Marchés

Les industriels toujours inquiets des résultats des négociations commerciales

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Les industriels des produits de grande consommation craignent beaucoup les prochaines semaines pour les négociations commerciales, qui seraient au point mort, malgré les annonces de certains distributeurs comme Leclerc de boucler des dossiers, notamment avec les PME au 31 décembre.

Les négociations commerciales se heurtent au contexte macroéconomique
Les négociations commerciales se heurtent au contexte macroéconomique

Les peurs ne sont pas irrationnelles. « Je n’ai jamais vu des positions aussi dures de la part des distributeurs, ils bloquent toute hausse de tarifs alors que nos coûts de revient sont de plus en plus élevés », indique un industriel. Il faut dire que les chiffres pour 2013 ne sont guère annonciateurs de croissance de la consommation. Au contraire, elle continue de baisser en volume global selon l’Insee (-0,2 %), la France s’oriente vers une croissance zéro, les prix à la consommation n’augmentent plus que de 1 % en grande distribution malgré la hausse des matières premières (+02 % en novembre) le pouvoir d’achat s’érode avec un rythme de 1500 chômeurs chaque mois en plus et le smic a été quasiment bloqué par le gouvernement pour cause de compétitivité.

Arbitrages saignants en perspective

On pourrait même y ajouter l’envolée des dépenses contraintes (énergie surtout) et de la fiscalité, tant sur les entreprises que les ménages. Du coup, les arbitrages des consommateurs dans les linéaires risquent d’être saignants. « Nous observons déjà une augmentation des achats de marques de distributeurs, observait Jacques Creyssel, la semaine dernière, devant les députés. Les négociations se passent normalement, comme à l’habitude. Mais attention de ne pas fragiliser les enseignes, en se basant par exemples sur les difficultés que rencontrent la volaille et la charcuterie. Ce sont souvent les premiers employeurs dans vos circonscriptions, et les seuls à employer des jeunes non qualifiés. L’an dernier, pour la première fois, notre secteur a perdu 2 % de ses effectifs, c’est à dire 12.000 emplois. On dit que les négos sont bloquées. Elles ne le sont absolument pas, elles sont en cours et elles doivent se terminer d’ici fin février même s’il y a eu des annonces comme chaque année que tout allait être fini fin décembre ».  

Demande de baisse des prix de 5 à 10 %

Mais du côté des fournisseurs, c’est plutôt du blocage des tarifs et des plans d’affaires qu’il s’agit. Alexander Law, directeur des affaires économiques de l’Ania a évoqué des demandes de baisses de prix de « 5à 10 % », Philippe Mangin, président de Coop de France, a dénoncé les « demandes de garanties de marges et l’obligation de compenser les pertes de marges de 2012 avant toute négociation pour 2013 ». L’Ilec, qui représente les plus grandes sociétés de grande consommation, s’alarme de devoir faire les frais des annonces des enseignes en faveur des PME (Leclerc notamment, qui a promis une réduction des délais de paiment de 10 jours pour les sociétés réalisant moins de 50 millions d’euros et des hausses de prix correspondant aux coûts de revient des matières premières).

Entreprises en difficulté

A la FNSEA, Xavier Beulin s’énerve quand les distributeurs évoquent la nécessité d’une péréquation des prix entre les céréaliers et les éleveurs et veut absolument que la grande distribution acceptent des hausses de tarifs pour la viande de bœuf, de porc et la volaille et tous les produits impactés par la hausse des matières premières, soulignant que des grandes entreprises « très grosses pourvoyeuses de main d’œuvre » sont très grande difficulté.  De quoi tendre les relations commerciales de toute part. Le tout sur fond de modification probable de la LME qui risque de provoquer les surenchères. La distribution a tout lieu de craindre une forte intervention de l’Etat. La loi Lurel pour l’outre-mer, particulièrement intrusive dans le domaine des relations commerciales et des prix, a déjà donné un signal, même si Jacques Creyssel estime qu’elle est contraire à la constitution.

Une loi Hamon à hauts risques

Or, la Loi Hamon sur la consommation va bientôt être présentée et la rumeur court selon laquelle, dans le domaine des pratiques restrictives de concurrence (abus de dépendance économique) et les délais de paiement, la DGCCFRF pourrait se voir dotée d’un pouvoir de sanction de 375 000 euros pour chaque contrat jugé non conforme entre une enseigne et un fournisseur. Ce système se substituerait aux assignations devant les juges (comme les fameuses assignations Novelli) qui mettent des années à être jugées. Les négociations sont donc sous très haute tension.

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