Les femmes font rimer bières avec convivialité

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Boisson conviviale, la bière amène à de jolies découvertes. Les femmes apprécient de plus en plus cette boisson alcoolisée même celles qui, a priori, ne la goûtaient guère.

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_jm67529.jpg© © Jean-Michel Leligny/Andia.fr

« Je ne regarde pas le titrage. Ma seule limite, c’est l’amertune.

« Longtemps, j’ai pensé que la bière était une boisson grossière pour des situations grossières. Petit à petit, j’ai évolué et, aujourd’hui, j’associe volontiers la bière à des moments chaleureux et conviviaux. Chaque voyage me permet de tester de nouveaux goûts. J’aime le vin mais j’apprécie de plus en plus le côté décomplexé des bières. L’étiquette compte beaucoup dans mes choix »

Marie-Laure, bibliothécaire-documentaliste

«La bière ? Cela a longtemps été une boisson grossière pour des situations grossières, répond sans ambages Marie-Laure. Avec le temps, mon opinion a évolué. Aujourd’hui, je l’associe souvent à des moments heureux, de convivialité et de partage. Sans oublier qu’elle a un avantage sur la plupart des boissons alcoolisées ; avec le champagne, c’est la seule boisson que je peux consommer sans manger. » Cette bibliothécaire se souvient très précisément de sa première bière : « Je sortais d’une épreuve du Capes et, avec quelques autres étudiants, nous sommes allés au café. J’ai commandé une bière de Mars. C’était la bière de la détente, du soulagement. Je me suis alors rendu compte qu’il y avait une échelle de qualité dans les bières. Celle-ci était savoureuse. »

Qui a dit que les femmes et la bière étaient en froid ? Pas Marie-Laure. Ni Nathalie, Régine ou Sabine, pour qui la bière n’est pas la boisson alcoolisée préférée mais qui, au fil des occasions, découvre qu’il y en a toujours une à leur goût. Régine n’a pas grandi dans un environnement où la bière coulait à flots. « Mon père en buvait de temps en temps l’été, pour se rafraîchir », se souvient-elle. Elle a découvert Tourtel Twist chez des amis. Elle a d’abord goûté celle au citron… mais a préfèré celle aromatisée à la framboise. Cette Tourtel fait maintenant partie des boissons que cette jeune quadra, aide-soignante, peu adepte des boissons alcoolisées, apprécie, « surtout en été ». « Bien fraîche, elle me détend. Elle me sert d’apéritif, car j’avais essayé d’autres apéritifs sans alcool mais je les trouve trop sucrés. » Le prix de Tourtel Twist ? Pas un souci : elle aime se faire plaisir dans certains rayons, dont celui des boissons. Au rayon des bières, elle prend aussi quelques packs de 1664, « une marque qui convient à la plupart de mes amis ».

Sur les tables de la cantine

Nathalie a beau être une pure Ch’ti, cette native de Saint-Omer ne se rappelle pas que ses parents buvaient de la bière. Son premier souvenir date de l’école [À noter que, dès 1956, Pierre Mendès France, alors Premier ministre, avait interdit les boissons alcoolisées à l’école pour les moins de 14 ans. Ce n’est qu’en 1981 qu’elles ont été définitivement bannies de l’école pour tous les âges]. « À la cantine, il y en avait sur les tables, pour les grands, livrée par les brasseurs du coin. Elle ne titrait pas plus de 2 ° d’alcool », se remémore cette cantinière de cinéma. Pour sa part, elle a commencé à en consommer quand elle était « à la fin du collège ou au début du lycée, dans des bars, avec les copains. Nous avions le choix entre Heineken ou Pelforth ». Un autre souvenir l’a marqué durablement : « Quand j’avais une dizaine d’années, mon frère avait reçu une correspondante allemande qui avait apporté de son pays une bière assez sucrée. Depuis, j’ai toujours cherché à retrouver ce goût qui m’avait semblé très agréable », détaille Nathalie. C’est la raison pour laquelle cette Parisienne d’adoption apprécie aujourd’hui les bières aromatisées comme les Ruby.

Sabine, qui préfère le rosé et le champagne, peut toutefois se laisser tenter par une Kriek, « moins amère que les autres ». Son entourage apprécie beaucoup la bière, ce qui l’incite de temps à autre à demander une blonde légère à la pression plutôt qu’en bouteille « pour qu’il y ait plus de mousse ».

Point commun à toutes, la bière rime avec voyages et évasion. Et pour cause. C’est sans nul doute la boisson alcoolisée la plus universelle. La quasi-totalité des pays en produit. Nathalie a passé une partie de sa vie à Montréal. Une sorte de paradis de la bière : « J’en ai bu à l’abricot, au bleuet… Il y avait beaucoup de choix. » « La bière est liée à des moments de découverte, compare Marie-Laure. J’ai de très bons souvenirs de bières bues dans un pub de l’île de Skye, en Écosse, mais aussi à Québec… Je ne regarde pas le titrage. Ma seule limite, c’est l’amertume. Je n’aime pas qu’elle soit trop agressive. » Il lui est arrivé de profiter d’un séjour à l’étranger pour visiter des brasseries locales où elle a pu s’initier au savoir-faire brassicole. À l’instar de l’œnotourisme, au vu de l’intérêt que portent les Français à la bière, le tourisme brassicole a de beaux jours devant lui.

« Je ne suis pas fan de la boisson. Mais elle a des vertus curatives et esthétiques intéressantes. »

« Tout le monde autour de moi aime la bière, y compris ma fille. Pour ma part, je n’en raffole pas. J’apprécie de temps en temps une Kriek pour son goût de cerise ou une blonde légère. Je ne vais jamais au rayon bière car c’est mon mari qui se charge de cet achat »

Sabine, Professeur de français

Le prix de l’élégance

Côté contenant, les femmes sont assez catégoriques. « Je n’aime pas les canettes, ça fait clodo », décrète Nathalie. « Les canettes, c’est pour les sodas », tranche Marie-Laure qui trouve bien plus esthétique la bouteille, la capsule et l’art de verser le contenu dans un joli verre. « J’ai acheté quelques verres dont certains sont évasés. C’est joli de regarder la mousse se former », poursuit-elle. Le prix peut-il être un frein à l’achat ? « Quand il s’agit de bière, je ne limite pas mon budget », assure Nathalie. « Je n’ai jamais acheté une bière à bas prix », affirme Marie-Laure qui n’a pas remarqué d’embellissement des rayons bière. « Ça ne m’a pas sauté aux yeux », répond cette Normande qui fait ses courses dans la dizaine de magasins qui jalonnent la route entre son domicile et son travail.

Bonne… et saine

Depuis quelque temps, comme beaucoup de Français, Nathalie s’est aperçue qu’elle ne tolère plus le gluten. Fort heureusement, l’offre sans gluten est de plus en plus large. Les préférences de Nathalie vont à la Brewdog, à la Jade de la Brasserie Castelain, une bière « assez légère », et à l’IPA (India Pale Ale) de la Brasserie de Vézelay. « Je l’ai goûtée pour la première fois sur le salon des allergies alimentaires, car Vézelay avait un stand », se remémore-t-elle.

Reste que les femmes ont toujours une sensibilité plus affûtée que les hommes sur les bienfaits de tel ou tel aliment. Ainsi, « parce qu’elle est fermentée, la bière atténue les désagréments de l’angine, nous apprend Sabine. Elle fait également de beaux cheveux, à condition de la laisser agir une heure, si possible sur la chevelure », poursuit-elle, tout en reconnaissant que c’est moins pratique qu’un après-shampooing du commerce. De son côté, Nathalie se souvient que lorsqu’elle a eu sa fille, en 1985, le personnel médical lui avait recommandé de consommer une petite bière par-ci, par-là, car « cela fait monter le lait ». Voici donc d’inattendus débouchés pour le secteur… Mais, chut ! Inutile d’alerter le ministère de la Santé.

« Mon premier souvenir date de l’école, car il y avait de la bière sur les tables de la cantine. »

« J’ai commencé à consommer de la bière au lycée puis j’ai arrêté. Quelques années plus tard, alors que je vivais à Montréal, au Canada, j’ai recommencé. Dans les « dépanneurs », les épiceries qui, là-bas, ferment tard, il y a une large palette de goûts. Je me souviens en avoir goûté au bleuet, à l’abricot.. »

Nathalie, cantinière de cinéma

 

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Article extrait
du magazine N° 2498

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