Les discrètes bières trappistes s'ouvrent à la grande consommation

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Toujours brassées par des moines, les bières trappistes trouvent leur place dans les caves à bières, de plus en plus nombreuses dans les magasins. Reste que les volumes de ces bières de spécialité sont confidentiels.

Mont des Cats, Achel ou Westmalle... Ces noms de bière ne disent rien à la plupart des consommateurs. Pourtant, les vrais amateurs de bière sont prêts à faire des kilomètres pour quelques bouteilles. « Il faut prendre rendez-vous par téléphone, donner son numéro de plaque d'immatriculation et se rendre sur place à l'heure dite », détaille un amoureux de la Westvleteren, brassée à l'abbaye de Sainte-Sixte, en Flandre occidentale. L'une de ses bières, la 12, a été élue meilleure bière du monde lors d'un concours aux États-Unis. C'était en 2005, et, depuis, son succès ne s'est pas démenti.

Un cercle très fermé

Sa particularité, outre d'être très bonne Elle fait partie du cercle très fermé des bières trappistes, repérable sur les bouteilles grâce à la mention « Authentic Trappist Product ». Un logo accordé par l'Association internationale trappiste garantissant au consommateur la provenance des produits (bières, mais aussi biscuits, chocolats, bougies, etc.), qui doivent répondre à plusieurs critères : qu'ils soient fabriqués sur le site même du monastère et que la majeure partie des revenus serve aux besoins de la communauté monastique et à des oeuvres caritatives. À ce jour, seules sept brasseries bénéficient de ce logo, dont six en Belgique. En France, il en existe une : la Mont des Cats, dont la production a redémarré après un siècle d'arrêt. Son histoire a commencé en 1847 quand les moines décidèrent de produire leur bière pour leur propre consommation, mais aussi celle des ouvriers qui travaillaient à l'agrandissement de l'abbaye. En 1900, les 70 trappistes de l'abbaye emploient jusqu'à une cinquantaine d'ouvriers laïcs. Les lois anticléricales du début du XXe siècle obligèrent les moines étrangers à partir. Ils étaient nombreux au Mont des Cats et, faute de moines brasseurs, la production cessa en 1911. Seul hic (c'est le cas de le dire), aujourd'hui brassée en Belgique par les moines de Chimay, la Mont des Cats ne peut arborer le précieux logo. « Peut-être qu'un jour, nous construirons une brasserie », espère Frère Marie Bernard. Pour le moment, les volumes de Mont des Cats restent confidentiels (1 000 hectolitres par an).

Partenariat

Ces brasseries trappistes n'ont rien à voir, en termes de volume, avec d'autres brasseries de spécialités, comme Leffe ou Grimbergen. Pourtant, leurs produits sont recherchés par la grande distribution. Ainsi, La Trappe, bière trappiste néerlandaise, est vendue chez Monoprix, Auchan, Carrefour, Carrefour Market et Géant. Les moines se rendent-ils dans les box des acheteurs pour négocier les tarifs Certes non. Dans le cas de La Trappe, les moines ont signé, en 1999, un partenariat de commercialisation avec le brasseur familial Bavaria, lui aussi néerlandais. La Trappe trouve sa place dans les caves à bière des distributeurs où elle apporte un petit supplément de spiritualité.

LA BELGIQUE EN HAUT DE L’AFFICHE

Classement des bières trappistes selon leur production, en 2013
Source : Association internationale trappiste

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Article extrait
du magazine N° 1HSB2014

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