Les Français se serrent la vis sur le non-alimentaire

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Le mois de décembre a été rude pour les ventes de produits non alimentaires, avec une chute de l'électronique grand public et un bricolage à la peine. Et l'année en cours ne s'annonce pas sous de meilleurs auspices.

Si les Français se sont fait plaisir à la fin de l'année côté alimentation, ils auraient, dans le même temps, serré leur ceinture à un cran extrême dans le non-alimentaire. Les chiffres pour le mois de décembre sont saisissants : - 11 % dans l'électronique grand public, - 5 % dans l'électroménager, - 17,4 % dans la vente par correspondance, - 5,2 % dans le textile habillement et même - 5,8 % dans le bricolage, qui a opposé une belle résistance tout au long de l'année avec un taux de croissance finale de 2,9 %.

Ces chiffres de la Banque de France et retraités par Natixis montrent combien les ventes de produits d'équipement de la personne et de la maison sont sous pression. Et la distribution spécialisée qui les écoule, comme on le voit avec la chute de Virgin ou de Game... Et si les enseignes alimentaires tiennent le coup sur l'alimentation, leurs ventes reculent aussi pour le non-alimentaire et le DPH, raison qui explique la baisse de chiffre d'affaires de 9,9 % accusée par Casino dans ses hypermarchés.

« Les indices ont rarement affiché un tel recul, annonce Jean-Baptiste Tessier, analyste de Natixis. Les tendances pour l'électronique restent toujours très négatives, le meuble est revenu à une tendance baissière et le secteur du bricolage semble ancré dans la décélération. L'année en cours sera assurément très difficile pour tous les secteurs. »

Morosité généralisée

Certes, une part de la baisse est due à un effet calendaire défavorable et décembre fait partie des mois d'hiver où les Français bricolent peu, ce qui peut noircir le tableau. Quant à l'électroménager, son dynamisme est lié à celui de l'immobilier. Or, le marché des transactions immobilières est gelé en raison des prix et de l'accès au crédit. Et il y a peu de chances que la situation s'améliore à court terme, les banques étant contraintes de réduire leur exposition aux risques et à renforcer leurs fonds propres pour des raisons réglementaires. Mêmes difficultés pour l'EGP, qui souffre toujours de la très forte déflation du prix des produits, de l'ordre de 9 % en décembre 2012, avec une petite amélioration, puisque la chute était de 15 % en décembre 2011 vs 2010. Le textile n'est pas épargné. Les achats de décembre, comme de toute l'année, reculent de plus de 5 %.

Dans ce contexte, la question qui pourrait se poser au gouvernement sera de savoir s'il n'est pas temps de réfléchir sur la pression fiscale qui s'abat sur les ménages et pèse sur le pouvoir d'achat, car le blocage du moteur de la consommation aurait des effets dramatiques pour l'emploi dans le commerce.

Les enjeux

  • L'électronique grand public poursuit une descente aux enfers, avec une chute de 15 % des ventes.
  • Le bricolage semble entrer à son tour en récession après avoir bien résisté.
  • Les ventes de textile ont également beaucoup souffert en décembre dernier.

 

Un Fort Recul Poup Tous Les Secteurs

La fin d'année a été très mauvaise pour le non-alimentaire en fin d'année 2012 et les perspectives restent très sombres pour 2013, selon Natixis. La hausse du chômage, la crainte de l'avenir et la récession dans l'immobilier vont toucher tous les secteurs de l'équipement de la maison et de la personne.

Évolutions des ventes, en %, en décembre, au quatrième trimestre et sur les années 2011 et 2012.
Source: Banque de France,retraité par Natixis

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2258

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA