Les distributeurs italiens à l'école de la flexibilité

La distribution italienne intègre de nouvelles formes de contrat de travail : temps partagé, temps partiel adapté aux étudiants et compte épargne temps de courte durée. Prudentes, les enseignes procèdent par petites touches.

Signée en septembre pour quatre ans, la convention collective qui régit le grand commerce italien prend forme. Le « nouveau contrat national du commerce » - sa terminologie officielle - est placé sous le signe de la flexibilité. Il comprend en effet plusieurs innovations en matière de droit du travail. Parmi les plus notables figure un contrat spécifique aux étudiants : huit heures de travail hebdomadaires. De quoi faciliter l'adaptation des horaires d'ouverture des magasins aux flux de clientèle, sans allonger démesurément les journées des salariés à temps plein.

Autre forme de flexibilité : la possibilité pour les salariés à temps partiel de cumuler deux emplois dans des sociétés différentes. La distribution expérimente également la modulation. Le système, appelé « banque des heures », permet à l'employeur de faire travailler les salariés jusqu'à 48 heures hebdomadaires (au lieu de 40) sur un nombre de semaines fixé à l'avance. En échange, ils pourront bénéficier de récupérations, agrémentées d'un repos supplémentaire.

Enfin, le nouveau contrat du commerce prévoit un recours plus important aux apprentis. Par ailleurs, les salariés ayant un enfant de moins de trois ans peuvent temporairement réduire la durée de leur travail, tout en conservant le droit de revenir à temps plein lorsqu'ils le souhaiteront.

Un pas en avant

Pour l'heure, ce sont surtout les hyper et supermarchés qui ont mis en pratique les principales dispositions de la nouvelle convention. En particulier le mini-contrat destiné aux étudiants. En pointe du mouvement : les hypermarchés Standa et les supermarchés GS (Promodès-Carrefour). On trouve aussi quelques pionniers parmi les spécialistes, dont Giacomelli.

Et pourtant, Giorgio Riccioni, de Coop Italia, le numéro un national du commerce alimentaire, estime que la nouvelle convention constitue un « pas en avant », puisque les innovations

« concordent avec les exigences des entreprises et des salariés ». Le décalage entre le discours et la réalité s'explique, selon Enrico Bazzali, consultant chez Adecco et ancien responsable du recrutement chez Continente, par « les archaïsmes qui persistent dans l'organisation du travail. Le parcours à l'embauche est long et difficile. Même pour des contrats de courte durée, les responsables de ressources humaines ne veulent pas prendre de risques, car il est impossible de se séparer d'un salarié ».

Par ailleurs, l'Italie n'a pas la culture du « petit boulot » et les stages tels qu'ils existent en France sont encore ignorés : 99 % des diplômés de la Laurea (équivalent de la maîtrise) n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise !
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Article extrait
du magazine N° 1661

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