Les coûts de production restent trop importants en France, selon Jean-Claude Trichet (ex-BCE)

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L'ancien président de la Banque Centrale européenne, Jean-Claude Trichet, considère que les coûts de production restent trop élevés en France, ce qui induit "un chômage massif". Il estime que les entreprises comme l'Etat doivent réduire les frais généraux pour gagner en compétitivité, notamment à l'export. Il considère que le retour à la profitabilité va prendre du temps.

Jean-Claude Trichet considère que la France a encore des efforts à faire pour lutter en matière de compétitivité
Jean-Claude Trichet considère que la France a encore des efforts à faire pour lutter en matière de compétitivité

"Si un Français un peu débrouillard se rend à Londres pour trouver un travail, il a toute les chances d'y parvenir dans la journée. Si un Britannique se présente à Paris pour la même raison, il n'a aucune chance d'en trouver !". Pour l'ancien président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, "il reste énormément de progrès à faire pour donner de la souplesse à l'économie" et lutter contre le chômage de masse. Il se prononçait ce mardi 31 mars 2015 dans le cadre d'un colloque organisé par le cabinet Arc, spécialisé dans le recouvrement et les délais de paiement. 

Diffiérentiel de coûts de production 

En cause, les "coûts unitaires de production qui ont progressé de 18 % par rapport à l'Allemagne depuis l'introduction de l'Euro, alors que les deux économies étaient à l'époque à égalité, l'Allemagne était même un peu moins compétitive et on y vendait des Renault comme des petits pains!". C'est en réformant le marché du travail que l'Allemagne a pu reconstituer ses marges, et offrir le plein emploi. 

Dépenses publiques trop élevées 

L'ancien patron de la banque centrale a également évoqué le "montant des frais généraux dans le pays, bien trop élevé", c'est à dire les dépenses publiques "qui sont toujours supérieures de 10 % en France par rapport à l'Allemagne". Il soutient le Cice, qui va dans le bon sens et même s'il est compliqué, pour permettre le retour "à une profitabilité convenable pour les entreprises". Pour lui, les difficultés à emprunter de l'argent aux banques pour faire face aux problèmes de trésorie se trouvent in fin dans la faiblesse des marges. 

Plus de vigueur à l'export

Mais le président de la BCE estime que l'Etat n'est pas le seul à devoir intervenir pour réduire les coûts. Il estime que les entreprises en France doivent se lancer à l'export avec beaucoup plus de vigueur, alors qu'elles se cantonnent sur leur marché intérieur. Il pense même que ce sont les syndicats qui pourraient dévérouiller la situation. "En Suède, quand l'influence des syndicats des sociétés exportatrices est devenue plus importante que ceux des entreprises répondant à la demande intérieure, la compétitivité est devenue prioritaire pour toute la société", avec des résultats remarquables... Dans ce pays, comme en Allemagne, la hausse des salaires et le soutien de la demande intérieure peut même être à nouveau envisagée... 

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