoute que les « revalorisations doivent être effectives sur l'ensemble des productions, marques nationales, de distribution et hard-discount ». La pression va donc rester de mise sur les acheteurs, qui doivent pourtant éviter l'inflation et, surtout, rester dans le jeu de la concurrence, notamment face aux hard-discounters allemands implantés en France, Aldi et Lidl, qui peuvent se fournir sur leur marché d'origine.

Par ailleurs, les grèves à répétition, les problèmes de carburants, le blocage des ports et le fret ferroviaire plus qu'entravé ajoutent aux aléas de la conjoncture. « Ces mouvements sociaux nous font souffrir énormément, il n'y a plus de déchargements de bateaux dans les ports publics, il n'est plus possible de trouver un train pour les salades, en pleine période de récolte, le transport du maïs est impossible, tonne Philippe Mangin. Nous ne connaissons pas le préjudice pour les coopératives, mais il est énorme. Nous venons de mettre en place une cellule de crise ! » Décidément, la coopération est soumise à rude épreuve. Pas sûr qu'elle en sorte indemne.

Les enjeux

Principale interface entre production et distribution, la coopération est prise dans un effet de ciseau entre la baisse de revenu des producteurs et la concurrence entre les grandes surfaces.

Les productions animales - dans l'ordre, les volailles, les porcs et les bovins - sont touchées durement par les coûts de l'alimentation animale.

Les grèves à cause des retraites, dans les ports et dans le fret, ont de lourdes répercussions sur les coopératives de transformation.

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Article extrait
du magazine N° 2156

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