Les glaces se diversifient pour les fêtes

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Si les Français restent des consommateurs de bûchespour les fêtes de fin d’année, le marché ne se résume plusà cette catégorie de produits. D’autres segmentsse développent et pourraient s’ancrer durablement.

ContemporainePour continuer à surfersur le dynamisme des bûches «?contemporaines?», Nestlé arrive avec une nouvelle gamme Fruits meringués, déclinée en trois parfums?: fruits rouges, citron vert et fruits exotiques.
ContemporainePour continuer à surfersur le dynamisme des bûches «?contemporaines?», Nestlé arrive avec une nouvelle gamme Fruits meringués, déclinée en trois parfums?: fruits rouges, citron vert et fruits exotiques.©Créditphoto

Grande particularité française : la consommation de bûches pour les fêtes de fin d’année. Ancré dans nos habitudes, ce marché, incontournable, est pourtant en berne. En effet, ce segment recule de 5 % en valeur chez les généralistes, et de 3 % en volume sur la période festive, selon Iri. « En revanche, les spécialistes et les freezer centers sont en croissance », confie Jérémy Mangeret, responsable marques chez Nestlé Glaces.

Et si la situation n’est pas au beau fixe en grande distribution, c’est en raison de différents facteurs conjoncturels : une implantation tardive en magasins avec des montées en diffusion plus lentes, moins de promotion et des prix en baisse de 2,5 %. « On assiste à une légère dévalorisation de la catégorie due, en grande partie, à une guerre des prix sur le cœur de gamme. Les deux tiers de cette dévalorisation sont liés à la baisse des prix fond de rayon », constate Sandrine Marckt, chef de produits Pilpa Glaces chez R & R. Par ailleurs, des produits sous licence et positionnés haut de gamme, comme Lanvin, 1848 et Fauchon, ont été pour la plupart arrêtés, accentuant donc ces baisses de résultats.

Multiplier les moments gourmands

Ainsi, pour relancer le marché, les industriels misent sur de nouveaux relais de croissance. « Plus que jamais les consommateurs plébiscitent la glace en fin d’année. Pas seulement avec des bûches, mais aussi avec tous les autres segments, comme les bacs, qui répondent aux différents moments de consommation, et pèsent plus de 55 % des ventes à cette période », note Esther Rojo-Rodriguez, chef de produits Carte d’Or & Viennetta chez Unilever.

Un avis partagé par le glacier et pâtissier Erhard. Ce dernier a donc décidé d’investir sur ses sites de production afin de créer une unité spécialement dédiée à la fabrication de glaces, sorbets et crèmes glacées en vrac à Étupes (Franche-Comté). « C’est une manière de percer de nouveaux marchés, comme l’export et les MDD, et d’intensifier notre production sur les différents segments des glaces », explique Laurence Bieque, responsable marketing.

Place donc cette année à la diversification pour les fabricants. Déjà, l’an passé, des tests avaient été réalisés. Magnum, par exemple, avait créé un nouveau segment, la confiserie glacée ou snacking, avec les Magnum After Dinner, des petites bouchées présentées en coffret. La marque réitère l’expérience en 2014, avec Magnum Mini White, des minibâtonnets avec un enrobage chocolat blanc et chocolat blanc-amande. Magnum mise également sur les bacs, « qui peuvent servir de base de recette à cette période, comme le trou normand ou les desserts festifs », espère Esther Rojo-Rodriguez.

Pilpa s’empare aussi du créneau, avec plus de force cette année, en se concentrant sur les spécialités individuelles ou à partager. « Nous arrivons avec un Vacherin framboise, car il n’y a pas d’offres aujourd’hui à part les MDD. Nous avons modernisé cet incontournable dessert pour toucher des consommateurs à la recherche de produits plus premium », estime Sandrine Marckt. Par ailleurs, la marque enrichit sa gamme de petits pots individuels lancée en 2013, avec trois nouveautés (citron meringué, façon fraisier et suprême au chocolat).

Enfin, Häagen-Dazs relance une édition limitée avec un pot spécial Noël, disponible de septembre à mars en grande distribution : Vanilla & Florentine. « Le pot sera mauve pour le différencier des autres références. Il y aura un plan de soutien en magasins avec des bacs et un merchandising adaptés aux couleurs de cette édition », annonce Céline Hérodin, directrice marketing chez Häagen-Dazs (General Mills). Et, comme chaque année, l’opération GMS est associée au nouveau dessert glacé vendu en boutiques. En effet, la marque s’allie encore une fois à un designer pour concevoir le dessert festif de la saison. Elle a choisi le japonais Nendo afin de créer Le Village, constitué de petites maisons en chocolat. Le produit sera décliné en deux recettes, dont Vanilla & Florentine.

Relever les classiques

Mais si les efforts ont été déployés cette année plus particulièrement sur les nouveaux segments, les bûches – qui représentent tout de même 50 % des ventes du rayon pour les fêtes de fin d’année –, ne sont pas non plus délaissées. Les marques se sont concentrées sur les produits consensuels, familiaux, dits classiques, et sur la catégorie premium, plus élaborée, appelée contemporaine. Nestlé se positionne plus précisément sur cette dernière. « Nous sommes arrivés sur cette catégorie il y a deux ans, avec Inspiration pâtissière, lors de l’arrêt de nos bûches sous licence. Cette année, nous enrichissons cette gamme et en lançons une nouvelle : Fruits meringués, déclinée en trois parfums », détaille Jérémy Mangeret.

Chez Pilpa (R & R) et Carte d’Or (Unilever), des nouvelles références font également leurs entrées sur les deux catégories. Avec ce travail de diversification, tout en maintenant les piliers, les fabricants espèrent dynamiser le segment des glaces de Noël. Si l’abandon des bûches n’est pas à l’ordre du jour, le marché des produits de fin d’année est en pleine mutation. La transition sera-t-elle éphémère ou pérenne ? À voir dans les prochaines années.

Les bûches restent inconditionnelles À NOËL

Poids des ventes en valeur, en %, des segments des glaces en décembre 2013, HM + SMSource : Iri ; origine : fabricants

Si la bûche est le dessert par excellence pourles festivités, les autres segments des glaces pèsent dans la balance. Une des raisons pour lesquelles les fabricants n’innovent pas quesur les bûches.

37,5

millions d’euros

Le CA des glaces festives du 11.11.13 au 12.01.14, à - 5 %

- 3 %

Le poids en volume, à 7,6 M l

Source : Iri ; origine : fabricants

 

 

88 %

La part des ventes en valeur réalisées grâce à l’innovation sur les produits de fin d’année (PFA), en 2013

30 %

La part de marchéen volume des MDDsur les PFA, en HM

Source : Nielsen ; origine : fabricants

Erhard optimise sa production

Pour percer de nouveaux marchés à l’export et accélérer la production de MDD, Erhard vient d’investir dans la construction d’un site pour la production de glaces, sorbets et crèmes glacées en vrac, à Étupes (25). Ainsi, le site ancestral, à Masevaux (68), va être désormais uniquement dédié à la fabrication de desserts glacés (spécialités individuelles et à partager).

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Article extrait
du magazine N° 2333

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