Les Français l'aiment en repas léger

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De grignotage en repas sur le pouce, le snacking évolue pour répondre aux attentes des Français, qui s'y adonnent de plus en plus. Désireux d'économiser temps et argent, ces repas, variés, équilibrés et de qualité, représentent une alternative à la malbouffe.

Manger en moins de dix minutes ? Il y a dix ans, les Français se seraient insurgés à cette idée. Aujourd'hui, rares sont ceux qui ne l'ont pas fait. Et même plutôt trois fois qu'une ! Une étude 3SC, menée par Sociovision Cofremca en 2006, révèle que 42 % des Français avaient consommé, sur leur lieu de travail, un produit acheté à proximité ou ramené de leur domicile, contre 27 % seulement en 1994. « C'est une question de circonstances, observe Sylvie Le Tadic, directrice d'études dans cet organisme. Parce qu'à un moment donné, une personne préférera effectuer ses courses, finir un travail, aller à sa séance de sport, elle n'accordera, ainsi, quasiment aucune minute au fait de manger. » Voilà un comportement qui s'assimile alors à du snacking. Un mot dont la définition change au fil du temps, avec une offre de produits qui s'étoffe (lire p. 79). Longtemps synonyme de grignotage - barres chocolatées, chips, soda... -, le snacking évoque de plus en plus fréquemment les repas légers, à base de sandwich, de salade, de fruits, de yaourts à boire et de Smoothies.

Quand je veux et où je veux !

« Dans les circuits hors domicile, la part de ce type de snacking génère un tiers des revenus », estime Rémi Vilaine, directeur général de Gira Food Service. Et c'est sans compter les achats effectués dans les grandes surfaces alimentaires par les Français pour des moments de snacking anticipés ! Dans les hypermarchés et les supermarchés, le nombre des sandwichs vendus a progressé en 2006 de 18 %, selon Nielsen. Cet emblème des repas sur le pouce est mê- me devenu le produit le plus rentable au mètre linéaire, dans l'univers traiteur, avec 226,5 E générés en moyenne. « Le taux de pénétration du segment ne cesse de progresser », précise Christian April, responsable au sein de cet institut d'analyse.

Pourtant, impossible de trouver un chiffre précis, sur l'univers du snacking, dans les enseignes alimentaires, en partie faute de références réunies dans un même univers. Mais aussi parce que les Français prévoient de plus en plus ces déjeuners au moment de leurs courses hebdomadaires. « L'anticipation existe, il suffit de regarder autour de nous, souligne Sylvie Le Tadic. Tout laisse à penser que le prix est un facteur déterminant de ce choix. Les personnes que nous interrogeons nous disent, de plus en plus fréquemment, qu'ils n'ont pas envie de payer presque trois fois plus cher les produits qu'ils trouvent en grandes surfaces uniquement parce qu'ils sont vendus dans la boutique d'à côté ! » Décidément, les Français sont des consommateurs exigeants. Non seulement ils souhaitent « retrouver les produits qu'ils veulent, au moment où ils le désirent, et là où ils se trouvent, lance Michel Smilovitz, directeur de la division CHD de Yoplait, mais ils ne veulent pas forcément dépenser plus. » « Un prix modéré est une attente forte des consommateurs », poursuit-il. Tant pis si Kip Winter Cox, directrice marketing du groupe Bakkavar, acteur majeur du snacking en Grande-Bretagne, pense que « la tendance est au premium. Ce sont les offres les plus qualitatives qui tirent les ventes chez WaitRose comme chez Marks & Spencer ».

Du snack sain et frais au plateau repas

Faut-il en conclure que les attentes des snackeurs hexagonaux seraient profondément différentes de leurs homologues britanniques ? Peut-être ! Mais eux aussi veulent manger bien, des pro- duits plus sains, plus équilibrés, plus frais. L'arrivée massive des fruits et légumes en témoigne. Seulement, la distribution n'est pas la même des deux côtés de la Manche. Rares sont les gran-des surfaces installées dans les centres-villes, et le schéma logistique qui en découle exige des produits différents, porteurs de dates limites de conservation plus longues !

Et les Français comme les Britanniques plébiscitent les menus. Nielsen, tirant les leçons d'un pilote sur les achats hors domicile sur l'Hexagone, révèle que « sur un panel de 400 personnes, 13 % des sondés succombent aux formules ». Or, Kip Winter Cox admet que « Boots [l'enseigne de drugstore sde parapharmacie britannique, NDLR] vend plus de sandwichs que Marks & Spencer, grâce à ses offres de menus incluant boisson, sandwich et dessert ». De quoi faire rêver Christian Guyader, président de la société éponyme, « d'un Bento à la française. » Mais ces plateaux repas, proposés dans tous les grands magasins japonais, que les hommes d'affaires achètent avant de partir travailler, nécessitent une vraie réflexion, tant des industriels que de la distribution.

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Article extrait
du magazine N° 1990

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