Les fabricants de portables font une percée

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Les PC portables devraient jouer les premiers rôles au CeBIT, dont les portes ouvrent aujourd'hui à Hanovre. En France, ce segment représente désormais la moitié des ventes au grand public. Et a permis l'émergence de marques nouvelles.

Le CeBIT 2004, qui débute ce jeudi, devrait faire la part belle au nomadisme et à l'immatériel. On y parlera de téléphonie mobile de troisième génération, Bluetooth, Wi-Fi et autres réseaux sans fil, professionnels ou domestiques. Bref : de mobilité. Ce n'est pas une découverte, les industriels de la high-tech poussent le marché dans cette direction. Et le grand public semble les suivre, en France notamment : 39 % des PC vendus en 2003 dans la distribution étaient des portables, et la proportion attendue pour 2004 est de 50 % !

De quoi aiguiser les appétits ! C'est ainsi qu'aux côtés des poids lourds habituels des rayons informatiques, d'autres fournisseurs se sont fait une place. Toshiba, bien sûr, spécialiste historique du notebook [PC portable, NDLR] que seule la fusion HP-Compaq a réussi à détrôner de sa première place, mais aussi des acteurs asiatiques que l'on connaissait moins comme Acer ou Asus. Sans oublier le spécialiste européen du secteur, Gericom.

Ventes en hausse, fournisseurs dynamiques : le tableau serait idyllique si le monde du portable n'était pas touché par une violente baisse des prix. Selon l'institut GfK, le prix moyen des portables n'était plus que d'environ 1 250 E à la fin de 2003, contre plus de 2 000 E début 2001. Conséquence : le portable n'est plus, pour les distributeurs et les fabricants, la bonne affaire qu'il était. L'écart de prix moyen avec un PC de bureau est tombé à environ 430 E fin 2003, et, selon Fabrice Raoult, directeur général de Packard Bell, « la baisse de prix a été telle que les marges ne sont plus supérieures à celles que la distribution réalise sur les PC de bureau ». Confirmation chez Gericom, pourtant spécialiste des petits prix, dont le président Hermann Oberlehner regrettait dès novembre « une compétition d'une férocité inégalée ». Il faut dire qu'avec des portables de rentrée à 799 E et la présence massive de modèles à moins de 1 000 E, notamment chez les grands fabricants, la lutte a été rude en 2003.

Chez Packard Bell, Fabrice Raoult estime que la guerre des étiquettes n'était pas une fatalité : « Une marque comme Toshiba, reconnue sur ce segment, est chahutée. Contrairement à Compaq, elle n'a pas vraiment pris le virage du grand public et reste connotée professionnelle. Peut-être est-ce une bonne stratégie, mais j'observe que tout le monde cherche à appliquer les recettes qui ont fonctionné sur les PC de bureau. On voit aussi apparaître d'autres acteurs, et certains n'hésitent pas à descendre très bas en prix pour prendre des parts de marché. Voyez la percée très rapide d'Acer ! »

Gianfranco Lanci, président d'Acer pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, préfère mettre en avant le taux de change. Et prévient : « Si l'euro reste aussi haut par rapport au dollar, les prix seront encore très bas en 2004. » Précisons aussi à ce propos que contrairement aux PC de bureau, les portables possèdent un rapport poids/prix de vente suffisamment intéressant pour être fabriqués en Asie, puis importés. Au MedPi, en juin 2003, un responsable de l'intégrateur toulousain Award expliquait : « Il y a en Asie des fournisseurs capables de fabriquer 50 000 PC par mois. Et ils ne demandent que quinze jours de délai entre la commande et la livraison en France de 3 000 machines. »

Pour reprendre l'avantage, les grandes marques du secteur valorisent des gammes de plus en plus larges et segmentées. Le temps où l'on demandait seulement à un portable d'être... portable est révolu. Chez Toshiba, Florent Lafargue, chef de produits, liste les quatre segments de la gamme : le premier prix, le « desktop replacement » (remplacement du PC de bureau), le multimédia mobile et le produit de convergence numérique. Même segmentation chez Packard Bell, à l'exception du quatrième segment.

 

Windows Media Center fait débat

 

Le constructeur cerne mal l'intérêt de proposer le système d'exploitation Windows Media Center - a priori conçu pour être connecté à un grand écran plasma - sur un portable. Un doute que partage HP, leader du marché. D'autres (Acer ou Asus) ont fait ce choix, même s'ils ont développé des logiciels concurrents du système Microsoft.

L'argument du design est également mis en avant. Il a contribué en partie au succès de Sony ou Apple. Mais attention à ne pas aller trop loin. Partenaire officiel de la Scuderia Ferrari en Formule 1, Acer a lancé fin 2003 un portable rouge laqué orné du logo au cheval cabré. Franc succès sur les marchés italien et anglais, mais en France, si la machine a été très visible dans les linéaires de Noël, les ventes n'ont guère suivi. « C'est un beau PC, bien équipé et per- formant, explique un distributeur. Mais en discutant avec nos consommateurs, il s'est avéré qu'ils n'étaient pas prêts à mettre plus de 2 000 E dans un modèle aussi voyant. » Message reçu chez Acer, qui réfléchit à une version plus sobre pour le marché français. Peut-être à base de fibre de carbone. À vérifier sur le stand de la marque au CeBIT.

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Article extrait
du magazine N° 1852

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