Marchés

Les matières premières donnent des sueurs froides aux industriels

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Dossier Face à la flambée historique du prix des matières premières, les industriels des surgelés ont été contraints de trouver des moyens de faire des économies pour éviter de trop augmenter leurs tarifs en magasins et de rogner sur leurs marges.

La rédaction vous conseille

L'année 2011 sera à marquer d'une pierre blanche. Mais pas pour de bonnes raisons. L'ensemble de l'industrie agroalimentaire a subi les hausses faramineuses des coûts des matières premières : des augmentations à deux chiffres sur de nombreux produits, comme les poissons (+ 10 % sur le cabillaud Atlantique, + 7 % pour le colin d'Alaska et des prévisions à + 12 % pour le saumon du Pacifique) et les crustacés, le cours de la noix de Saint-Jacques ayant été multiplié par trois. Et quand il ne s'agit pas du poisson, du blé et du lait, c'est la viande qui prend la relève.

 

Demande croissante et mauvaises récoltes

Une inflation des cours qui s'explique entre autres par une demande des produits de grande consommation de plus en plus importante, surtout dans les pays émergents, mais également par des pénuries de certaines denrées et des récoltes désastreuses. Si tous les industriels des PGC ont été touchés, les acteurs du rayon grand froid ont davantage souffert de ces hausses de prix en raison du grand nombre d'ingrédients utilisés dans leurs recettes et de leur périmètre très large, allant du sucré au salé.

Sans aucune exception, tous ont dû gérer leur activité 2011 avec cet obstacle supplémentaire. Sans surprise, les plus petits intervenants ont encore une fois davantage souffert de ces aléas, bénéficiant de moins de fonds que les grands du secteur. Et dans ce cadre, pour chacun, un seul mot d'ordre : ne pas faire de compromis sur la qualité de leurs produits. Ils ont alors actionné le levier « hausse de prix en magasins », dans une limite maximale de 5 % en fonction des catégories. Une augmentation insuffisante pour compenser l'inflation des matières premières.

« Nous avons évidemment essayé de répercuter ces hausses, mais nous n'avons pas réussi à passer celles que nous aurions voulues », explique Florence Frappa, directrice marketing surgelés Nestlé Grand Froid.

Malgré la hausse des cours des matières premières, nous ne souhaitons pas faire de compromis sur la qualité. Nous avons répercuté ces augmentations en magasins, mais nous n'avons pas réussi à passer ce que nous souhaitions. On compense alors avec des économies en interne en essayant de diminuer les pertes mais il est difficile de remettre en cause l'ensemble du process industriel.

FLORENCE FRAPPA, directrice marketing surgelés Nestlé Grand Froid

Pas d'améliorations prévues pour 2012

Et si les marques veulent continuer à être accessibles, déjà, le consommateur voit la différence sur sa note au moment de passer en caisse : les prix ont augmenté de 11,9 % en moyenne pour les fruits de mer, de 10,3 % sur les tartes surgelées, de 4,7 % pour les poissons, de 3,5 % pour les viandes, de 3,1 % pour les légumes... et la liste est encore longue.

Au-delà des augmentations en magasins, les fabricants ont tenté d'optimiser leur production industrielle, leur permettant ainsi de faire des économies d'échelle et de diminuer les pertes de matières premières. « On compense en interne, mais il est impossible de remettre en cause l'ensemble du processus industriel », ajoute Florence Frappa.

D'autres initiatives ont été menées afin de leur éviter de rogner sur les marges. Le distributeur de surgelés Thiriet a ainsi misé sur les stocks. « Pour certaines denrées, nous pouvons chercher à amortir les hausses en augmentant nos stocks. Mais nous ne pouvons pas non plus lire l'avenir », indique Hervé Dufoix, directeur marketing chez Thiriet. Nestlé Grand Froid (Maggi et Buitoni), de son côté, a également décidé de faire jouer la concurrence entre les différents fournisseurs. « Chaque petit grain de sable va permettre de compenser ces hausses », indique Florence Frappa.

 

«Le marché va rester très tendu »

Si 2011 a été tendue, l'année 2012 n'est pas près de s'améliorer. Les prévisions se situent sur la même lignée que 2011 et tous les acteurs restent très pessimistes. « Cette flambée des cours n'est pas près de faiblir. Quand l'un se calme, c'est un autre qui prend la suite », explique Laure Fauchon, directrice marketing de Labeyrie Traiteur Surgelés. « Le marché va rester très tendu », conclut Florence Frappa. Une situation très inquiétante...

Le contexte

  • La raréfaction des ressources et la demande croissante des PGC surtout dans les pays émergents ont engendré une hausse des coûts des matières premières pharamineuse. -
  • Toutes les catégories des surgelés ont subi des augmentations de prix en magasins.
  • Un contexte inflationniste qui pénalise fortement les petits intervenants.
  • Les négociations commerciales avec les distributeurs sont de plus en plus tendues.

LES SOLUTIONS

  • Les industriels ont été obligés de demander des hausses de prix en magasins (entre 2 à 5% en fonction des catégories) pour essayer de pallier l'inflation des cours des matières premières.
  • Les fabricants ont tenté de stocker certaines denrées peu touchées par l'inflation.
  • Certains ont dû rogner sur leurs marges.
  • Des économies d'échelle ont été réalisées en optimisant les outils industriels.

DES HAUSSES IMPORTANTES

Évolution des prix moyen de ventes en volume, CAM à fin février 2012 vs même période en 2011.

Source : SymphonyIRI

  • FRUITS DE MER + 11,9%
  • TARTES + 10,3%
  • POISSONS + 4,7%
  • VIANDES + 3,5%

Si toutes les catégories ont été touchées par la hausse des cours des matières premières, les poissons et les fruits de mer surgelés deviennent cette année des denrées rares. Par exemple, le cabillaud Atlantique a augmenté de 10%, et les prévisions pour le saumon du Pacifique se situent autour de + 12%. Ces hausses ont été répercutées sur les prix de vente en magasins, à des niveaux moindres, mais tout de même perceptibles pour les consommateurs.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA