Marchés

Les coopératives se renforcent mais restent sous pression

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Le chiffre d’affaires des coopératives agricoles et agroalimentaires a progressé de près d’un milliard à 83,7 milliards d’euros, mais elles restent sous la pression des prix imposés par la distribution et les relations commerciales, des décisions de l’Autorité de la concurrence sur les ententes ou les contraintes liées aux fusions. Ainsi que de la baisse probable à venir des aides européennes.

Philippe Mangin

Autant de thèmes que Philippe Mangin, président de Coop de France, entend dérouler lors de la prochaine assemblée des coopératives, où il se représente pour un nouveau mandat. « L’Autorité de la concurrence nous empêche de nous structurer en amont et porte atteinte à notre statut coopératif », a-t-il dénoncé, lors d'une conférence de presse, en revenant sur les amendes « insensées » qui ont frappé les secteurs de la meunerie et des endives. Les fusions d’Agrial et d’Elle et Vire, ainsi que de Champagnes Céréales et Nouricia, ont débouché sur des obligations qui vont à l’encontre du statut coopératif, ajoute-t-il. Coop de France étudie les voies juridiques qui lui permettraient de contester ces décisions, arguant que les regroupements sont nécessaires pour atteindre la même taille que les concurrents néerlandais, danois ou allemands.

"Nous ne participerons pas aux groupes de travail voulus par les ministres"

Autre sujet chaud pour Philippe Mangin, les relations avec la distribution. « Nous ne participerons pas aux travaux qu’ont annoncé les ministres de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Consommation tant que ceux-ci n’interviendront pas en urgence pour les filières en difficulté, comme ils en ont fait l’annonce le 21 novembre, a-t-il déclaré. Visiblement, la notion d’urgence n’est pas la même dans les ministères que pour les industriels ». L’Ania et la FNSEA seraient sur la même longueur d’onde. Il a fustigé, au passage, Jacques Creyssel, président de la FCD, qui estime que des péréquations doivent se faire entre céréaliers et filière élevage.

"Scandaleux d'attaquer les céréaliers"

« Je trouve scandaleux qu’il s’amuse avec d’autres patrons de la distribution, avec cet argument selon lequel les céréaliers s'en mettent plein les poches. La tonne de blé est la même partout dans le monde. Nous sommes au bout de la logique d’une baisse du poids de l’alimentation dans le budget des ménages et les hausses de tarifs doivent être appliquées. Si ce n’est pas le cas, on va au-devant de nouvelles catastrophes pour les entreprises dans la viande, le porc, la volaille.  Il faut faire appliquer la LME et il  interdire les garanties de marges qu’imposent les enseignes ». Il salue l’initiative de Benoît Hamon de relancer les contrôles de la DGCCRF et espère l’adoption de deux ou trois amendements pour modifier la LME, dans le projet de loi sur la consommation que le ministre va présenter  dans les prochains mois, avec notamment un pouvoir de sanction pour les agents de la répression des fraudes. Il a toutefois salué l’attitude de Serge Papin, président de Système U, sur ce dossier, par opposition à celle de Michel-Edouard Leclerc.

"Recoupler les aides"

Enfin, sur la politique agricole commune, le président de Coop de France s’est dit très inquiet sur le montant des aides à venir, compte tenu du basculement d’Angela Merkel dans le sens d’une réduction de celles-ci. Les agriculteurs mais aussi l’agroalimentaire et les coopératives vont probablement en souffrir. Admettant que les céréaliers, au cours actuels, n’ont pas besoin des aides agricoles au niveau actuel, il demande « un recouplage qui permette de baisser les aides quand ca va bien et de les augmenter quand ça va mal, comme le font les Américains. Or, l’Europe est d’une rigidité incroyable. ». Le secteur des coopératives a connu pas moins 80 opérations de fusions, acquistions ou rapprochements au cours du dernier exercice, tels que ceux menés par Agrial avec Senoble ou Terrena avec Loeil et Piriot, ou encore la prise de contrôle par Euralis de Stalaven.

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