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Alors que le Salon de l'agriculture n'ouvrira pas ses portes cette année, LSA est parti à la rencontre du monde agricole. Onze dirigeants de l'industrie des produits de grande consommation nous ont emmenés chez des agriculteurs dont ils sont partenaires. Troisième épisode avec Mouton Cadet, qui apporte un soutien technique et environnemental précieux à ses partenaires viticulteurs.
Vendredi 22 janvier. Entre deux averses, le soleil pointe, ce qui fait briller le bois des vignes de la famille Mas. Aurélien et sa mère, Caroline, veillent sur 30 hectares de l’appellation castillon-côtes-de-bordeaux. À part l’élevage de lapins, l’exploitation de Puisseguin, à une heure de Bordeaux en direction de Périgueux, est dédiée aux rangs de vignes qui entourent le château des Faures. C’est en 1977 que Caroline et son mari, Roland, ont eu le coup de cœur pour cette propriété en pierres blanches et son « magnifique » terroir. Un adjectif approuvé par Véronique Hombroekx, directrice générale depuis 2018 des vins de marque de Baron Philippe de Rothschild (BPhR).
Parmi elles, Mouton Cadet, le bordeaux le plus vendu au monde. Le lien entre les Mas est tout trouvé : ils font partie des 250 vignerons partenaires de cette signature, depuis 1998. À l’époque, Roland Mas avait fait ce choix pour sécuriser ses revenus. Avant, il vendait son vin au coup par coup à des négociants qui, certaines années, ne lui achetaient rien. Une situation très inconfortable.
Éviter le yo-yo des prix
A contrario, Mouton Cadet, marque aux dix millions de cols, fidélise ses vignerons avec un contrat de trois ans renouvelable. Et puis, elle rémunère ses partenaires sans se référer aux cours du vrac, un vrai yo-yo à Bordeaux. L’an dernier, celui-ci est tombé si bas qu’il ne couvrait pas les frais fixes. « Notre prix tient compte du coût de production à la vigne et au chai, de la qualité des vins élaborés et des terroirs. En appellation bordeaux, ce prix est supérieur à celui du marché du vrac. C’est l’une des raisons qui font que nous ne saurions vendre un bordeaux à 5 € », analyse Véronique Hombroekx. Autant dire que les partenaires viticulteurs de Mouton Cadet ont vu passer la loi Egalim sur avec un certain détachement...
Au-delà de la rémunération, Mouton Cadet apporte aussi un soutien technique pointu. « Lors des vendanges, Andrea (œnologue de la marque, NDLR) passe tous les deux jours. Il nous accompagne de la taille de la vigne jusqu’au chai. Andrea fait partie de notre famille ! », assure Caroline Mas. « Pour nous qui sommes tout petits, c’est réconfortant de pouvoir échanger avec des experts qui suivent les évolutions du métier », complète son fils.
Et puis, sans fanfaronner, Mouton Cadet avance sur les sujets environnementaux. « Dès le millésime 2018, nous avons parlé de la labellisation HVE (Haute Valeur environnementale, NDLR) à nos vignerons », détaillent Véronique Hombroekx et Philippe Degrendel, directeur des opérations marques de BPhR. Aujourd’hui, la signature numéro un des bordeaux en valeur en GMS appose le label HVE sur toutes les bouteilles qui sortent du centre vinicole Mouton Cadet, à Saint-Laurent-Médoc (33).
Et la signature a précisé ses engagements sur une charte : restriction drastique de l’usage des produits phytosanitaires et interdiction d’avoir recours à des CMR (agents chimiques classés cancérigènes, mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction) en font partie. La marque finance des programmes de recherche sur les alternatives aux « phytos » de synthèse. Pour symboliser cette démarche, Mouton Cadet a placé des ruches dans les vignes de ses partenaires. Les abeilles fournissent du miel d’acacia, le bois qui sert à fabriquer des piquets de vigne. Aurélien Mas, qui vend 90 % de sa production à BPhR, a été l’un des premiers à se conformer au label HVE. Comme ceux des 249 autres partenaires, ses vins partent en juillet, soit neuf mois après les vendanges, vers la cuverie de Mouton Cadet. Les nectars sont ensuite assemblés pour atteindre le niveau qualitatif de cette signature, sorte de petit frère du grand cru, Mouton Rothschild.
Une communauté avertie
Reste qu’un vigneron peut se sentir isolé dans ses vignes. Alors, depuis peu, Mouton Cadet fédère sa communauté. Outre une fête qui les réunit tous – la première en 2018 –, une application existe pour informer des actualités de la maison, des articles parus dans la presse et pour diffuser un bulletin de santé des vignes. Un épisode de mildiou s’annonce-t-il ? Un autre de grêle ? Une notification alerte les viticulteurs. « C’est un service précieux », pour Aurélien Mas.
On sent que Mouton Cadet assure du confort aux Mas. Regrettent-ils de ne pas maîtriser leur vin jusqu’au bout ? « Pas du tout ! Aujourd’hui, la vente est un métier difficile », réagit Caroline. Pour autant, ils ne perdent pas le fil avec le marché et ses évolutions. Ils embouteillent 10 % de leur production qu’ils commercialisent à des fidèles. Mais aussi aux visiteurs qui séjournent dans l’une de leurs chambres d’hôtes. Souvent étrangers, ils ne connaissent pas leur marque de vin nommée M, Château des Faures. Alors, Caroline Mas leur glisse qu’une bonne partie part chez Mouton Cadet. Une marque qui les interpelle toujours favorablement.
Sylvie Leboulenger, à Puisseguin
- CA 2020 : NC
- 380 salariés
- Principaux vins de marque : Mouton Cadet (Bordeaux), Cadet d’Oc (Languedoc), Escudo Rojo, Mas Andes, Mapu (Chili)
- 250 viticulteurs pour Mouton Cadet, 1 500 hectares de vignes
- Puisseguin (Gironde)
- 30 hectaresde vignes
- Label HVE
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