Les ERP sont-ils adaptés aux besoins du e-commerce ?

Les progiciels de gestion intégrés on du mal à séduire les cybercommerçants. Ils préfèrent des systèmes modulaires, intégrant des applications CRM et SCM. L'arrivée des ERP étendus, le décollage annoncé du commerce électronique pourraient changer la donne, en 2001.

Christian Marchandise, PDG de Télémarket, l'affirme : « Il n'y a pas d'ERP miracle. » Pour cet expert en informatique, cofondateur d'Atos et inventeur du premier supermarché électronique sur Minitel en 1985, l'infrastructure informatique d'un ERP (Entreprise Ressource Planning) répond plus à la logique d'un industriel qu'à celle d'un commerçant virtuel. Depuis que le groupe Galeries Lafayette lui a confié, en 1998, la direction de la société qu'il avait vendue à Monoprix, le système d'informations de Télémarket a évolué vers des solutions modulaires, orientées « métiers », développées par la société E-LaSer (Lafayette Services).

Indiscutablement, les modules SCM (Supply Chain Management), permettant d'avoir une traçabilité complète de la chaîne logistique et les applications CRM (customer relationship management) pour anticiper le besoin du client sont devenus les maillons essentiels du système d'informations d'un site marchand. Hormis le cas de Houra, très peu de cybercommerçants, nouveaux entrants ou « clicks and mortar », ont engagé un projet ERP de grand éditeur, couvrant les fonctions horizontales essentielles de l'entreprise (comptabilité, gestion commerciale, gestion des stocks et des achats et ressources humaines). Une des principales raisons : l'immaturité d'un marché émergeant.

En effet, les pures entreprises e-commerce ont démarré leur activité en mobilisant leurs énergies sur le « front-office ». Le plus important était de vendre, en constituant une base articles attractive. Pour nombre d'entre elles, l'organisation des livraisons était le chaînon manquant, puisque la plupart travaillaient sans « back-office ». Aujourd'hui, une bonne partie des faillites sont dues précisément à cette lacune. « La problématique de ces start-up, explique Olivier de Saint-Cyr, directeur de projet SAP Retail, c'est qu'après avoir su créer une demande et susciter des commandes, elles ne savent pas livrer. Résultat, lorsqu'elles veulent investir dans un " back-office ", il est souvent trop tard. »

Reste que l'investissement dans un progiciel intégré est rarement à la portée des cyberboutiques qui vivent sur leur potentiel de développement. Mais pas pour longtemps, estime Patrick Lemartret, ingénieur conseil vente chez Oracle. « En 2001, avec l'augmentation du volume des transactions, la diversification des acteurs autour de la " supply chain " et le passage à l'international, les cyberentreprises devront restructurer leurs systèmes d'informations. » Et pour mieux les inciter à relever le défi, la dernière offre d'Oracle, Fast Forward Start-Up, s'engage sur des délais d'implémentation et propose un forfait pour limiter les coûts. Le recentrage vers des ERP interfacés avec des modules CRM et SCM est marqué par la concurrence des éditeurs de progiciels spécialisés. Pour les cybercommerçants, l'attrait de ces solutions, c'est d'être moins onéreuses qu'un ERP, en évitant de remettre en cause les systèmes existants.

« Pour intégrer les spécificités nationales de notre " front-office " et de notre " back-office " dans le système global de Bertelsmann on line, la solution d'un ERP standard n'était pas adaptée », explique Pierre Lansonneur, directeur financier de BOL France. Localement, le site français de produits culturels, détenu à 50 % par Bertelsmann et Havas, gère 470 000 livres, 100 000 disques, des DVD et des vidéos. Élaborée à Lyon, sous Oracle, la base de données, spécifiquement française, est intégrée, via Paris, sur les serveurs de Bertelsmann à Gütersloh. Sa configuration est constituée de modules interfacés " maison " provenant de Bertelsmann et Havas, et de SAP pour la gestion comptable et financière. Dans le " back-office ", les modules Sourcing " maison " sont interfacés avec des modules Havas sur l'entrepôt de Bol.fr pour la gestion des stocks, la préparation et l'expédition. Quant aux commandes fournisseurs, elles sont directement transmises, via EDI. Construit en parallèle des flux de commandes, le site français dispose d'un " dataware house " qu'il exploite pour élaborer ses politiques CRM locales et faire des relances. Enfin, concernant le " front-office ", une équipe de 30 personnes, à Paris, produit les contenus du site, gère la base de données articles et conçoit les promotions, etc. Autant dire que, derrière les investissements lourds de ce système d'information complexe, se cachent les ambitions de Bol : devenir le numéro un mondial du commerce électronique. »
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Article extrait
du magazine N° 1702

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