Les leaders de la distribution sur le chemin de la croissance

Les 250 premiers distributeurs mondiaux ont profité de l'embellie de l'année 2010 pour repartir de l'avant. Si la crise a laissé des traces chez certains d'entre eux, elle a permis à d'autres de tirer leur épingle du jeu. Tel est le bilan de la 15e édition du palmarès réalisé par le cabinet Deloitte.

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Les tendances

Après deux années difficiles, la période 2010-2011 a été marquée par un regain de croissance.

- Les groupes de taille moyenne progressent plus rapidement que le top 10.

- L'internationalisation est à l'ordre du jour. Même les grands distributeurs américains sortent de leur isolement.

- Les champions des pays émergents poursuivent leur montée en puissance. - Les positions bougent avec quatorze nouveaux entrants et Walgreens qui accède au top 10.

Méthodologie

Palmarès établi par le cabinet d'audit Deloitte des 250 premiers distributeurs, selon le critère du chiffre d'affaires converti en dollars sur leur exercice 2010-2011 (exercices clos entre le 1.7.10 et le 30.6.11). Les croissances sont calculées en devises locales pour limiter les effets de change. Données groupes estimations et sources diverses. Pour les sociétés multiactives, seul le chiffre d'affaires distribution a été retenu..

Les chiffres à retenir

3 940 Mrds $

Le chiffre d'affaires des 250 leaders mondiaux de la distribution en 2010-2011

+ 5,3%

La hausse des ventes des 250 leaders mondiaux par rapport à 2009-2010 (versus + 1,3% l'année précédente)

3,8%

En moyenne, la marge bénéficiaire nette des 250 leaders (en hausse de 0,7 point)

3,3 Mrds $

La taille minimale pour appartenir au top 250 en 2010-2011

29,4%

La part des ventes réalisée par le top 10, en recul de 0,6 point par rapport à 2009-2010

3%

La marge bénéficiaire du top 10 (en baisse de 0,1 point)

421,8 Mrds $

Le chiffre d'affaires de l'indétrônable Wal-Mart, le n° 1, soit 3,5 fois plus que Carrefour, deuxième

9,5%

La part des ventes réalisées par les entreprises françaises dans le top 250

+ 7,4%

La croissance des enseignes de prêt-à-porter du top 250, avec 38 sociétés contre 35 en 2009

23,4%

La part du chiffre d'affaires que les 250 leaders réalisent hors de leurs frontières d'origines

Source : Deloitte

L'Europe est malade, c'est entendu. La consom-mation ? Apoplectique ! Les finances ? Au fond du trou ! Quand on leur demande de faire « AAA », elles disent «AA »... La fin du monde est-elle pour demain ? Pas si vite ! Le classement des 250 leaders mondiaux de la distribution, réalisé par le cabinet Deloitte, montre qu'il reste de nombreuses opportunités à saisir pour les groupes dynamiques, pour peu qu'ils aient su se remettre en question dès le début de la crise.

 

Champions inhabituels

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Entre juillet 2010 et juin 2011, la période sur laquelle porte cette enquête, les Wal-Mart, Carrefour, Apple Store et autres enseignes ont vu leurs ventes augmenter de 5,3% en moyenne, pour un volume total de 3 940 milliards de dollars (environ 3 110 milliards d'euros). La marge bénéficiaire nette ? Légèrement inférieure à 4%. Pas de quoi crier famine... C'est l'un des principaux enseignements de cette étude, l'exercice 2010-2011 a été marqué par un retour de la croissance du chiffre d'affaires, après une année 2009 franchement difficile.

Mais cette croissance n'a pas profité aux champions habituels. « La taille n'est plus synonyme d'avantage concurrentiel systématique, analyse Antoine de Riedmatten, associé chez Deloitte, qui a dirigé l'étude. Avant, les dix plus gros étaient aussi les plus performants. Avec l'environnement actuel, les plus petits, les plus agiles, sont devenus plus efficaces. » Ainsi, les ventes cumulées du top 10 ont connu une croissance de 3 %. Wal-Mart, qui en représente 36% avec 422 milliards de dollars (environ 333 milliards d'euros) de chiffre d'affaires, a donné le ton avec une croissance de 3,4%, empêtré dans un marché domestique en stagnation. Mais si l'on étend la sélection aux 50 premiers du classement, la croissance moyenne passe à 4,6%.

Résultat, le top 250 a connu quelques changements. D'abord, pour la première fois depuis 2007, un nouveau venu s'est fait une place parmi les dix premiers. L'américain Walgreens arrive directement à la neuvième place (72,2 milliards de dollars, soit 57 milliards d'euros, de chiffre d'affaires, sur l'ensemble de l'année 2011). Inconnue en France, cette enseigne, forte de plus de 8 000 magasins aux États-Unis, s'est bâti un empire dans un secteur original. « Ce sont des gens qui réussissent depuis des années en reproduisant le modèle de l'alimentaire dans le secteur de la pharmacie, explique Antoine de Riedmatten. Ils ont effectué un gros travail de différenciation avec des magasins premium et low cost, des médicaments génériques premiers prix, ou en conditionnements économiques, mais aussi des marques de laboratoires. » Dans un mélange des genres difficile à imaginer en France, Walgreens vend aussi dans ses boutiques de 500 m2, en moyenne, des suppléments alimentaires, des équipements médicaux... ou des sextoys.

 

Hors frontières

 

Mais aux États-Unis, comme dans les autres pays riches, l'atonie des marchés locaux a accéléré la course à l'internationalisation. « La distribution est un secteur où la croissance des ventes est obligatoire pour améliorer la marge, indique l'associé du cabinet Deloitte. Donc tout le monde va à l'international, avec une prédominance pour l'Asie, hors Japon. » Au total, 40 groupes se sont aventurés pour la première fois en dehors de leurs frontières.

Et la France ? Elle va bien, merci. Avec treize champions, elle est le cinquième « fournisseur » du classement, derrière les États-Unis (81) et le Japon (38), juste après l'Allemagne (19) et le Royaume-Uni (15), mais devant le Canada (10), l'Espagne (4) et l'Italie (4). Certaines enseignes affichent de belles performances. Le groupe E.Leclerc (23e) a vu ses ventes augmenter de 5,4%, à 41 milliards de dollars (essence comprise), Vivarte (198e) a progressé de 4,1% à 4,2 milliards, les Galeries Lafayette (155e) de 7,4% à 5,4 milliards, tandis que LVMH (56e) a crevé le plafond avec un + 14,9% à 15 milliards. Carrefour (2e, 121 milliards de dollars) et Intermarché (27e, 38 milliards) ont pris, respectivement 4,8 et 4,5%.

Enfin, les champions des pays émergents confirment leur montée en puissance. Au Brésil, Pão de Açucar arrive en 45e position avec des ventes de 18 milliards de dollars (+ 38%). Le leader chinois Bailian arrive 66e, après un bond de 7,9% à 15 milliards de dollars. Tandis que le russe X5 Retail Group est 83e avec 11 milliards, + 29,7%. En revanche, l'Inde n'a toujours pas fait son entrée au classement.

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Article extrait
du magazine N° 2211

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