Marchés

Les industriels jouent le jeu de la qualité nutritionnelle selon Oqali

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Selon quatre études publiées par Oqali, qui a pour mission d'exercer un suivi global de l'offre alimentaire sur le marché français en mesurant l'évolution de la qualité nutritionnelle (composition nutritionnelle et informations sur les étiquetages), les industriels de l’alimentaire jouent de plus en plus le jeu dans ces domaines.

Jean rené Buisson

Dans les céréales « équilibre », par exemple, la teneur en sodium a chuté de 27 % en trois ans et le taux de sucre pour les gâteaux fourrés a baissé dans le même temps de 7 %. En matière d’information sur les ingrédients, qui deviendra obligatoire en 2014, les choses avancent également, « même s’il manque encore des précisions sur l’origine des matières grasses », note une des synthèses, qui évoque une « forte diminution de l’aspartame » dans la composition des boissons.

Allégations en baisse

Le nombre d’allégations nutritionnelles ou de santé ont également baissé, au projet d’un meilleur étiquetage nutritionnel, même si les deux concepts semblent encore en voie d’évolution. « L’allégation nutritionnelle serait souvent de nature à exonérer l’information nutritionnelle et vice versa », indique en substance les études. Les marques défendraient plus souvent les allégations nutritionnelles, les mdd et les premiers prix les indications nutritionnelles. Enfin, en matière de sodium, « il s’agit du nutriment impactant le plus grand nombre d’aliments transformés. Une réduction via des chartes d’engagement des professionnels permettrait une réduction de 1% des apports journaliers », note une des études. Quelque 30 chartes d’engagement ont été signées par des fédérations d’industriels. Les études ont été menées par l’Anses et l’Inra pour Oquali.

Fourchette basse

L’organisme reconnaît lui-même que les résultats de ces études présentent des « fourchettes basses » de l’évolution de la composition des aliments. « Elles ne couvrent que uniquement l’impact des reformulations faisant l’objet de chartes d’engagements volontaires. Il s’agit donc d’une fourchette basse de l’impact réel de toutes les reformulations mises en oeuvre par les professionnels depuis plusieurs années. De plus, la part de marché des références faisant l’objet de chartes d’engagements constitue un des facteurs limitant l’ampleur des variations d’apports et leur significativité. Ainsi, la mise en place, d’une part de nouvelles chartes individuelles PNNS et d’autre part d’accords collectifs prévus dans le cadre du Programme National pour l’Alimentation (PNA) et qui concernent des engagements pris par des filières entières, pour lesquels les parts de marché seront plus élevées que celles relatives aux engagements pris par des entreprises isolées, constituent deux perspectives très intéressantes », indique Oqali.

30 charges d'engagement volontaire

L'Observatoire de l’alimentation exerce toutefois, grâce à sa section nutritionnelle (Oqali), un suivi global de la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire, puisque plus de 20 000 produits de l’agroalimentaire sont répertoriés. Ces résultats ont réjoui Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires. Par voie de communiqué, il indique que les reformulations de produits issues des 30 chartes de progrès signées de façon volontaire par les entreprises de l'alimentaire avec le Ministère de la Santé, ont permis d'améliorer la situation nutritionnelle des populations les plus à risque d'excès ou d'insuffisance d'apport, mais aussi des populations ayant un niveau socioéconomique bas.

"L'épidémie d'obésité marque le pas"

« Ces premiers résultats sont très encourageants et font la preuve que la méthode partenariale – malheureusement encore trop souvent contestée - est pourtant efficace. Il faut donner du temps au temps et accepter qu'il s'agit d'une démarche au long cours, de petits pas, avec un impact réel et pérenne dans la consommation et dans les habitudes alimentaires des Français. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, et ce n'est pas un pur hasard si l'épidémie d'obésité marque le pas en France », ajoute Jean-René Buisson. 

L'impulsion du gouvernement

L’étude tombe également à point alors que le ministre délégué à l’agroalimentaire, Guillaume Garot, doit réunir les professionnels dans les prochains jours sur les ingrédients, afin de les inciter à poursuivre les efforts de reformulation – ou à les entreprendre, pour les industriels ou les distributeurs (pour leurs marques propres) qui ne se seraient pas encore suffisamment penchés sur le sujet. Les industriels doivent aussi avoir en tête que le gouvernement travaille à une nouvelle loi sur la santé qui pourrait toucher fiscalement certains produits, comme la taxe Nutella, évitée de justesse lors du PLFSS, mais que le gouvernement garde sous le coude pour le futur.

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