Marchés

Les emballages des spiritueux se font plus légers

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Entre positionnement premium et réduction des coûts matières, la stratégie des industriels des spiritueux balancent. Si certains osent franchir le pas de la réduction des emballages, le positionnement produit continue de primer.

Le nouveau standard du Comité interprofessionnel des vins de Champagne

Le CIVC a annoncé, en mars, le lancement d'un nouveau standard de bouteille de champagne, pesant 65 g de moins que le précédent format. Le col de champagne est ainsi passé de 900 g à 835 g, ce qui devrait permettre de réduire l'empreinte carbone de la profession de 8 000 t de CO2 par an, soit l'équivalent des émissions de 4 000 voitures.

Pas moins de 50 000 tonnes d'emballage en moins sur le marché d'ici à 2013 : c'est l'engagement pris par les professionnels des spiritueux en 2008, via leur fédération nationale, dans le cadre d'une charte de développement durable. Lors de la signature, les emballages des boissons alcoolisées représentaient 250 000 tonnes.

Mais entre les déclarations de bonnes intentions et la réalité, l'écart est très grand. Une étude menée par la Fédération française des spiritueux (FFS) montre que le ratio poids d'emballage/litre de spiritueux ne cesse d'augmenter. En 2007, il était de 688 g/l, en 2008 de 689,9 g/l et, en 2009, cet indicateur a franchi la barre des 690,2 g/l. « Des efforts ont déjà été fournis par les fabricants en matière d'emballage tertiaire (emballage de transport) et secondaire (emballage qui sert à lotir plusieurs produits), mais cela n'a pas d'impact sur cet indicateur puisque celui-ci ne prend en compte que les emballages vendus aux consommateurs », se défend Augustin Chazal, responsable des affaires réglementaires et techniques à la FFS.

Pour sensibiliser les acteurs du secteur sur ce point, la Fédération a édité en 2009 un guide d'écoconception qui reprend les principales actions pouvant être menées pour réduire les emballages.

 

L'effet papillon

 

Les pistes de travail sont nombreuses : réduction du grammage des bouteilles, augmentation du nombre d'UVC par emballage, intégration du calage de la bouteille dans l'étui... « Le moindre petit changement peut avoir un impact très important sur le poids total de l'emballage », assure Augustin Chazal, qui rappelle une étude menée par le ministère de l'Écologie et l'Ademe en 2007 : « Pour le secteur du champagne, alors que le poids de la bouteille était le même pour toutes les entreprises interrogées, le poids d'autres parties de l'emballage était variable : les bouchons (6 à 9,5 g), les muselets (5 à 10 g), les capsules (2 à 5 g), les intercalaires (48 g à 1 kg)... Ces variations se traduisaient par des palettes accueillant entre 64 et 80 cartons. »

Mais depuis cette étude, les producteurs de champagne ont fait beaucoup de chemin. En effet, le Comité interprofessionnel des vins de Champagne a annoncé, en mars, le lancement d'un nouveau standard de bouteille de champagne, pesant 65 g de moins que le précédent format. Une bouteille standard pesait jusqu'ici 900 g, alors qu'une bouteille de vin pèse entre 450 et 500 g. Le col de champagne est ainsi passé à 835 g, ce qui devrait permettre de réduire l'emprunte carbone de la profession de 8 000 t de CO2 par an, soit l'équivalent des émissions de 4 000 voitures.

 

Développement durable et écoconception

 

LES PISTES DE TRAVAIL

  • Réduction du grammage des bouteilles
  • Augmentation du nombre d'UVC par emballage
  • Intégration du calage de la bouteille dans l'étui.

Mais les producteurs de champagne ne sont pas les seuls à faire des efforts dans ce sens. Certaines marques nationales de spiritueux tentent également d'apporter leur pierre à l'édifice écologique, à l'instar du groupe Remy Cointreau.

En effet, après avoir adopté d'office le nouveau col pour ses champagnes, le groupe va plus loin dans la démarche. En 2003, il s'est engagé à appliquer une charte de développement durable qui reprend, entre autres, l'écoconception. « La problématique du marché des spiritueux, c'est que toutes les modifications d'un emballage doivent se faire à qualité perçue égale. Pour atteindre cet objectif, nous avons mis en place un système d'éco-évaluation qui mesure l'impact écologie de nos produits avec deux indicateurs : l'empreinte carbone et la recyclabilité de l'emballage », explique Christian Lafarge, directeur du développement durable de Remy Cointreau. Désormais, tous les cahiers des charges des futurs produits incluent ces deux nouveaux indicateurs avec des objectifs de réalisation. Résultat ?

50 000 t

Le volume de la réduction d'emballage que les professionnels des spiritueux en 2008 se sont engagés à réaliser d'ici à 2013

En 2005, la bouteille VSOP (Very Superior Old Pale) Remy Cointreau a perdu 4,5% de sa masse, économisant à l'industriel 3 800 tonnes de verre par an. En 2006, le col carré de la bouteille de Cointreau a permis de faire baisser son poids de 2% et d'économiser 70 tonnes de verre par an. Enfin, en 2007, le groupe a optimisé les casiers internes de ses caisses de transport réduisant de 10% le poids du carton et économisant 30 t de carton par an.

 

Bientôt une bouteilleà 97% recyclable

 

Le groupe prépare également le lancement, d'ici à la fin de l'année, d'une bouteille écoconçue, testée entre avril et mars dernier. Le groupe ne souhaite pas encore dévoiler la marque concernée. Pour autant, il délivre quelques caractéristiques de ce nouveau produit : une bouteille à 97% recyclable dont l'empreinte carbone a été réduite de 30%.

Si certains groupes de spiritueux font de véritables efforts pour réduire leurs volumes d'emballage, ceux qui ne prennent pas encore en compte cette donnée dans leur modèle de développement devraient s'y mettre rapidement, sous peine d'une sanction du consommateur. En effet, une étude de Kantar réalisée pour l'Ademe et Éco-emballage en 2007 a révélé que 46% des personnes interrogées percevaient les emballages comme envahissant.

Les boissons sans alcool montrent l’exemple

Si les acteurs des boissons alcoolisées sont encore à la traîne en ce qui concerne la réduction des emballages, ils pourraient s'inspirer des initiatives prises par leurs confrères du marché des softs. L'entreprise Refresco France, l'un des champions de l'embouteillage à façon et pour MDD en France, a lancé, en mars, une bouteille pour jus de fruits en PET écoconçue. Outre une réduction de 25 % du grammage de PET utilisé, passant de 48 à 33 g, l'industriel a également introduit 50 % de PET recyclé. Cette nouvelle bouteille affiche un bilan carbone exemplaire. Elle permet à l'entreprise de réduire ses volumes d'emballage de 160 tonnes, d'économiser 2 860 m3 d'eau et évite la production de 340 tonnes de CO2. À noter, toujours dans l'univers des jus de fruits, la démarche de Pepsico, qui a réduit de 60 % à moins de 30 % la part de ses volumes en verre entre 2006 et 2010, soit 700 tonnes de CO2 économisées par an.

L’écoconception chez Remy Cointreau

Ce dernier s'est engagé en 2003 à travers la signature d'une charte de développement durable. Tous les cahiers des charges produits incluent un indicateur d'empreinte carbone et la recyclabilité de l'emballage. Ce dernier prépare le lancement d'ici la fin de l'année d'une nouvelle bouteille écoconçue à 97% recyclable dont l'empreinte carbone a été réduite de 30%.

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