Les industriels de l'alimentaire exaspérés par le "food bashing"

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L'Association nationale des industries alimentaires (Ania) veut réagir au "food bashing", la mise en cause des produits alimentaires ou de leurs ingrédients, qui devient permanente dans les médias. Dernière en date, l'OMS qui a déclaré la viande rouge "cancérogène". Une "consultation citoyenne" va être lancée devant déboucher sur un "pacte alimentaire". 

Dans un document rendu public le 26 octobre 2015, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le classement de la viande rouge comme "probablement" cancérogène pour l’Homme. Exaspérée, l'Ania s'élève contre le "food bashing".
Dans un document rendu public le 26 octobre 2015, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le classement de la viande rouge comme "probablement" cancérogène pour l’Homme. Exaspérée, l'Ania s'élève contre le "food bashing".© Bernd Jürgens - Fotolia.com

Les industriels de l'alimentaire n'en peuvent plus des accusations de fraudes, malbouffe ou conséquences de l'alimentation pour la santé qui se répandent dans les journaux, émissions de télévision... Halte au "food bashing", c'est le message que veut porter l'Ania, l'association nationale qui les représente. "Nous n'en pouvons plus de la condamnation permanente de l'industrie alimentaire, alors que nous avons la meilleure sécurité sanitaire du monde, fustige Jean-Philippe Girard. L'accusation de l'Organisation mondiale de la santé déclarant que la viande rouge est cancérogène, c'est anormal. Elle est d'ailleurs revenue rapidement sur ses déclarations, en précisant que l'excès pourrait s'avérer cancérogène. Et pour la première fois, nous avons vu une réaction, de ras le bol, de nombreux citoyens. Les ministres de la Santé, Marisol Touraine, et de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, ont également réagi. Mais trop souvent, le mal est fait". 

Mise en accusation permanente

L'Ania a listé les causes de ce "food bashing" permanent : les fraudes, qui existent de temps en temps, "mais depuis l'affaire de la viande de cheval, tous les industriels ont revisité leur amont pour sécuriser les produits et leur activité". Ces scandales sont des cas isolés mais nuisent à toute l'industrie. Autre cause, la "cacophonie nutritionnelle", qui nuit à l'image de l'alimentation. "La nutrition, c'est une partie de l'alimentation, mais pas seulement", soutient Jean-Philippe Girard, pour qui l'industrie elle-même, trop fermée, nourrit la suspicion :  "Il faudrait que nous soyons plus ouverts, certains sites industriels parmi les plus récents ont été pensés pour accueillir du public". Dernière raison : la méfiance entretenue sur la qualité des aliments, qui relève d'une défiance plus globale des personnes dans la société actuelle. 

Lancement d'une consultation citoyenne

Pour ne pas se laisser enfermer dans cette situation, l'Ania va lancer une "grande consultation citoyenne" sur ce qu'attendent les Français et matière d'alimentation. Quelque 10 000 personnes seront consultées, sur une période de six mois. Qualité et variété de l'offre, préférence alimentaire, critères d'achat, information : "La consultation sera l'opportunité pour les Français de dire ce qu'ils attendent de leur industrie alimentaire", selon l'Ania. A la suite de quoi sera proposé un pacte alimentaire, promettant de "répondre à leurs exigences". Dans le but de ne pas rester inerte face au "food bashing", en quelque sorte. Pour rappel, l'industrie alimentaire pèse 157,6 milliards de chiffre d'affaires...

1 commentaire

jmarcde

04/06/2017 16h50 - jmarcde

La plupart des gens ne ce soucis guère de la santé puisque assujettis a l'assurance maladie. Pour ma part, je ne consomme pas de viande. Il est d'une grande importance que la masse prenne conscience de la nécessité de manger sainement.

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