Les manifestations agricoles reprennent de l’ampleur partout en France

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La rencontre entre le président de la République et le président de la FNSEA, mardi 2 février 2016, n'a pas débouché sur des annonces nouvelles. Les manifestations agricoles se multiplient sur les axes routiers et pourraient viser aussi des hypermarchés et supermarchés.

François Hollande (ici, au Salon de l'Agriculture en 2015). Il va s'exprimer sur la crise agricole dans les semaines qui viennent
François Hollande (ici, au Salon de l'Agriculture en 2015). Il va s'exprimer sur la crise agricole dans les semaines qui viennent

Comme annoncé dès la semaine dernière par les syndicats agricoles, les manifestation ont repris un peu partout en France, avec des axes routiers bloqués et des menaces vis à vis de la grande distribution dans certains départements. La réunion entre Xavier Beulin, président de la FNSEA, avec le président de la République, à l’Elysée, et avec le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ce matin mardi 2 février 2016 n’a donné lieu à aucune annonce, ce qui semble nourrir la colère des manifestants.

Xavier Beulin a réitéré les demandes constantes qu’il formule pour sortir les agriculteurs de la crise : notamment la levée de l’embargo sur les exportations en Russie qu’impose l’Europe sur fond de crise ukrainienne et qui touche les viandes, les fruits et les légumes. “J’ai demandé au président de la République qu’il fasse évoluer le dossier lors de sa rencontre avec Angela Merkel en fin de semaine”, a-t-il précisé à l’issue de l’entretien. Il a également demandé une baisse des cotisations sociales de 10 points, de 45 % à 35  % du revenu agricole.

"Rien n'impose une négociation commerciale qui vise des baisses de prix"

Auparavant, sur Europe 1, il avait évoqué la question des prix, au sein de toute la filière. “Avec les coopératives, les industriels, la grande distribution et la restauration, nous devons avoir un dialogue de meilleur niveau. Par exemple, sur les produits laitiers, rien n’impose une négociation commerciale telle qu’on la vit avec des baisses de prix”. Il a estimé que les contrôles de la DGCCRF, annoncés par Stéphane Le Foll, c’est le “boulot de l’éxécutif, que chacun fasse bien son travail”. En réalité, d’après une enquête à paraître dans LSA, les négociations commerciales 2016 ont pris beaucoup de retard, et devraient se concentrer principalement dans les prochaines semaines.

Sur le terrain, l’absence d’annonces du président de la République, qui doit s’exprimer sur la question agricole d’ici la fin du mois, c’est à dire juste avant l’ouverture du Salon de l’Agriculture, semble laisser amer. L’Etat, comme la FNSEA, semblent impuissants face à la mobilisation des campagnes. Le coût des dépradations a atteint 4 millions d’euros en Bretagne, selon le préfet de région. Ce dernier tente d’organiser des tables rondes, mais les syndicats refusent de s’y rendre. Pour eux, c’est au sommet de l’Etat que les décisions doivent être prises.

La grogne s'étend à l'Allemagne, restructurations en cours 

L’an dernier, les manifestations avaient été également très coûteuses pour les supermarchés, avec de nombreux dégâts de vitrines ou dans les rayons. Un leader syndical départemental menaçait ce matin d’investir à nouveau les parkings. “On a invité la grande distribution à venir discuter avec nous, elle a refusé, alors, c’est nous qui lui rendons visite. Mais sans intention de faire des dégâts, nous ne sommes pas des casseurs”.

A l’étranger, la grogne s’étend aussi à l’Allemagne, notamment pour les cours du porc, les grandes entreprises faisant pression sur les prix alors que le marché serait à l’équilibre. Mais il y aurait aussi une lutte à la part de marché. Le géant Tönnies, vient de créer une filiale en France avec Abera (groupe Avril de Xavier Beulin), l’Atelier des viandes, pour fournir les magasins Lidl en France. Mais il a aussi acquis  le Danois Tican, au détriment de Danish Crow, également sur les rangs. Tican abat 2 millions de porcs au Danemark, avec 2 600 salariés. Tönnies en abat déjà 20 millions en Europe, comme Danish Crown. La restructuration est en cours, avec une course à la taille… et elle semble bien peser sur les prix à la production...

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