Les enseignes font un grand pas vers le paiement mobile

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PAIEMENT - Sept distributeurs alimentaires et spécialisés, des organismes financiers et les trois opérateurs historiques de téléphonie mobile, se donnent jusqu'à mars 2009 pour imaginer une offre de services mobiles en caisses.

Sept distributeurs réunis autour d'une table pour discuter projets communs. Le fait, suffisamment rare, permet de mesurer les enjeux du projet Ergosum - pour « Ergonomie des services sur mobile » -, qui réunit, outre des enseignes comme Auchan, Carrefour, Intermarché ou la Fnac, quatre organismes financiers et les trois opérateurs historiques de téléphonie mobile. Car il s'agit rien moins que d'imaginer le passage en caisses pour les consommateurs de demain !

« Au-delà du paiement par téléphone portable en tant que tel, déjà largement validé par l'opération Payez mobile (à Caen et à Strasbourg), Ergosum a pour objet tous les services associés au passage en caisses : la carte de fidélité, les coupons de réduction, voire l'émission d'un bon de garantie ou la dématérialisation du ticket de caisse » explique Christian Legendre, adhérent Intermarché et responsable informatique du groupement. En clair, et comme le résume Philippe Cessac, directeur de la recherche et développement de LaSer, « il s'agit de mettre sur le téléphone toutes les cartes qui encombrent le portefeuille du consommateur, cartes de fidélité et de crédit à la consommation, coupons de ré-duction, et de trouver le moyen pour que le passage en caisses soit le plus simple et le plus rapide possible. »

Avec un seul objectif pour tous les acteurs : déboucher sur une solution standardisée, quelle que soit l'enseigne, la banque ou l'opérateur mobile choisis par les consommateurs. « L'idée est d'avoir une base commune dans laquelle chaque enseigne pourra piocher pour constituer son propre bouquet de services », explique Christophe Mistou, directeur de la recherche et développement de Castorama. Autrement dit, il s'agit de faire en sorte que les consommateurs y trouvent leur compte et que le marché soit suffisamment organisé pour pouvoir décoller rapidement.

Les membres du projet Ergosum se sont donné six mois pour aboutir à une plate-forme fonctionnelle, soit un résultat attendu pour mars-avril 2009. « Toutes les enseignes qui le souhaitent peuvent encore se joindre au groupe de travail », précise Christian Legendre. Un pilote pourrait être mené dans la foulée dans deux villes, avec les enseignes volontaires, mais rien n'est arrêté aujourd'hui. L'objectif est d'être prêt pour l'arrivée des premiers téléphones NFC (Near Field Communication, la technologie du sans contact) grand public, fin 2009-début 2010.

Équipements en cours

Mais cela ne signifie pas pour autant que les enseignes basculeront aussitôt vers le paiement mobile. Si Fabien Sfez, directeur général de la Fnac, affirme que l'enseigne high-tech « veut être la première à avoir ce genre de produits technologiques », il demande à voir si les consommateurs seront attirés par ce type de solution. « Nous modifierons nos caisses lorsqu'un nombre significatif de clients seront équipés de téléphones NFC », prévient-il. Soit pas avant 2012-2013, selon les experts. Le temps que les constructeurs de téléphones mettent sur le marché un nombre suffisant de modèles, et le temps, surtout, que les consommateurs adoptent la technologie - s'ils décident de l'adopter...

« Les consommateurs trancheront »

Castorama semble résolu à aller plus vite : le distributeur table sur un premier magasin testé dès le premier semestre 2009, pour un déploiement de terminaux de paiement sans contact dans tous les points de vente fin 2009-début 2010. « Nous ne voulons pas réitérer l'erreur de Monéo, qui a capoté faute d'un nombre suffisant de commerces équipés », indique Christophe Mistou. Cette rapidité vise aussi « à faire bénéficier l'enseigne d'un avantage concurentiel de six mois à un an ».

Intermarché, qui a démarré deux pilotes, à Caen et à Strasbourg, depuis l'été 2008 (dans le cadre de Payez mobile), a pu constater « une grande appétence des clients pour le paiement mobile ». L'enseigne espère étendre ses tests dès 2009 à d'autres magasins. Pour autant, le premier déploiement significatif se fera sur une autre technologie du sans-contact - plus mûre celle-là : la carte de paiement sans contact. Intermarché vient, en effet, d'annoncer que sa carte de paiement Mousquetaires passera sous ce mode dès janvier 2009. Pour ce faire, la totalité des magasins de l'enseigne seront équipés des terminaux de paiement adéquats... qui ne sont autres que les terminaux NFC également nécessaires au déploiement du paiement mobile. « Au final, ce sont les consommateurs qui trancheront », constate Christian Legendre.

C'est bien l'avis de Jean-François Marconnet, responsable du pôle cartes chez Banque Accord. L'organisme financier de la galaxie Mulliez indique s'intéresser à tous les types de support de paiement - carte sans contact, téléphone, voire clé USB, car il « ne peut pas se permettre de faire un choix a priori ».

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Article extrait
du magazine N° 2070

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