Les cosmétiques font la chasse aux microparticules de plastique

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Pour limiter la pollution des océans, les industriels s’attachent à trouver des alternatives aux microbilles utilisées notamment dans les produits gommants.

Les PME s’engagent aussi, telle Jeanne en Provence (Groupe Arthes), avec ses gels douche dont les exfoliants sont des éclats de noyaux d’abricot et du sable.
Les PME s’engagent aussi, telle Jeanne en Provence (Groupe Arthes), avec ses gels douche dont les exfoliants sont des éclats de noyaux d’abricot et du sable.

L’Association européenne de l’industrie cosmétique, Cosmetics Europe, vient d’émettre une recommandation afin que ses membres suppriment les microparticules de plastique utilisées dans les produits rincés d’ici à 2020. « Nous allons aussi travailler avec les autres associations internationales pour une position globale de l’industrie cosmétique sur cette question », a déclaré Loïc Armand, président de Cosmetics Europe, dans un communiqué de presse.

Les microparticules de plastique sont utilisées comme agents exfoliants dans les produits de gommage et les gels douche, mais aussi comme paillettes dans les produits d’hygiène ou de maquillage. Elles sont dans le collimateur des associations de protection de l’environnement depuis longtemps car, étant trop fines, elles passent à travers les filtres des installations de traitement des eaux usées et finissent dans les océans.

Danger pour l’environnement et pour l’homme

Un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié en juin, compile les études sur les effets de ces microbilles sur la flore et la faune. Des expériences menées en laboratoire montrent l’impact de ces particules sur les invertébrés marins, mais aussi sur l’homme qui consomme ces produits de la mer intoxiqués. Elles révèlent, en effet, que les microplastiques peuvent passer à travers la barrière gastro-intestinale et atterrir dans les systèmes circulatoires et lymphatiques, ainsi que dans le placenta des femmes enceintes.

Face à ces études alarmantes, beaucoup d’acteurs ont déjà commencé à supprimer les microbilles de plastique. Unilever s’y est engagé en 2013, suivi de près par Lush. « Certains de nos produits ont pu contenir des paillettes à base de plastique. Ce n’est désormais plus le cas, explique Hilary Jones, responsable éthique de la marque anglaise de cosmétiques frais. Notre équipe R & D a travaillé près de deux ans avec nos fournisseurs et nos équipes de fabrication afin de proposer une alternative fiable et viable permettant de garder le flottement des paillettes dans l’eau et la brillance de celles-ci, tout en garantissant des particules complètement biodégradables. »

Alternatives naturelles

Le groupe L’Oréal s’est, lui, engagé en 2014 à les supprimer de tous ses produits d’ici à 2017. Les premières marques à bénéficier de composés de substitution ont été Biotherm et The Body Shop. La division produits grand public est à son tour en train de les remplacer. « Afin d’être en ligne avec ses engagements, le groupe s’intéresse aux alternatives naturelles et biodégradables [les particules minérales ou les noyaux de fruits, NDLR]. Ainsi, Ushuaïa va lancer en janvier 2016, sous la gamme Bahia do Brasil, une pulpe gommante à la papaye à base de perlite », annonce Geneviève Dupont, coordinatrice pour la France du programme RSE de L’Oréal.

Le spécialiste de la cosmétique végétale Yves Rocher utilise, pour sa part, des exfoliants naturels comme la poudre de noyaux d’abricot ou des grains de bambous. Et il n’y a pas que les grandes marques : les PME françaises sont aussi soucieuses de l’environnement. Ainsi, Jeanne en Provence a opté pour des éclats de noyaux d’abricot et du sable naturel français. Et la liste d’exemples devrait encore s’allonger dans les prochaines années. 

Sur son site, Lush explique comment il a supprimé de ses produits les microbilles qu’il utilisait notamment comme paillettes.

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Article extrait
du magazine N° 2389

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