Les distributeurs accentuent leurs investissements

La cinquième étude LSA-Ernst & Young démontre que les enseignes investissent massivement dans les nouvelles technologies. Reste à savoir s'il s'agit d'un phénomène durable ou d'une simple conséquence du passage à l'an 2000.

Pour Gérard Mouton, directeur de mission chez Ernst & Young, la cinquième étude LSA-Ernst & Young (28 distributeurs français ont répondu) marque un tournant. « 90 % des enseignes estiment que l'informatique facilite et soutient la croissance et seulement 10 % répondent que les puces servent à maîtriser les coûts. » Autrement dit, le système d'information n'est plus perçu comme un mal nécessaire mais comme un outil stratégique. Pour s'en convaincre, il suffit d'analyser les budgets. « Jamais les distributeurs n'ont autant investi », poursuit Gérard Mouton. En 1997, 65 % d'entre eux ont augmenté leurs dépenses. Dont un quart de plus de 10 % ! Fort de cette manne financière, 60 % des directeurs informatique ont embauché. Conséquence : des enseignes comptent plus de 600 informaticiens. Seuls 10 % d'entre elles ont préféré réduire leur effectif. « Des distributeurs ont choisi de ne pas tout gérer en interne, poursuit Gérard Mouton, ils recrutent des chefs de projets qui ont pour fonction de gérer les sous-traitants. »

Mais pour la majorité des groupes, l'heure des développements internes est révolu. Les responsables préfèrent ne plus réinventer la roue et cherchent les compétences là où elles se trouvent (dans les SSII et les sociétés de conseil). C'est pourquoi, de nombreux directeurs informatique pensent que, dans les deux ans, leur service travaillera moins sur l'« exploitation » (le fonctionnement quotidien) et davantage sur les études (la réflexion stratégique). Il est vrai qu'ils ont du pain sur la planche.

Les entrepôts de données ou data warehouse font l'unanimité, les ERP (Entreprise Ressources Planning) pointent le bout de leur nez, les progiciels de supply chain management affichent une bonne rentabilité et Internet chamboule tout sur son passage. En même temps, les responsables devront faciliter l'absorption éventuelles de concurrents et doter leur entreprise d'une solution véritablement internationale. Sans oublier la direction générale, qui réclame des indicateurs toujours plus nombreux et précis.

Pour compliquer le tout, les informaticiens devront passer le cap de l'an 2000. Et si l'on en croit l'étude Ernst & Young, il s'agit d'un souci quotidien. Pas moins de 63 % des distributeurs alimentaires estiment que ce problème est important et 33 % qu'il est prioritaire. Ce qui explique, en partie, la croissance des budgets informatiques. Mais suscite également une interrogation.

L'année prochaine, lorsque l'an 2000 ne sera plus qu'un vieux souvenir (ou presque), les dirigeants ajusteront-ils leurs investissements à la baisse ou poursuivront-ils leurs efforts ? Car si quelques distributeurs alimentaires dépensent pour la première fois plus de 0,75 % de leur chiffre d'affaires dans l'informatique, ils ne doivent pas oublier que Wal-Mart, le numéro un mondial, consacre tous les ans 1,25 % de son chiffre d'affaires dans son système d'information. À méditer
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Article extrait
du magazine N° 1619

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