Les dossiers chauds du gouvernement Valls 2

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Le nouveau gouvernement va devoir rassembler sa majorité parlementaire pour appliquer sa politique en faveur des entreprises. Au programme, des annonces sur la fiscalité pour les lois de finances et une loi en faveur de la croissance que devra défendre le nouveau ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, avec Carole Delga, reconduite à son poste de ministre du Commerce. LSA fait l’analyse des cinq dossiers prioritaires.

Le président de la République, entouré de ministres du nouveau gouvernement, dont Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique (ici, au premier plan).
Le président de la République, entouré de ministres du nouveau gouvernement, dont Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique (ici, au premier plan).© ©thierry orban/pool/REA


«Aujourd’hui, le monde entier nous presse, nous supplie même de faire cesser ces politiques d’austérité absurdes qui continuent d’enfoncer la zone euro, d’entrer bientôt dans la déflation. Les politiques d’austérité ne marchent pas et en plus d’être inefficaces, elles sont injustes. » Voilà la phrase d’Arnaud Montebourg qui a provoqué la démission du gouvernement Valls et son départ de Bercy. Le nouveau gouvernement a été rapidement constitué, avec l’arrivée remarquée de l’ex-conseiller économique du président Hollande, Emmanuel Macron. Un anti-Montebourg, mais si doué qu’Arnaud Montebourg l’a chaudement et sincèrement félicité pour sa nomination. À Bercy, Axelle Lemaire, pour le numérique, et Carole Delga, pour le Commerce et la Consommation, ont retrouvé leur portefeuille, de même que l’inamovible Michel Sapin, reconduit comme ministre des Finances et des Comptes publics.

La seule voie de relance

Que va faire Manuels Valls avec ce nouveau gouvernement « cohérent » ? Assurément, maintenir le cap de la compétitivité des entreprises en baissant la fiscalité et le coût du travail. Pour lui, c’est la seule voie pour relancer l’emploi, alors que 500 000 personnes de plus sont inscrites au chômage depuis le début de l’année. Soutenir l’offre, soutenir les entreprises, contenir les déficits et ne surtout pas répondre aux sirènes d’une relance de la demande en augmentant les salaires ou en réduisant la fiscalité des ménages. Les 41 milliards pour les entreprises promis dans le pacte de responsabilité sur trois ans seront maintenus. « Opposer la gauche et le monde de l’entreprise, c’est un vieux refrain, mais notre pays a besoin de sortir des postures », a ainsi lancé le premier Ministre devant l’Université du Medef.

« L’ouverture du dimanche, l’urbanisme commercial et le logement » en ligne de mire

La ligne sera d’autant plus facile à suivre pour Emmanuel Macron qu’on lui prête la mise au point du pacte de responsabilité alors qu’il était à l’Élysée. Le brillant économiste va être très vite mis à contribution comme ministre. C’est lui qui va porter, dans les toutes prochaines semaines, la future loi sur la croissance et le pouvoir d’achat, qu’Arnaud Montebourg devait défendre. En ligne de mire, « l’ouverture du dimanche, l’urbanisme commercial et le logement », a martelé Manuel Valls. Mais aussi la déréglementation dans les 53 professions libérales trop peu concurrentielles. La réforme devrait aboutir à 6 milliards d’économies pour les Français.

Emmanuel Macron sera à l’aise avec ces sujets : il était le rapporteur de la Commission Attali, mandatée par l’ancien président Nicolas Sarkozy, pour s’attaquer aux rentes ! Il faudra relire le chapitre sur la distribution, qui y était étrillée. Il connaît aussi l’agroalimentaire, pour avoir conseillé le groupe Nestlé dans le rachat d’une partie de Pfizer, lorsqu’il était banquier chez Rothschild, en 2012. Pour autant, il devrait faire aussi des annonces sur la fiscalité des ménages. D’abord, en rappelant que la loi de finances rectificative votée en juillet va rendre 1,3 milliard d’euros aux ménages modestes, sur leur feuille d’impôt de la rentrée. Puis une autre réduction de la fiscalité de 2,5 milliards d’euros, équivalant à la mesure de réduction des charges sociales salariales qui avait été jugée non conforme par le Conseil constitutionnel. De quoi faire un peu oublier que l’impôt sur le revenu est passé de 50 à plus de 70 milliards d’euros entre 2011 et 2014, en augmentation de 30 %.

Sylvain Aubril et Magali Picard

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Article extrait
du magazine N° 2331

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