Les jeunes diplômés voient la vie (pr esque) en rose

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C'est une étude étonnante que celle de Deloitte réalisée en janvier auprès de jeunes diplômés, en poste, qui se disent motivés, bien accueillis et valorisés par leur management. Mais ceux qui n'ont pas encore de travail se montrent plus inquiets, diplôme ne rimant plus nécessairement avec emploi.

MÉTHODOLOGIE

Deloitte et l'Ifop ont sondé 1001 jeunes, titulaires d'un diplôme de niveau bac à bac + 5 depuis moins de trois ans et en poste ou en recherche d'emploi dans le secteur privé, du 4 au 13 janvier 2012

Les enseignes les chouchoutent, les jeunes diplômés le leur rendent bien ! À lire la dernière étude sur les attentes des jeunes réalisée par Deloitte, cette génération qui entre sur le marché du travail se sent plutôt bien. Même si une minorité relative (43%) juge que son emploi est avant tout un moyen de gagner de l'argent, 26 % estiment que leur travail est une source d'épanouissement personnel. « Au fond, ils sont réalistes, ni trop optimistes ni complètement défaitistes », explique Jean-Marc Mickeler, associé chez Deloitte, qui a dirigé l'étude.

Côté optimisme, ces enfants gâtés, puisqu'ils sont bien armés face au marché du travail - avec des diplômes qui vont du bac à bac +5 -, partent en confiance. Enfin presque, car un peu plus de la moitié (52%) disent se méfier des employeurs dans le commerce. Un chiffre bien moins important que la défiance globale, qui atteint 58% tous secteurs confondus (industrie, hôtellerie et restauration). Le regard des jeunes diplômés sur le monde du travail diffère évidemment selon leur place, dedans ou dehors.

 

Un accueil et une intégration réussis...

S'ils ont réussi à se faire embaucher, leur jugement est très laudatif, y compris dans le secteur du commerce, contrairement aux idées reçues. On leur laisserait peu de marge de manoeuvre ? Plus des trois quarts (84%) trouvent que l'entreprise leur donne de l'autonomie. On ne leur fait pas confiance ? 77% assurent le contraire. Ils ne se voient pas confier assez de responsabilités ? 75% estiment que leur employeur les responsabilise, et 70% qu'il encourage leurs initiatives. Valorisés, écoutés, récompensés même, ces jeunes sont très (trop?) positifs à l'égard de leur management.

Il faut dire que les enseignes de distribution multiplient les programmes pour fidéliser ces têtes bien faites. « C'est vrai que le management est plébiscité dans cette enquête, souligne Frédéric Micheau, directeur adjoint de l'Ifop, qui a participé à l'étude. Mais ce sont aussi ceux qui sont dans la place et qui viennent d'être embauchés qui font preuve d'enthousiasme. »

Il faut dire que les employeurs les bichonnent, y compris dans le commerce. Casino prévoit, pour chaque nouvel entrant, un stage d'intégration animé par un patron de business unit, ainsi qu'un petit déjeuner avec un membre du comité exécutif. Un portail internet leur est également dédié, et, si tout se passe bien, les recrues arrivent à la tête d'une direction régionale - qui chapeaute huit à dix points de vente - dans un délai de trois ans. Même célérité chez Carrefour, qui a mis en place un « Graduate Program ». Après en avoir bouclé trois, l'enseigne en a créé un quatrième à la rentrée 2011 pour former ses futurs dirigeants.

Le diplôme n'est pas le seul sésame pour l'emploi, les jeunes en sont bien conscients. Ainsi, 53% comptent aussi sur leurs expériences de stages et leur réseau personnel. Seulement 4% disent utiliser les réseaux sociaux, preuve de leur émergence ou de leur efficacité encore limitée en la matière.

Pour les autres, ceux du « dehors », l'enthousiasme est moins évident et le défaitisme plus perceptible. À tel point qu'ils ne se font guère d'illusions : 51% considèrent que leurs chances de trouver un emploi dans les six prochains mois ne sont pas élevées. Une inquiétude qui croît paradoxalement avec le nombre de diplômes. Ainsi, ils sont 36% issus de grandes écoles à juger que la recherche d'un travail est une vraie galère, contre 27% des détenteurs d'une licence.

 

... mais un recrutement à revoir

Plus intéressante, l'opinion des jeunes à l'égard des méthodes de recrutement. 76% les jugent déstabilisantes et estiment qu'elles prennent trop en compte le CV et pas assez la personnalité des candidats (77%). A contrario, 40% trouvent qu'elles ne leur permettent pas de montrer leurs vraies compétences. Réalistes, les jeunes ne s'attendent plus à ce qu'un diplôme permette de choisir un poste, voire même d'en décrocher un, ni même qu'il soit bien payé. Et ce n'est pas l'élection présidentielle qui va changer la donne ! 73% sont convaincus que le nouveau président de la République n'améliorera pas la situation de l'emploi des jeunes diplômés.

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Article extrait
du magazine N° 2216

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