Les distributeurs veulent clore les négociations en fin d’année

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La plupart des distributeurs présents lors du colloque négociations commerciales envisagent de clore les négociations à la fin de l’année à la place du 1er mars. Sans rien lâcher sur les tarifs…

Michel-Edouard Leclerc
Michel-Edouard Leclerc© BERNARD MARTINEZ
 Les négociations commerciales pour 2012 vont-elles être closes au 31 décembre, à la place du 1er mars, notamment parce que cette date pose le problème de la rétroactivité des accords signés entre les distributeurs et les industriels, un thème souvent évoqué dans le cadre de la Commission d’examen des pratiques commerciales ? Michel-Edouard Leclerc (Leclerc), Serge Papin (Système U), notmament, affirment qu’ils y sont prêts. «On va tout faire pour finir les négociations en fin d’année, nous n’avons jamais été demandeurs de la date du 1er mars», a lancé Michel-Edouard Leclerc. Chez Intermarché, Thierry Cotillard se dit plus favorable au 31 janvier, dès lors que les tarifs lui auront été envoyés dans les temps. C’est l’une des annonces faites par les distributeurs devant les 500 personnes réunies à Paris lors du colloque organisé par LSA au cours duquel le secrétaire d’Etat à la consommation et au commerce, Frédéric Lefebvre, est venu révéler que les distributeurs vont être contraints par la loi à transmettre le montant de leurs marges nettes à l’Observatoire des prix et des marges et qu’il veillera à l’équilibre des relations commerciales. «Je m’attache à ce que les industriels et les distributeurs s’entendent, et s’il y a problème, le dialogue avec la DGCCRF peut éviter les déconvenues. Personne ne doit douter de ma volonté de maintenir les équilibres, nous ferons appliquer les règles et les assignations vont se poursuivre». Nathalie Homobono, directrice de la concurrence et de la répression des fraudes, a d’ailleurs indiqué que quatre nouvelles assignations ont été lancées, dont l’une, selon nos informations, concerne les 22 millions d’euros de remboursement d’indû par Leclerc à des industriels. Michel-Edouard Leclerc a d’ailleurs vivement réagi aux propos du ministre, dénonçant des « dérives poutiniennes». « Nous sommes présumés coupables, les acheteurs ne savent plus s’ils travaillent dans la légalité, or, il y a des délégations pénales. Faut-il provisionner 20 ou 100 millions d’euros avant les négociations ? ». Il a ajouté qu’il exigerait des fournisseurs que ceux-ci s’engagent à venir devant les tribunaux défendre les contrats qui auront été signés avec l’enseigne en cas de procès. Serge Papin, président de Système U, s’est demandé de son côté s’il ne serait pas plus simple de négocier en présence d’un agent de la DGCCRF… Du côté des tarifs, les distributeurs ont tous rappelé, comme Jean-Denis Deweine, nouveau patron de la centrale internationale d’Auchan, «qu’ils ne lâcheront rien, même si nous devons voir 10 fois les fournisseurs avant un accord ». Il a révélé qu’Auchan avait fait appel du jugement du tribunal de commerce de Lille qui a abouti à une amende d’un million d’euros pour cause de déséquilibre significatif dans le cadre d’une des assignations Novelli. Le patron de l’offre d’Intermarché, Thierry Cotillard, est sur la même longueur d’onde pour la négociation des tarifs. Benoît Maître, directeur de Provera, a préféré souligner la qualité de la gestion au plus près du terrain de chaque magasin Cora ou Match, et Hervé Daudin, président d’EMC Distribution (Casino), a projeté un graphique prédisant la chute de part de marché de l’hypermarché de 50 % à 30 % d’ici 10 ans, au bénéfice des magasins de proximité, du hard discount, du drive et d’internet, et que des lors les fournisseurs «ne devaient pas se tromper de cheval ».
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