Les distributeurs cherchent des solutions face à la crise

Près de 300 professionnels de la distribution se sont réunis début juillet, à Paris, pour réfléchir aux nouveaux défis de la distribution en période de crise. Parmi les solutions, le tourisme et... le dimanche.

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A l'initiative de l'Alliance du commerce, qui regroupe trois fédérations majeures de la grande distribution (l'Union du commerce de centre-ville, la Fédération des enseignes d'habillement et le Syndicat national du commerce de la chaussure), près de 300 acteurs du secteur se sont retrouvés le 5 juillet, à deux pas l'Arc de triomphe, pour réfléchir aux nouveaux défis imposés par la crise. « Les fondamentaux de la consommation sont atteints, avertit Christian Pimont, président de la FEH. Nous vivons réellement la fin d'une consommation à outrance, et nous nous dirigeons vers une consommation raisonnée. Quel sera alors le rôle du magasin ? Jusqu'à maintenant, l'expansion se faisait par là, et demain ? S'agira-t-il d'entrepôts low cost ou de showrooms ? »

La baisse du pouvoir d'achat et la montée en puissance des formes alternatives de vente (e-commerce, drive) jouent en défaveur des vieux schémas stratégiques. « Il faudra en tirer les conclusions, poursuit Christian Pimont. S'il y a moins de magasins, ils seront dans des lieux plus visités, et devront être plus festifs. Cela peut impliquer qu'ils deviennent plus grands pour laisser de la place aux animations.

 

Forte pression fiscale

En écho, Paolo de Cesare, directeur général du Printemps, a évoqué les clés de la renaissance de son enseigne depuis cinq ans. « Nous avons opéré la rénovation du bâtiment historique Haussmann pour un montant de 15 millions d'euros. L'intérieur, qui était plutôt sombre, a été reconstruit, comme l'ensemble des concepts de magasin. Tout cela est nécessaire pour offrir un cadre excitant et amusant à nos clients. »

Mais avant de songer à révolutionner le commerce, les distributeurs sont confrontés à des problèmes bien plus urgents. À commencer par l'accroissement de la pression fiscale. « Il y a déjà un premier coup de massue avec le forfait social sur l'intéressement et la participation qui passe de 8 à 20% », dénonce Claude Boulle,secrétaire général de l'UCV. Selon l'Alliance du commerce, ce changement des règles représente une menace potentiel pour 15 000 emplois, si la profession veut conserver la même masse salariale.

S'y ajoute une forme de dialogue de sourds avec les bailleurs. « Il n'y a pas de transparence avec eux, avertit Christian Pimont. Les charges additionnelles pèsent énormément sans que l'on sache à quoi elles correspondent. » Résultat, des loyers et des charges qui augmentent sans toujours être justifiés.

Heureusement, des opportunités restent à saisir, notamment sur le front du tourisme. Si la France est la première destination en volume (77 millions de visiteurs par an), elle n'est que troisième en termes de dépenses. La multiplication des ouvertures dominicales serait une solution pour capter cette manne, selon les fédérations. Enfin, le levier des économies d'énergie est de plus en sollicité. Éclairage à leds chez Sephora, camions électriques de Monoprix : les solutions pour faire tomber la facture énergétique se multiplient.

- 6%

La baisse des ventes des enseignes de chaussures au 1er semestre de 2012

 

- 4,8%

Celle des enseignes d'habillement

Sources : FEC et FEH

 

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Article extrait
du magazine N° 2237

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