Les grandes ambitions de Doctissimo dans les médicaments

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Avec Doctipharma, Doctissimo se dote d’un site de vente de médicaments sans prescription obligatoire et de produits de parapharmacie. Les officines y vendent en direct leurs produits, profitant du savoir-faire digital de cet expert des questions de santé.

C’était le dernier bastion à résister à l’appel de l’e-commerce. Pour des questions légales levées en décembre 2012, la vente de médicaments en ligne n’était pas possible, sauf à passer par des sites étrangers et risquer d’acheter des contrefaçons. Depuis, le débat fait rage entre les pharmaciens et les grands distributeurs, comme E.Leclerc, pour élargir encore ce périmètre. En donnant la possibilité à des pharmaciens d’ouvrir leur boutique en ligne via Doctipharma, le site édité par Doctissimo (filiale du groupe Lagardère Active) rejoint les 112 sites déjà existants et référencés par l’Ordre des pharmaciens, mais se place surtout en bonne position pour s’assurer à court terme une belle part d’un marché gigantesque et encore balbutiant en France.

Un marché en train de naître

Chaque officine n’a le droit d’ouvrir qu’une seule boutique en ligne et doit choisir un prestataire, les investissements étant souvent trop importants pour les assumer seule. Doctipharma dénombre sept partenaires à ce jour et ne compte pas s’arrêter là : « Notre objectif est de mailler le territoire national et d’atteindre les 10% des 2 200 officines françaises comme clientes d’ici à cinq ans, explique Stéphanie Barré, directrice générale du site. À ce jour, seuls 2% du marché passent par le commerce électronique en France, mais ce chiffre atteint déjà 8 à 10% en Allemagne ou au Royaume-Uni, deux pays où ce système est implanté depuis déjà plusieurs années. »

Des pharmaciens courtisés

La bataille entre les plates-formes pour séduire les pharmaciens fait rage. Elle s’opère sur le mode de rémunération et les services. Le modèle est classique chez Doctipharma et ressemble à celui développé par les places de marché, qui consiste à prélever une rémunération variable en fonction du volume d’affaires et un abonnement fixe mensuel pour l’utilisation des outils techniques. Côté services, en revanche, Doctipharma ne se mouille pas. Les livraisons sont directement assurées par les officines qui peuvent choisir de mettre en place un système de click & collect pour récupérer leurs médicaments. Des concurrents, comme 1001 Pharmacies, vont déjà plus loin en proposant un service de livraison express sur Paris en moins de quatre heures, assumant ainsi une partie logistique cruciale aux yeux des consommateurs.

Reste à savoir comment Doctipharma va s’articuler avec Doctissimo, qui génère près de 10 millions de visiteurs uniques tous les mois. Impossible de créer des liens trop prédictifs, le cadre législatif prohibant toute forme de publicité pour les médicaments. Pour l’instant, un renvoi discret se situe sur la page d’accueil. D’autres liens plus francs doivent se créer, au risque de faire apparaître l’objectif de 2 200 clients d’ici à 2019 comme trop ambitieux.

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Article extrait
du magazine N° 2313

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