LES ETUDIANTS JUGENT LES ENSEIGNES

|

Leurs enseignes préférées : Carrefour, la Fnac. Leur critère essentiel : l'équilibre vie privée-vie professionnelle. Ce qu'ils détestent : les messages survendeurs. Ce sont quelques-unes des révélations de l'étude réalisée par Guillaume Tell Tendances pour LSA.

Etonnant. Alors qu'on ne cesse de répéter que la distribution, premier recruteur de jeunes diplômés, souffre d'un déficit persistant de popularité, près de 60 % de ceux interrogés par Guillaume Tell Tendances pour LSA, dans le cadre d'une enquête exclusive sur l'image des enseignes dont nous publions les résultats, disent au contraire avoir une bonne image de ce secteur ! Tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas si sûr. 60 % de plutôt favorables signifient aussi 40 % de sceptiques, voire d'opposants. De plus, « comme à chaque cycle de récession, la distribution gagne des places dans les secteurs de prédilection des étudiants, car c'est le seul recruteur actif », nuance Didier Pitelet, PDG de Guillaume Tell.

Un travail de longue haleine

Mais une amélioration de la conjoncture, un seul frémissement et la guerre des talents reprenant, la distribution sera privée de son petit bonus conjoncturel et dégringolera du hit-parade des secteurs chouchous. « D'autant que la majorité des enseignes se satisfait de son surcroît d'attraction, en minimisant son travail d'image alors même que ce travail ne porte ses fruits que sur la durée », poursuit le spécialiste. Une négligence dont les distributeurs pourraient payer les conséquences dès que les secteurs traditionnellement attractifs se remettront à communiquer. Et dans les domaines de prédilection, le luxe, la communication, la banque, l'assurance ou l'industrie agroalimentaire devancent largement la distribution.

Il y a plus grave encore : l'enquête Guillaume Tell Tendances réalisées pour LSA dévoile que 75 % des jeunes gens ayant eu une expérience dans la distribution ne veulent plus en entendre parler. Le stage devient alors un facteur de dégoût, pas de quoi fanfaronner ! D'autant que la guerre des talents des prochaines années va encore corser la tâche des directeurs des ressources humaines (DRH) et placer la capacité de séduction des entreprises au coeur de leurs préoccupations. Selon les chiffres du Commissariat au Plan, 650 000 personnes partiront en retraite entre 2005 et 2010. Quant à la part des moins de 20 ans, qui ne cesse de reculer dans la population totale depuis 1975 (elle représentait alors 28 %), elle déclinera à 22 % en 2025. La tension se jouera sur les profils qualifiés, et particulièrement dans le secteur tertiaire, qui devrait créer 19,4 millions d'emplois sur 26,3 millions au total.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1830

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous