Les Galeries Lafayette couvent les start-up du commerce

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Le groupe Galeries Lafayette vient de créer son accélérateur de start-up, Plug & Play, pour aider à développer les idées novatrices dans le commerce et la mode. Il a accueilli une première promotion d’octobre à décembre 2016.

Un nouvel appel à candidature est lancé pour la deuxième promotion de dix start-up, à compter de mars 2017.
Un nouvel appel à candidature est lancé pour la deuxième promotion de dix start-up, à compter de mars 2017.

Mille mètres carrés de bureaux et de salles de réunion, rue de Paradis, dans le 10e arrondissement de Paris. Un hall d’immeuble classique, une porte d’entrée anonyme. On est bien loin du faste du boulevard Haussmann où les Galeries Lafayette attirent le chaland. Pourtant, c’est là que s’est dessiné, peut-être, l’avenir de la mode. D’octobre à décembre, dix start-up étaient réunies ici, dûment sélectionnées pour faire partie de la première promotion de l’incubateur créé par le groupe Galeries Lafayette, en association avec l’américain Plug & Play Tech Center.

À la base, 220 projets déposés pour, au final, dix retenus. « L’idée est de s’engager dans une démarche d’innovation qui soit la plus large possible, appuie Edoardo Manitto, directeur de l’innovation du groupe Galeries Lafayette. Notre ambition est de devenir la plate-forme innovante de référence dans le commerce et la mode. » La précision est d’importance : pas question de faire de cet incubateur une solution aux seuls problèmes rencontrés, sur le web ou ailleurs, par les Galeries Lafayette.

Pas d’accords d’exclusivité

On a là, au contraire, des projets tous azimuts, depuis le marketing jusqu’aux problématiques de fidélité, en passant par l’e-commerce… Tout, sauf le produit lui-même : rien qui ait trait aux fibres ou à la mode en tant que telle, mais des solutions et des services. « Notre organisation a une vocation généraliste », soutient Edoardo Manitto. Et c’est évidemment tout le sel du projet : œuvrer pour le devenir du secteur dans son ensemble, sans aucun a priori. On entend par là que, si tout cela est organisé par le groupe Galeries Lafayette, il n’est pas question d’éventuels accords d’exclusivité avec les start-up sélectionnées. « On ne s’interdit pas d’entrer au capital de certaines, mais toujours avec un ticket minoritaire, et sans que cela soit la finalité première, précise Edoardo Manitto. Le but est bien d’aider ces entreprises à obtenir les levées de fonds dont elles ont besoin et de développer leurs activités. » Voilà pour l’intérêt de ces start-up.

Repérer les idées en amont

Mais celui des Galeries Lafayette, alors ? « Nos marchés traversent une période de bouleversements extrêmement rapides, et pour se transformer, chacun doit être plus agile, pour évoluer de manière plus dynamique. Or il s’avère difficile de toujours trouver des solutions en interne : on ne pourra jamais tout faire, explique le directeur de l’innovation. L’objet de cet accélérateur est donc de s’appuyer sur des compétences nouvelles, d’aider les start-up à se développer dans un cadre d’enrichissement mutuel, profitable à tous. » Cela, c’est le cadre global, celui qui sert de réflexion de base. L’autre logique, celle du partage – le jour où nous sommes venus, un cadre de Leroy Merlin intervenait en masterclass auprès des start-up –, résulte d’un constat de bon sens : une bonne idée ne restera jamais longtemps la propriété exclusive d’un groupe ou d’une enseigne. Alors, plutôt que chacun s’échine à avancer seul dans son coin, mieux vaut tout partager d’emblée. Parfait, mais ces locaux, ce sont bien les Galeries La­fayette qui en paient le loyer. Que l’entreprise se veuille parfaitement humaniste, soit, mais philanthrope, pas encore… Alors, l’intérêt ? Simple : en accueillant ces start-up, le groupe se donne le pouvoir de les repérer en amont de leur développement. Il s’achète aussi, à moindres frais, une image start-up friendly susceptible, à terme, de rejaillir de manière positive. Imaginez un peu : connu et reconnu pour cette action, le groupe peut légitimement espérer que les « start-upers » de demain pensent en priorité à lui pour présenter leurs projets novateurs dans les secteurs de la mode et du commerce.

Le pari des rapports humains, en somme. Celui du cœur et de la fidélité, bien plus que celui induit par une signature en bas d’un contrat. « Un net changement de paradigme », se réjouit Edoardo Manitto.

Une semaine type de travail

  • Lundi : réunion « project pain plan », où l’on vient faire le bilan de sa semaine de travail, avec l’objectif que chacun participe à trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les autres, et des sessions d’entraînement à la présentation de « pitchs ».
  • Mardi : sessions de travail en commun, « open office ».
  • Mercredi : rencontre avec des intervenants extérieurs, cadres dirigeants, entrepreneurs accomplis.
  • Jeudi :accompagnement par des « mentors », investisseurs, industriels ou distributeurs, qui viennent conseiller les start-up.
  • Vendredi : intervention de cadres du groupe Galeries Lafayette.

Les dix start-up de la première promotion

  • Affily One (France) : spécialiste du bon d’achat automatique, cumulable et sans limite.
  • Alcmeon (France) : comment mieux gérer la relation client sur les réseaux sociaux.
  • Chute (États-Unis) : solution de marketing de contenu.
  • Early Birds (France) : solution de marketing prédictif, permettant aux sites d’e-commerce de personnaliser leur expérience client.
  • EasySize (Danemark) : analyse du comportement d’achat en ligne pour mieux orienter les clients vers la bonne taille de vêtement.
  • Igloo (France) : application mobile pour essayer des vêtements directement à domicile.
  • Primo1D (France) : composant électronique miniaturisé intégré dans les vêtements pour favoriser la gestion du back-office.
  • ShopRunBack (France) : gestion des retours produits dans l’e-commerce.
  • Smartzer (Royaume-Uni) : spécialiste des vidéos interactives pour que chacune soit « cliquable », soit pour obtenir plus d’informations, soit pour réaliser un achat en direct.
  • Transaction Connect (France) : transformer les cartes de crédit en carte de fidélité.

« Notre ambition est de devenir la plate-forme innovante de référence dans le commerce et la mode. »

Edoardo Manitto, directeur de l’innovation du groupe Galeries Lafayette

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Article extrait
du magazine N° 2442

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