Les grandes marques craignent d’être discriminées au profit des PME

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Les membres du très select Institut de liaison et d’études des industries de  consommation (Ilec), le lobby des grandes marques en France, s’inquiètent d’une possible « discrimination » au profit des PME. Pas sûr que cette posture ne convainque l’opinion !

Desforges-Olivier

Le monde à l’envers. Les gros et grands qui s’alarment d’éventuelles faveurs faites aux petits ! Après les déclarations de Serge Papin, président de Système U, en octobre dernier durant la conférence de LSA consacrée aux négociations commerciales, et celle de Michel-Edouard Leclerc, président de l’enseigne éponyme, le 6 décembre sur Europe 1, appelant chacun à leur façon à mieux protéger les PME française en leur accordant une sorte de traitement de faveur, les grandes marques s’inquiètent ouvertement des conséquences que cette bienveillance supposée aurait sur leur activité et l’économie. Dans un communiqué publié ce jeudi 13 décembre, l’Institut de liaison et d’études des industries de  consommation (Ilec), le lobby qui réunit notamment Nestlé, Danone, L’Oréal, Procter & Gamble, Unilever et une quinzaine d’autres très grandes marques du secteur de la grande consommation, indique craindre que « en vue de diviser pour régner, les distributeurs qui disposent d’une énorme puissance d’achat discriminent les grandes marques », estimant que c’est «  toute l’économie de la consommation qui en souffrira, les distributeurs compris ».

Leclerc met le feu aux poudres

Ce sont notamment les dernières propositions de Leclerc, indiquant vouloir accepter et compenser les hausses des matières premières qui touchent les PME (de moins de 50 ME de CA) sur les propres marges de l’enseigne et réduire pour ces entreprises les délais de paiement d’une dizaine de jours, qui ont fait sortir l’Ilec de sa réserve. Selon l’association, Michel-Edouard Leclerc affirme ainsi « en vue de favoriser les PME, sa volonté de négocier plus durement encore avec les fournisseurs les plus importants. Il indique, en particulier, vouloir limiter à 1 % l’inflation tous fabricants confondus. Il sous-entend que tout l’effort devrait venir des grandes marques, méconnaissant que celles-ci, comme le reste de l’économie, sont confrontées aux effets, outre de l’instabilité des prix des matières premières, d’un choc fiscal sans précédent. »

Les marques favorisent les PME ?

Ce faisant, Leclerc ferait courir un grand danger au secteur de l’agroalimentaire estime l’Institut de liaison et d’études des industries de  consommation pour qui cette activité « est tirée par les marques et surtout les grandes marques. Les PME ne souffrent pas quand, dans une catégorie, la grande marque innove, invente, tire le marché. Au contraire, c’est toute la catégorie qui progresse. » Et Olivier Desforges, président de l'Ilec, de conclure que « Les grandes marques  entendent, dans leurs relations avec leurs grands clients, être traitées de façon équitable, dans le respect du droit, et non pas être prises en otages dans l’affrontement concurrentiel entre les distributeurs auquel elles n’entendent pas prendre part. » Pas sûr que les arguments avancés par des marques  commercialisées la plupart du temps par de grandes entreprises multinationales n’émeuvent les pouvoirs publics et encore moins l’opinion. Mais ce communiqué a au moins le mérite de souligner que ça chauffe dans les box de négociation en ce moment !

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