Covid-19 : Tout savoir sur les gels hydroalcooliques, les savons, la désinfection et les masques

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La concurrence s’accroît sur les gels hydroalcooliques, les savons et la désinfection, et les masques s’installent dans les rayons. Zoom sur ce nouveau marché des gestes barrières.

Selon Kantar, 38?% des Français se lavent les mains dix fois par jour, contre 16?% avant la pandémie.
Selon Kantar, 38?% des Français se lavent les mains dix fois par jour, contre 16?% avant la pandémie. © 123rf
Le contexte
  • La pandémie a bouleversé le marché de l’hygiène et fait exploser la demande de produits désinfectants au niveau mondial.
  • Les marques ont fait de leur mieux pour répondre à cette brusque croissance de la demande.
  • Une nouvelle offre mêlant hygiène et désinfection s’installe durablement dans le rayon.

La pandémie de Covid-19 a rappelé à tous l’importance de l’hygiène, en commençant par celles des mains. Pour se protéger de ce nouveau coronavirus, il a été ­conseillé de réaliser des « gestes barrières », dont se laver les mains ou les désinfecter avec du gel hydroalcoolique, sans oublier de porter un masque. Et les consommateurs, dans leur grande majorité, respectent les consignes. Selon Kantar, 38 % des Français se lavent les mains dix fois par jour (versus 16 % avant la pandémie) et 43 % entre cinq à neuf fois par jour (vs 34 % avant la pandémie). La mise en place des gestes barrières a ­abouti, au niveau mondial, à une explosion de la demande en savons, masques et produits désinfectants. Pour y répondre, de nombreux acteurs sont arrivés sur ces marchés et ont bien l’intention d’y rester.

De nouvelles opportunités sont ainsi en train de se dessiner autour de l’hygiène et de la désinfection. De quoi apporter du dynamisme à des rayons qui étaient moroses. Prenons l’exemple des gels hydro­alcooliques désinfectants. Avant la crise sanitaire, les acteurs proposant ces produits en GMS se comptaient sur les doigts de la main : Sanytol, archileader avec plus de 40 % de part de marché, Mercurochrome aux alentours de 20-25 % et les marques de distributeurs. Sur la période P12 2020, selon Iri, la part de marché de Sanytol était tombée à 12,4 %. Même si avec ce chiffre, sur cette période, la marque est restée leader et même si elle a multiplié par 2,4 ses ventes de gels hydroalcooliques en 2020, ce recul de part de marché s’explique par l’arrivée de nouveaux venus. Avec l’explosion de la demande, les fabricants habituels, en grande consommation comme en circuit professionnel, ont vu leurs capacités de production rapidement saturer. Un arrêté ministériel publié mi-mars a autorisé les industriels de la cosmétique à produire aussi des gels hydroalcooliques désinfectants. En effet, auparavant, seuls les spécialistes de la désinfection et les pharmaciens avaient le droit de réaliser ces produits qui répondent à la réglementation biocide. L’arrêté ministériel a permis aux industriels de la cosmétique de transformer leurs lignes pour fabriquer ces produits désinfectants.

Participer à l’effort collectif

Rappelons que certaines marques de beauté, comme Merci Handy ou Sephora, proposaient avant la crise des produits sous forme de gels hydroalcooliques mais qui ne sont pas considérés comme désinfectants. Répondant à la réglementation cosmétique et non biocide, ils ne contiennent pas un taux d’­alcool suffisant pour garantir leur action biocide au regard de la réglementation française. «  Seules les solutions ou gels hydroalcooliques ayant une teneur en ­alcool (éthanol, propan-1-ol ou propan-2-ol), exprimée en volume, d’au moins 60 % ou répondant à la norme EN 144766 sont efficaces en matière de désinfection », rappelle-t-on à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Les industriels de la cosmétique se sont mis en conformité avec ces normes afin de participer à l’effort de guerre. Au plus fort de la crise, selon la Fédération des entreprises de la beauté (Febea), les acteurs du secteur fabriquaient 1,2 million de litres de solutions hydroalcooliques par ­semaine, soit un tiers de ce qui était alors produit en France. Au départ, les productions sont allées en priorité aux circuits professionnels afin d’éviter les pénuries dans les hôpitaux et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (­Ehpad), ou pour protéger les salariés dans les commerces restés ouverts.

Ensuite, les produits ont été proposés aux consommateurs, notamment en GMS. D’ailleurs, selon Nielsen, six gels hydroalcooliques ont grimpé dans le top 20 des meilleurs lancements en hygiène-beauté au premier semestre 2020. « Deux d’entre eux se sont même hissés dans le top 10 des meilleurs lancements tous PGC confondus, souligne Madrigale Darpas, consultante de Nielsen. C’est du jamais-vu. » Effectivement, jamais un gel hydroalcoolique n’avait enregistré des performances équivalentes à celles réalisées par des innovations alimentaires. Parmi les meilleurs lancements sur ce marché des gels hydroalcooliques, il y a des acteurs qui en temps normal n’évoluent pas en grande distribution, comme Maison Berger ou l’Institut Claude Bell. Car avec l’arrêté ministériel, « ce sont plus de 200 marques qui ont proposé du gel hydroalcoolique », constate Isabelle Constans, directrice marketing de Sanytol.

Capitaliser sur sa notoriété

Si une majorité des nouveaux entrants de 2020 sont retournés à leurs activités habituelles, un certain nombre de grandes marques ont bien l’intention de rester durablement au rayon des gels hydro­alcooliques. Parmi elles, Le Chat, Dove, Garnier, Monsavon, Mixa... Chacune voulant capitaliser sur sa notoriété et ses spécificités. Par exemple, Dove, connue pour ses savons contenant un quart de crème hydratante, lance ce mois-ci des désinfectants mains « garantissant huit heures d’hydratation afin d’éviter que les mains se dessèchent », indique Unilever. « Pour Monsavon, marque sensorielle, nous misons sur les fragrances avec une référence au parfum de mandarine et une autre au parfum de rose », explique Caroline Patard, à la tête des catégories capillaires et hygiène de la peau chez Unilever France.

Sur ce marché des produits désinfectants, on voit également des grandes marques que l’on n’attendait pas. Ainsi, le spécialiste des gants Mapa a lancé une mousse désinfectante pour les mains sans alcool. Mir a développé un gel hydroalcoolique permettant à la fois de désinfecter les mains et les surfaces comme les poignées de portes. La palme de la diversification revient à Kleenex. Après s’être lancée dans le papier toilette l’an passé, la marque de mouchoirs propose maintenant des masques jetables en tailles enfant et adulte, du gel hydroalcoolique et des lingettes désinfectantes. « Nous sommes la seule grande marque à proposer une gamme complète permettant de réaliser l’ensemble des gestes barrières », souligne Delphine Husson, directrice générale de Kimberly-Clark France. Une diversification étonnante ? Pas tant que cela. « Le groupe est spécialiste de l’hygiène au quotidien. En Asie, Kimberly-Clark avait déjà une activité “masques”. Nous avons développé les lingettes grâce à l’expertise de notre division professionnelle », poursuit-elle.

Séduire les Français pour deux anglaises

Outre ces grandes marques populaires en France qui se diversifient, deux nouvelles venues souhaitent conquérir le pays : Lifebuoy d’Unilever et Lysol de Reckitt-Benckiser. Ces deux inconnues dans l’Hexagone sont en fait des références en matière d’hygiène et de désinfection au niveau mondial. Ce sont des marques historiques des deux groupes anglo-saxons. Toutes les deux sont nées au XIXe siècle afin de se protéger des épidémies de choléra. « Lifebuoy a été créée par William Lever, un des fondateurs d’Unilever, elle est numéro un mondial de l’hygiène, assure Caroline Patard. Pendant la crise, quand le gel manquait, nous avons proposé celui de Lifebuoy en grande distribution, chez Metro et dans les pharmacies. Il a fait partie des meilleures ventes sur Amazon. » Unilever a désormais de grandes ambitions pour Lifebuoy en 2021. « Nous avons travaillé les packagings et l’offre afin de les adapter à la France. Outre le gel hydroalcoolique, nous allons aussi proposer des savons liquides désinfectants et des formats en bidon de 5 l pour les professionnels », ajoute-t-elle.

Histoire similaire, mais offre différente pour Lysol. La marque propose des produits d’entretien désinfectants. Son produit phare est un spray qui permet de désinfecter les surfaces et les textiles en une minute et qui ne nécessite pas d’être essuyé après son application. Reckitt-Benckiser avait prévu de lancer Lysol en Europe, « mais la pandémie a vraiment accéléré nos plans. Nous voulions aider les consommateurs à se protéger, notre mission étant de rendre l’hygiène accessible à tous. Et même avant la commercialisation au grand public, nous avons offert plus de 50 000 produits à des acteurs de la santé, aux Restos du cœur et à Dons solidaires. Nous avons aussi soutenu financièrement la Croix-Rouge. Nous voulions apporter notre contribution dans la lutte contre la pandémie », expose Benoît Bucco, directeur marketing hygiene & home chez Reckitt-Benckiser. Et de souligner l’expertise scientifique de Lysol : « La marque est née pendant les épidémies de choléra mais elle s’est développée dans les années 1920 afin de lutter contre la grippe espagnole. Plus récemment, nos produits étaient efficaces pour lutter contre le SRAS et la grippe H1N1. Et en juillet, Lysol a été la première marque reconnue par l’Agence américaine de protection environnementale (EPA) comme efficace pour éliminer le virus du Covid-19. » Les premiers produits Lysol ont débarqué dans les linéaires en octobre et le reste de la gamme en décembre dernier. « On voit un réel intérêt des ­distributeurs pour ces produits. La montée en distribution est plus rapide que ce nous avions envisagé », se réjouit Benoît Bucco.

Exploiter le potentiel

Et si tous ces grands acteurs développent leur offre de désinfection au rayon hygiène comme au rayon entretien, c’est qu’il y a un vrai potentiel. Ces produits ont tiré la croissance des catégories droguerie et hygiène. « En cumul à date à P12 2020, les désinfectants ont contribué à 42 % de la croissance des produits ménagers ; 88 % de cette croissance viennent des désinfectants multi-usages », observe Madrigale Darpas, de Nielsen. Le marché des gels hydro­alcooliques a, lui, été multiplié par 13,6. Les savons ont eux aussi vu leurs ventes boostées par la pandémie. « C’était un marché qui était en recul en 2019 avec, d’après Iri, des ventes en valeur en grande distribution oscillant entre - 2 et - 3 % selon les périodes. À partir de P1 2020, les ventes ont commencé à progresser pour atteindre un pic à + 137,5 % sur P3, note Charlotte Le Buhan, directrice marketing beauty care d’Henkel France. Les savons liquides, qui constituent 66 % du marché, ont particulièrement bien évolué. » Selon Nielsen, en CAD à P12 2020, les savons liquides affichaient une hausse de 56 % contre + 22 % pour les savons solides. Et aujourd’hui encore, les ventes de savons restent plus élevées qu’avant la crise. « Depuis le déconfinement, elles progressent entre 30 et 60 % selon les périodes », précise Charlotte Le Buhan.

Savoir bien nettoyer

Il faudra encore du temps pour éradiquer ce coronavirus. Les consommateurs vont continuer à réaliser les gestes barrières, à désinfecter leur maison et donc à acheter les produits nécessaires pour réaliser ces tâches. Du côté de l’entretien, les marques sont en train de faire tester leur offre afin de pouvoir attester de l’efficacité de leurs produits contre le ­Covid-19. En effet, en général, sur les produits désinfectants, est mise en avant leur action biocide avec des promesses du type « Élimine 99,9 % des bactéries ». Mais là, il s’agit d’un virus, c’est donc l’action virucide des produits qui doit être confirmée. Une différence qui n’est pas toujours faite par les consommateurs. « Seuls les produits répondant à la norme EN 14476 sont efficaces contre les virus, affirme Louis-François d’Aoust, directeur marketing catégorie entretien de la maison chez Procter & Gamble. Il est impératif de bien lire l’étiquette. » Or seulement 16  % des Français lisent celles des nettoyants ménagers, selon une étude menée par l’institut européen OnePoll pour les marques Mr. Propre et Antikal de P & G. En plus, si 40 % des Français nettoient leur maison plus fréquemment depuis l’épidémie de Covid-19, ils ne le font pas forcément bien.

Toujours selon l’étude menée par OnePoll, ils appor­tent une attention particulière aux poignées de portes (50 %), aux toilettes (40 %) et aux sols (36 %), mais ils sont moins vigilants « aux zones les plus à risques comme les plans de travail et îlots (19 %), les plaques de cuisson (26 %) et les clés (28 %) », explique-t-on chez P & G. Et de rappeler qu’il faut nettoyer les surfaces avant de les désinfecter car « la saleté, le calcaire et la graisse servent de réservoir pour le développement d’organismes tels que les bactéries et les virus ». L’étude révèle aussi que 38 % des Français sautent cette étape du nettoyage avant la désinfection. « Nous voulons que les consommateurs sachent que le nettoyage et la désinfection sont en fait deux actions différentes », insiste Louis-François d’Aoust. P & G a donc l’intention d’aider les consommateurs à réaliser les bons gestes.

En tout cas, la pandémie a sans conteste changé les comportements des consommateurs en matière de ménage. Une partie d’entre eux se tournent vers les ­nettoyants conventionnels aux allégations désinfectantes plutôt que vers les produits naturels. Les antibactériens et désinfectants pour surfaces arrivent en tête (33,56 %), supplantant savons et vinaigre blanc. En effet, 40 % des personnes interrogées ne sont pas certaines qu’ils éliminent le coronavirus. D’où l’importance de prouver l’efficacité des désinfectants contre le Covid-19. Dans ce but, P & G a fait tester diverses références Mr. Propre et Antikal. Unilever a fait de même avec Cif.

Prouver sa réactivité

Si les grands groupes veulent se tailler une part du gâteau en hygiène comme en entretien, les PME et les ETI ne sont pas en reste. Elles aussi, elles innovent et lancent de nouvelles marques. Ainsi, en 2020, Sarbec, connue en grande distribution avec Corine de Farme, a déployé Quick’ Net. Sa solution hydro­alcoolique a été le troisième meilleur lancement des gels hydroalcooliques au premier semestre 2020. « Quick’ Net est une marque qui existe depuis 1990 dans le portefeuille de Sarbec, mais elle était surtout commercialisée à l’international et dans les circuits professionnels et médicaux », rappelle Marie-Capucine d’Epenoux, directrice des marques.

Cette année, Sarbec entend installer Quick’ Net durablement dans les rayons avec, en plus de la solution hydroalcoolique, des lingettes désinfectantes, un spray multi-usage, un gel lavant mains désinfectant. « Nous lancerons aussi au premier semestre 2021 un gel hydroalcoolique aux vertus hydratantes », annonce Marie-Capucine d’Epenoux, Et de rappeler que « tous nos produits sont fabriqués en France ».

Concernant les masques, les PME ont aussi été réactives. En particulier, les leaders de la mercerie : La Brosse et Dupont (LBD) avec sa marque Prima et FDG avec Style Couture. Dès avril, ils proposaient des kits pour fabriquer soi-même des masques. « Pendant le premier confinement, il était très difficile d’en trouver. Les couturiers aguerris se sont vite adaptés pour faire des masques eux-mêmes mais, pour les plus novices, il était plus compliqué de sauter le pas. Nous avons donc développé un kit avec tout le nécessaire pour faire six masques : des coupons de tissus, une bobine de fil, des élastiques, un pas à pas explicatif au prix de vente conseillé de 11,50 € », déclare Alicia Feroui, chef de groupe marketing mercerie chaussant chez LBD. FDG a développé le même type de kit à 11,95 € avec en plus les aiguilles « et un flashcode qui permettait d’accéder à un tuto vidéo, complète Aurore Pergaud, chef de groupe mercerie de FDG. En septembre, nous avons lancé un kit moins cher au prix de vente conseillé de 7,95 € contenant les coupons de tissus et les élastiques pour réaliser quatre masques adulte ou six masques enfant, en partant du principe que les clients avaient des aiguilles et du fil chez eux ».

Pour Alicia Feroui, « c’est un réel succès, les ventes ont été très soutenues au lancement et pendant une bonne partie de l’année, ce qui montre qu’il était urgent de répondre à ce besoin. Nous avons mis en place des displays et des cravates afin de pouvoir placer ces produits au plus proche des espaces Covid des différentes enseignes. Actuellement, les ventes ont un peu ralenti car les ménages se sont dorénavant équipés mais le besoin reste présent. »

Même constat chez FDG : « En juin, nos kits faisaient partie du top 20 des meilleures ventes du rayon mercerie. En moyenne, nous réalisons quatre ventes mensuelles par magasin. Cela semble peu comme rotation mais, pour le rayon mercerie, c’est un très bon résultat », souligne Aurore Pergaud. En plus, « ces kits répondent également à la tendance de consommation plus durable. Le consommateur a la satisfaction de faire son masque lui-même, en l’ajustant à sa morphologie et réduit son impact sur l’environnement », ajoute Alicia Feroui. Et économiquement parlant, « nos kits sont très bien placés», insiste Aurore Pergaud.

Changer durablement les comportements

Outre ces kits, c’est tout le rayon mercerie qui a profité de la pénurie de masques jetables au premier semestre 2020. « Les consommateurs ont cherché le matériel pour fabriquer eux-mêmes leurs masques. Le rayon mercerie dans son ensemble a progressé de 48 % en hypermarchés et supermarchés au premier semestre, selon GfK. Les ventes d’élastiques ont augmenté de 103 %, celles des fils à coudre de 78% », détaille Aurore Pergaud. Et ces bons résultats vont peut-être perdurer car certains consommateurs ont pris goût à la couture et se sont mis à fabriquer autre chose que des masques. Par ailleurs, même si ceux jetables sont désormais disponibles en grande quantité, les deux principaux acteurs du rayon mercerie ont intégré les kits de masques à leur offre permanente. « Pour le moment, nous avons la volonté de conserver ce produit car il y a encore de la demande. L’épidémie a probablement changé durablement nos comportements, et le port du masque va rester ancré encore longtemps », estime Alicia Feroui. Pour ceux qui n’ont pas eu envie de se mettre à la couture, ABC Distribution, autre acteur bien connu des rayons accessoires, a développé une offre de masques chirurgicaux jetables en tailles adulte et enfant sous la marque Apoteke. Celle-ci propose également des masques en tissu réutilisable, des produits désinfectants, des gants en latex et une astucieuse boîte à deux compartiments pour stocker d’un côté les masques propres et de l’autre ceux usagés. Une offre qu’ABC met en avant dans des PLV dédiées afin de favoriser l’achat d’impulsion.

Entre les grands groupes et les PME, la concurrence est donc en train de fortement s’intensifier sur ces marchés de l’hygiène et de la désinfection, mais les acteurs historiques n’ont pas l’intention de rester spectateurs dans cette bataille. « Nous avons multiplié par six nos capacités de production en gel hydro­alcoolique et par trois nos capacités de production de nettoyants ménagers et de soin du linge », annonce Isabelle Constans, de Sanytol. La marque compte bien rester leader de la désinfection. En plus des normes biocides, elle est en train de faire tester ses produits pour qu’ils répondent à des normes médicales afin de se démarquer et d’apporter une caution supplémentaire quant à leur efficacité et leur innocuité. Sanytol lancera des innovations au second trimestre de cette année. Toute cette émulation devrait engendrer de la croissance à des rayons qui étaient moroses avant la crise. En tout cas, l’offre d’hygiène et de désinfection prendra plus de place dans les linéaires.

Dans les gels, de nouveaux venus prennent du volume
  • + 1 271 % : l’évolution du CA des gels hydroalcooliques,à 82 M €
  • + 1 858 % : l’évolution en volume, à 5 M de litres

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, tous circuits GSA

  • À côté de Mercurochrome et de Sanytol, de nombreuses marques proposent désormais des gels hydroalcooliques.

Classement des principaux vendeurs de gels hydroalcooliques

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, HM + SM
Derrière les MDD et les marques historiques, de nouveaux intervenants, Phébus (Charbonneaux-Brabant) et Énergie Fruit, sont venus s’insérer dans ce classement des principaux pourvoyeurs de gels en 2020.
Les meilleurs lancements
Top 4 des meilleurs lancements en valeur des gels hydroalcooliques au premier semestre 2020 (après trois périodes de commercialisation).

Les meilleurs lancements sur les gels sont le fait de nouveaux acteurs tels Du Monde à la Provence (DMP) et Maison Berger.

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, HM + SM
Les savons liquides ont progressé deux fois plus…

  • + 56 % : l’évolution du chiffre d’affaires des savons liquides, à 170 M €
  • + 42 % : l’évolution en volume, à 44 000 tonnes
Source : Nielsen, CAD à P12 2020, tous circuits GSA
Les MDD dominent
Chiffre d’affaires des principaux acteurs des savons liquides,en M €

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, HM + SM
Les meilleurs lancements
Top 3 des meilleurs lancements en valeur de savons liquides après trois périodes de commercialisation

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, HM + SM
… que les solides, qui ont pourtant fait de belles performances
  • + 22 % : l’évolution du chiffre d’affaires des savons solides, à 84 M €
  • + 21 % : l’évolution en volume, à 12 000 tonnes

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, tous circuits GSA
Le Petit Marseillais en tête
Chiffre d’affaires des principaux acteurs des savons solides, en M €

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, tous circuits GSA
Les meilleurs lancements
Top 3 des meilleurs lancements en valeur de savons solides après trois périodes de commercialisation

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, HM + SM. Il y a eu peu de lancements de savons solides en 2020, c’est pourquoi ce classement de Nielsen intègredes produits lancés en 2019.

  • Les grandes marques d’hygiène telles que Nivea, Le Chat, Le Petit Olivier ou Palmolive ont étoffé leur offre de savons l’an passé. D’autres vont arriver sur le marché en 2021, comme Dop.

Les produits ménagers désinfectants s’envolent

  • + 24 % : l’évolution du chiffre d’affaires des produits ménagers désinfectants, à 415 M €
  • + 19 % : l’évolution en volume, à 173 M de litres

Source : Nielsen, CAD à P12 2020, tous circuits GSA
Les meilleurs lancements
Top 4 des meilleurs lancements en valeurde produits ménagers désinfectants après trois périodes de commercialisation
Source : Nielsen, CAD à P12 2020, HM + SM

De nouvelles allégations contre le Covis-19 
dans les produits d’entretien désinfectants, c’est l’action bactéricide qui est en général mise en avant. L’allégation « Élimine 99,9 % des bactéries » est très répandue. Mais le Covid-19 est un virus, c’est donc l’action virucide de leurs produits que les marques vont maintenant souligner. « Seuls ceux répondant à la norme EN 14476 sont efficaces contre les virus », rappelle Louis-François d’Aoust, directeur marketing catégorie entretien de la maison chez Procter & Gamble. Ce groupe a fait tester plusieurs références de ses marques Mr. Propre et Antikal afin de vérifier leur efficacité contre le Covid-19, à l’instar du Mr. Propre Ultra Power. Unilever a fait de même avec son spray Cif antibactérien où, sur l’étiquette au dos, est maintenant précisée son efficacité sur le coronavirus.

Les masques,un marché à inventer
Depuis que la grande distribution a eu le droit de vendre des masques, ce sont près de 60 millions de packs qui ont été écoulés.La majorité de ces lots sont jetables, sans de véritable marque. Mais le marché présente des opportunités pour les marques nationales,pour peu qu’elles fassent preuve d’inventivité. Dès le printemps,alors qu’il y avait une pénurie mondiale, les spécialistes de la mercerie Prima (LBD) et Style Couture (FDG) ont ainsi lancé des kits pour fabriquer soi-même son masque.Des produits qui sont entrés dans l’offre permanente du linéaire mercerie. ABC Distribution propose, pour sa part,des masques en tissu jetables en tailles enfant et adulte sous sa marque Apoteke. La PME a aussi développé une boîte à deux compartiments permettant de stocker d’un côté desmasques propres et de l’autre ceux usagés.

  • 449 M € : le chiffre d’affaires des masques entre mai 2020 et P12 2020
  • 59 M : le nombre de multipacks écoulés entre mai 2020 et P12 2020

Source : Nielsen, tous circuits GMS
Les stars de la désinfection à la conquête de la France
Lysol, de reckitt-Benckiser,etLifebuoy, d’unilever,sont inconnues en France. Pourtant,au niveau mondial et en particulier dans les pays anglo-saxons,elles son des références en matière de désinfection. Ce sont toutes deux des marques historiques de groupes britanniques nées au XIXe siècle pour lutter contre les épidémies de choléra. «Lifebuoy a été créée par un des frères Lever, l’un des fondateurs d’Unilever. Nous sommes leaders mondiaux en matière d’hygiène et très impliqués dans les programmes à travers le monde pour sensibiliser à l’importance de l’hygiène et notamment du lavage des mains» , explique Caroline Patard, chef des produits capillaires et hygiène de la peau chez Unilever. Chez Lysol,on met en avant l’expertise scientifique. «En juillet, Lysol a été la première marque reconnue par l’Agence américaine de protection environnementale (EPA) comme efficace pour éliminer le virus du Covid-19», souligne Benoît Bucco, directeur marketing hygiene & home che zReckitt-Benckiser.


Des développements inattendus
De nombreuses marques proposent des produits pour aider les consommateurs à seprotéger du Covid-19.Certaines arrivent sur des marchés où elles n’étaient pas forcément attendues. Ainsi, la marque de gants de ménage Mapa a lancé une mousse pour se désinfecter les mains, qui ne contient pas d’alcool. Le spécialiste des produits vaisselle Mira développé, lui, un gel hydroalcoolique qui permet de désinfecter aussi bien ses mains que les poignées de portes. La diversification la plus importante est probablement celle de Kleenex. Le roi des mouchoirs arrive avec une gamme complète comprenant gels hydroalcooliques, lingettes désinfectantes et masques jetables en tailles enfant et adulte.

 

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Article extrait
du magazine N° 2634

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