Les enchères ont débuté pour le rachat du groupe Yoplait

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Avant même l'ouverture de la vente prévue début décembre, l'offre de Lactalis a été rejetée. Le directeur général de Yoplait a qualifié Nestlé de « candidat idéal ». D'autres prétendants devraient se manifester.

Peu habitué à évoquer publiquement ses ambitions, Lactalis (Président, Galbani, Lactel) a surpris tout le monde en annonçant officiellement, le 17 novembre, le dépôt d'une offre de reprise sur la totalité de Yoplait. Le suspens n'aura duré qu'une journée. Dès le lendemain, le fonds PAI Partners et la coopérative Sodiaal, copropriétaires de Yoplait (50 % chacun) ont rejeté, sans surprise, cette offre d'un montant estimé de 1,4 milliard d'euros.

Ce refus était attendu sur le fond et sur la forme. Tout d'abord parce que seule la part de PAI est en vente. Surtout, parce que d'autres offres sont attendues, compte tenu du profil attractif de Yoplait, remis sur les rails depuis quelques années. « La structure proposée par Lactalis ne répond pas à la volonté de Sodiaal de demeurer un actionnaire stable et pérenne de Yoplait », indiquaient Sodiaal et PAI, ajoutant que « le prix proposé ne reflète ni la valeur intrinsèque et stratégique de Yoplait ni ses perspectives de croissance ».

Dans un entretien au quotidien suisse Le Matin le 21 novembre, Lucien Fa, directeur général de Yoplait, enfonce le clou en déclarant que Nestlé est le « candidat idéal » au rachat. Le géant suisse a la capacité d'investissement nécessaire pour mener à bien le projet de Yoplait de racheter ses franchises à l'étranger. « On peut du reste se demander, avance Lucien Fa, si l'offre de Lactalis émane d'elle seule, ou avec le support sous-jacent de Nestlé », poursuit le journal. Nestlé et Lactalis sont partenaires dans les produits laitiers frais en Europe depuis 2005 via une société conjointe.

Assez pugnace en matière de négociations (le récent feuilleton de reprise - avortée - d'Entremont en témoigne), Lactalis devrait revenir avec une nouvelle offre.

 

Priorité aux profils internationaux

Lactalis souhaite accélérer son développement à l'international « pour atteindre plus des deux tiers de l'activité hors de France dans un futur proche » (56 % aujourd'hui). Autant dire que Yoplait est un candidat idéal pour atteindre cet objectif. En effet, la marque à la petite fleur réalise des ventes proches du milliard d'euros en propre (majoritairement en France), et d'environ 3 milliards d'euros à l'étranger via ses franchises.

Dans un précédent entretien à l'agence Reuters (LSA n° 2159), Lucien Fa s'était déjà manifesté en estimant la valeur de son entreprise à 1,5 milliard d'euros, tout en laissant la porte ouverte à un grand nombre de candidats, tous égaux « en termes d'argent, d'organisation et de structure ». Et de citer Unilever, Kraft Foods ou Coca-Cola, mais aussi, et surtout, Nestlé. General Mills, qui est le franchisé Yoplait aux États-Unis, pourrait également prétendre à la reprise, mais cette dernière hypothèse est jugée « peu probable » par Lucien Fa.

Des fonds d'investissement pourraient également manifester leur intérêt. Mais le besoin d'expansion internationale de Yoplait favorise plutôt les repreneurs issus de l'agroalimentaire, pour d'évidentes questions de moyens, de stratégie et de complémentarité industrielle.

Le candidat déclaré

Lactalis (8,5 Mrds € de CA en 2009)

Les acquérateurs potentiels

Nestlé, Unilever, Kraft Foods, Coca-Cola, General Mills, Friesland Campina, Arla Foods...

Propriétaires actuels Sodiaal et PAI Partners (50 % chacun)

Chiffre d'affaires (en propre) proche de 1 Mrd €

Ebitda 127 M €

Volume d'affaires additionnel environ 3 Mrds € dans le monde grâce aux licences et à une présence commerciale dans 70 pays

Source : Yoplait

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Article extrait
du magazine N° 2160

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