Les derniers verrous sautent pour la musique en ligne

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STRATÉGIE - Après l'accord entre les grandes maisons de disques et Apple conduisant à la suppression des verrous technologiques sur son site, VirginMega et Fnacmusic ont fait des annonces dans le même sens. Pas sûr que cela suffise à développer le marché de la musique en ligne.

Le glas des DRM a-t-il en-fin sonné ? Depuis le 6 janvier, iTunes Store, la plate-forme de diffusion en ligne d'Apple, propose la musique des quatre majors, Universal Music Group, Sony BMG, Warner Music Group et EMI, et celle de nombreux indépendants, soit 80 % de son catalogue, sans Digital Right/Restrictions Management. Autrement dit, elle se passe des fameux DRM, ces verrous électroniques qui limitent le nombre et le type de supports sur lesquels l'acheteur peut écouter ou copier le titre ou l'album.

Jusqu'à présent, seul EMI avait franchi le pas, en mai 2007 sur le site d'Apple, moyennant 1,29 $ par morceau, contre un prix unique de 0,99 $ jusqu'alors. Avec des résultats qui sont jugés « satisfaisants ». Désormais, l'acheteur pourra écouter un titre acheté sur l'iTunes Store sur un baladeur autre que l'iPod. La décision de la firme de Cupertino s'est accompagnée d'une nouvelle tarification, qui s'échelonne entre 0,69 $ pour les titres de fond de catalogue et jusqu'à 1,29 $ pour les nouveautés.

Tous les distributeurs s'alignent

Premier distributeur de musique en ligne, avec pas moins de 70 % des ventes réalisés sur internet, Apple a donc cédé aux producteurs, sur un marché mondial dont la croissance n'atteint plus que 27 % en 2008, contre 45 % en 2007. « C'est une excellente nouvelle pour les maisons de disques. L'évolution des prix de la musique va peut-être nous permettre d'aller vers la construction d'offres plus intéressantes. Mais il n'est pas sûr que cela relance le marché, car l'effet d'aubaine de la gratuité est plus fort que tout », estime Hervé Rony, délégué général du Syndicat national des éditeurs phonographiques (Snep).

Si l'annonce d'Apple n'est pas une véritable surprise, elle a entraîné une réaction en chaîne chez les distributeurs français de musique en ligne. Sur VirginMega.fr, d'ici à quelques jours, « la totalité de l'offre de musique proposée par le site sera 100 % MP3 et 100 % compatible avec tous les iPod et iPhone, tous les baladeurs numériques, tous les téléphones mobiles avec lecteurs MP3 et toutes les plates-formes (Windows, Mac, Linux) ». De son côté, Fnacmusic a annoncé la levée des DRM sur le catalogue de Warner Music, après celui d'EMI. « Cela fait des années que la Fnac milite pour l'interopérabilité, rappelle Bernard Delerue, directeur des produits audio, vidéo et jeux vidéo du distributeur. Nous espérons proposer les catalogues de Sony-BMG et d'Universal Music sans DRM d'ici à la fin du premier trimestre, ce qui nous permettra de nous battre avec les mêmes armes que les pirates et d'intensifier notre communication. »

Bientôt la loi création et internet

Les négociations sont toujours en cours alors qu'aucun des deux sites, toujours à 0,99 E le morceau, n'a encore annoncé de modification de tarification. « Ils y viendront forcément », estime Hervé Rony, qui regrette l'absence de concertation entre les majors. « Les annonces se font un peu au fil de l'eau, ce qui en atténue l'effet auprès du grand public. Il aurait été préférable de trouver une date pour un communiqué commun. » Les acteurs de la musique en ligne comptent sur l'adoption, en mars, de la loi création et internet par l'Assemblée nationale, qui prévoit une « riposte graduée » contre le piratage, afin de rebondir sur cette dynamique dont ils espèrent qu'elle débloquera le marché de la musique en ligne.

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Article extrait
du magazine N° 2073

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