Marchés

Les fusions : Pas de folies sur le front des rachats

|

Dossier Dans un environnement économique incertain, les opérations de rachat et de rapprochement ont surtout été traitées d'industriel à industriel, avec une visée de consolidation ou de diversification.

La sagesse a dominé le paysage des rachats dans le domaine de l'agroalimentaire au cours des douze derniers mois, avec un rythme des opérations réalisées en France qui s'est progressivement accéléré jusqu'à l'été. Leur point commun est d'être des mouvements tactiques et de consolidation. Orangina a mis la main sur les 50% de son embouteilleur qu'il ne possédait pas encore ; Boncolac a cédé son pôle glaces à R et R faute d'avoir atteint une taille critique, et Madrange, en difficulté chronique, a été racheté par le groupe de Monique Piffaut, qui détient déjà les marques Paul Prédault et William Saurin.

Parmi les opérations majeures, le secteur laitier n'est pas en reste, avec deux géants qui ont animé la rubrique des fusions et acquisitions, et pas des moindres. Le feuilleton Yoplait, qui durait depuis des mois, sinon des années, a pris fin : le fonds PAI cédant sa participation au groupe américain General Mills.

 

Les fonds de moins en moins présents

La plus importante transaction financière est à mettre à l'actif de Lactalis, qui est devenu, en juillet, le premier groupe laitier mondial, avec une prise de participation majoritaire dans le groupe italien Parmalat en échange de plus de 3 milliards d'euros. Ces deux opérations ne devraient cependant pas avoir d'énormes répercussions en France.

Dans l'ensemble, la caractéristique significative de 2011 tient à l'effacement des fonds d'investissement, ce qui laisse plus de champ à des opérations entre industriels et à des réflexions en termes de synergies et de complémentarités. L'accès de plus en plus compliqué au crédit, sur le modèle des difficultés économiques de 2008, a mis sur la touche nombre de fonds, mais il existe toujours une exception qui confirme la règle.

En plein désengagement de son activité boulangerie industrielle, Sara Lee est entré en négociations exclusives avec le fonds Sagard pour la reprise de sa filiale française Eurodough il y a quelques semaines.

Une année relativement calme

LA MARTINIQUAISE, numéro deux français des spiritueux, achète les alcools du groupe sucrier Quartier français. La boisson CACOLAC passe dans le giron du holding industriel TRIXAIM. ST MICHEL (biscuits) met la main sur CHAMPADOR, PME de Dordogne, et se diversifie dans les pâtes à garnir. Fin du feuilleton YOPLAIT, avec le rachat effectif de 51% de l'entreprise (les parts du fonds PAI + 1%) par l'américain GENERAL MILLS, pour un peu plus de 800 M€. JACQUET (groupe Limagrain) reprend la société BROSSARD et poursuit sa diversification dans le monde de la pâtisserie et de la viennoiserie. MVVH, holding des coopératives Maïsadour, Vivadour et Val de Sèvre, rachète COMTESSE DU BARRY. BONCOLAC annonce le projet de cession de son activité glaces au groupe R & R. LACTALIS boucle son OPA sur PARMALAT lancée quelques mois plus tôt. Et devient leader mondial des produits laitiers, avec un chiffre d'affaires de plus de 14 M€. MADRANGE est racheté par la SOCIÉTÉ FINANCIÈRE TURENNE LAFAYETTE (marques Paul Prédault et William Saurin), pour un montant proche de 40 M€. Concentration toujours dans le domaine du sucre, avec CRISTAL UNION, qui rachète le groupe VERMANDOISE pour 1 Mrd €. SENOBLE crée une filiale regroupant son activité yaourts et produits laitiers frais sous MDD, dont il vend 50% du capital à AGRIAL. SARA LEE annonce des négociations exclusives avec le fonds SAGARD pour la vente de sa filiale française de pâtes prêtes à cuire EURODOUGH (fabricantede la marque Croustipate). Le montant de la transaction est d'environ 115 M €.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine l’essentiel de l’actualité des marchés, des distributeurs et des fournisseurs de produits alimentaires.

Ne plus voir ce message