Les fabricants se lancent dans la TNT

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En choisissant la norme de compression Mpeg2 pour la télévision numérique terrestre, le gouvernement rend possible un démarrage en mars 2005. Mais quelques questions restent en suspens.

En confirmant, le 8 novembre, le démarrage de la télévision numérique terrestre (TNT) à partir de mars 2005 et l'utilisation de la norme de compression numérique Mpeg2, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a fait preuve de réalisme. Une rude polémique opposait depuis des mois les tenants du Mpeg2 et ceux du Mpeg4 - TF1 et ses alliés -, avec l'espoir, bien peu secret, de faire à nouveau capoter le projet, nul n'étant préparé à cette dernière norme. « Nous sommes prêts pour proposer aujourd'hui des boîtiers en Mpeg2. Si c'est le Mpeg4 qui est choisi, nous ne serons prêts que fin 2005 », expliquait, quelques jours avant l'annonce, Georges Penalver, membre du directoire de Sagem.

La situation étant débloquée, les fournisseurs s'agitent et parlent prix. Georges Penalver table sur 100 à 120 E. « Un bon prix pour un produit de masse », selon Ghislain Achard, le directeur général délégué de France Télévisions. Plus optimiste, Marc Pallain, le responsable du projet télévision de NRJ, parle de 70 E, tandis que le président du CSA, Dominique Baudis, estime que « l'adaptateur se vendra moins de 50 E ».

Un surcoût minime

Quant aux fabricants de téléviseurs, ils vont enfin pouvoir intégrer des décodeurs dans leurs produits, pour un surcoût qui s'annonce assez minime.

Face au triomphalisme de l'autre camp, TF1 rappelle, cependant, que le Mpeg2 ne permet pas de marier TNT et télévision haute définition. Un vrai problème à terme. La décision du Premier ministre n'exclut pas d'adopter le Mpeg4 pour la partie payante de la TNT, alors même que certains industriels estiment qu'il sera difficile de réaliser des décodeurs bi-modes. Malgré l'annonce d'u-ne date, la précipitation n'est donc pas d'actualité. D'autant que, com- me le rappelle Patrick Le Lay, le PDG de TF1, « la TNT ne va pas débarquer du jour au lendemain : aujourd'hui, 80 % des antennes collectives ne peuvent pas la capter. Il faudra les régler, éventuellement mettre un amplificateur, ce qui nécessitera des assemblées extraor- dinaires des copropriétaires. » Un syndic parisien nous l'a confirmé : pour les immeubles collectifs, il conseille aux propriétaires d'attendre que leur municipalité s'exprime sur le sujet. Et ne prévoit pas d'opération avant fin 2005.

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Article extrait
du magazine N° 1883

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