Les distributeurs s'engagent à fermer leurs meubles frais

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Le ministère de l'Écologie et les représentants de la distribution alimentaire ont signé une convention pour clore 75 % des meubles frigorifiques d'ici à 2020. Un chantier exemplaire et complexe.

Grand chambardement en vue dans les rayons frais, ultrafrais ou boucherie des grandes surfaces. D'ici à 2020, 75% des meubles frigorifiques de vente des enseignes devront être fermés par des portes, afin de réaliser des économies d'énergie. Voilà, en résumé, l'engagement pris par l'ensemble de la grande distribution alimentaire française, à l'exception de Leclerc et du hard-discount (hors Dia), dans une convention signée le lundi 16 janvier entre Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, la FCD et Perifem, représentants de la distribution.

Un chantier inédit en Europe, hormis aux Pays-Bas, qui va concerner près de 700 km de rayons à température positive (de - 1 à + 7°C), et générer une baisse de la consommation énergétique annuelle de 15 à 2 0% dans les hypermarchés et supermarchés. Mais qui soulève des interrogations brûlantes.

Crainte de perte de chiffre d'affaires avec des produits moins accessibles, merchandising produits à adapter, perte de productivité lors de la mise en place des produits, surcoût d'investissement... Les arguments des contempteurs des meubles fermés sont pertinents.

Mais plusieurs obligations ont néanmoins convaincu les états-majors de franchir le Rubicon. À commencer par l'objectif colossal assigné par Grenelle 2 aux magasins de réduire de 38% leur consommation énergétique d'ici à 2020. Or, la production de froid reste le budget le plus vorace. Elle pèse 39% de la facture d'un supermarché et 35 % de celle d'un hyper. « La fermeture des meubles contribuerait significativement à l'atteinte de ces objectifs », remarque Franck Charton, délégué général de Perifem.

Chiffres

- 200 mètres

La longueur des linéaires de mobilier frigorifique dans un hyper, 50 m dans un supermarché

-15 à 20%

La réduction de la facture énergétique d'un magasin grâce aux meubles fermés

- Entre 400 et 900 €

L'investissement supplémentaire, 400 € un simple vitrage neuf, 700 € pour un simple rénové et 900 € pour du double vitrage

- 5 à 7 ans

Le retour sur investissement

Sources : Perifem, FCD

Desserrer le carcan

Elle permet aussi d'alléger le carcan de Grenelle 2 sur un autre plan. Depuis le 1er janvier 2011, les enseignes de grande distribution, en tant que vendeurs de carburants, sont tenues de fournir, en échange, un certain volume de certificats d'économies d'énergie (CEE) pour limiter les taxes. Une obligation qui a incité Leclerc et Auchan, par exemple, à échanger les CEE de leurs clients contre des bons d'achat. Les représentants de la distribution ont opté pour le même principe, en négociant l'obtention de CEE pour les magasins qui opteraient pour du double vitrage.

Enfin, l'accord laisse du temps aux enseignes. Si elles ont la possibilité de greffer des portes sur les meubles existants, la rotation des équipements devrait ouvrir des fenêtres de tir, d'ici à 2020, pour s'équiper de matériel neuf, portes incluses. Le surcoût estimé (400 € pour du simple vitrage, 900 € pour du double), ainsi que les contraintes, comme la perte de productivité pour la mise en rayon étant, en théorie, compensés dans la durée par les économies d'énergie. Selon les représentants des distributeurs, le retour sur investissement se situerait entre cinq et sept ans.

L'ENGAGEMENT

Les magasins devront équiper de portes 75 % de leurs meubles frais d'ici à 2020. S'ils optent pour du double vitrage, ils bénéficieront en échange de certificats d'économie d'énergie (CEE) leur permettant de remplir les obligations légales d'économies d'énergie.

L'ENJEU

- La réussite du projet dépend de l'adhésion de toutes les enseignes. Leclerc n'a pas adhéré à la convention. Le hard-discount non plus, à l'exception de Dia.

LES AVANTAGES

- Une diminution de la consommation énergétique.

- Une amélioration du confort des clients et des employés, en évitant la sensation de froid en rayon.

- Les clients perçoivent les portes comme une amélioration pour la tenue et la qualité sanitaire des produits.

LES CONTRAINTES

- Des interrogations sur l'évolution du chiffre d'affaires.

- Des largeurs d'allées à revoir.

- Des opérations de nettoyage et de chargement plus compliquées, avec une perte de productivité.

- Un investissement supplémentaire.

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Article extrait
du magazine N° 2211

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