Marchés

Les MDD prennent du poids

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Si la pâtisserie industrielle attire de nouveau les consommateurs, le marché dans son ensemble en profite à peine, tant les prix restent bataillés par les MDD.

1,49 Mrd€

Le chiffre d'affaires du secteur* + 1% en valeur** + 1,7% en volume**

2% La part des PGC dans le chiffre d'affaires*

30,4% Le poids des MDD, en valeur*

Source : SymphonyIRI * CAM au 4.07.2010

** Évolution vs 2009

Un léger mieux, mais pas de quoi déboucher le champagne. Voilà pour résumer l'état d'esprit des industriels de la pâtisserie et de la viennoiserie en France. Du mieux parce que, l'année dernière, le marché n'avait pas progressé, se contentant d'un médiocre + 0,2%. Mais pas encore la fête, car, cette année, le chiffre d'affaires du secteur n'a crû que d'un petit pourcent en valeur, à 1,49 milliard d'euros.

 

Une bataille féroce sur les prix

 

Le plus gros segment

La viennoiserie industrielle, à 703 M€, + 0,4 %

Source : SymphonyIRI, CAM au 4.7.2010, et évolution vs 2009

En cause ? Principalement la bataille sur les prix. En cumul annuel mobile à fin juin 2010, le prix moyen a cédé 0,7%, alors qu'un an plus tôt ils s'appréciaient de,2% permettant à un marché en recul en volume d'être positif en valeur.

Cette année, c'est le contraire. Et à ce jeu-là, les marques des distributeurs sont les plus fortes. Sur l'ensemble des marchés, elles ont atteint 30,4% du chiffre d'affaires du marché, leur propre chiffre d'affaires progressant de 0,7%. Sur certains segments, leur croissance est spectaculaire : + 5,6% dans les gâteaux et roulés, +8% dans les pâtisseries individuelles, et même + 12,5% dans le pain d'épice ! Si les distributeurs prennent une part de gâteau de plus en plus importante, c'est que les consommateurs, soucieux de ne pas payer trop cher, ne voient globalement pas d'avantage concurrentiel pour les marques nationales.

Ce constat, plutôt inquiétant, pourrait conduire le marché de la pâtisserie industrielle à glisser tout doucement vers des marchés de plus en plus « MDDisés ». Comme c'est le cas pour les haricots verts surgelés (84% de MDD) ou les barquettes et plats surgelés (83% de MDD).

 

De nouveaux formats

 

La pâtisserie individuelle

+ 4,4%, à 380 M€

 

Les galettes et couronnes

+ 5,5%, à 22,9 M€

 

Les pains d'épice et navettes

+ 0,5%, à 32,4 M€

 

Les gâteux et roulés

+ 1,7%, à 172,4 M€

La pâtisserie à partager

- 4,1%, à 184 M€

Source : SymphonyIRI, CAM au 4.7.2010, évolution vs 2009

Dès lors, que reste-t-il aux marques nationales pour se démarquer ? L'innovation, évidemment. « L'offre traditionnelle s'est renouvelée sous l'impulsion des marques Ker Cadélac, Le Ster et St Michel, qui ont fortement innové ces derniers mois », reconnaît, beau joueur, Matthieu Bernet, directeur du marketing de Brossard, qui a été plutôt discret sur l'année écoulée en ce qui concerne l'innovation produit de rupture. Lesdites marques ont fait oeuvre d'innovation principalement dans les formats, tels que les bouchées Minis au chocolat de Ker Cadelac ou les moelleux en petits sachets de St Michel.

De son côté, Brossard a joué la carte de la licence. Après les cakes Wizz Winnie l'ourson, la marque a visé les plus grands cette année, avec les pâtisseries Foot 2 Rue et Totally Spies. Mais est-ce suffisant pour contrer la montée en puissance des marques de distributeurs ? Sans doute pas, mais peut-être de quoi tenir un temps avant de nouvelle vraies innovations susceptibles de recréer durablement de la valeur. Histoire de se partager un plus gros gâteau.

LES TENDANCES

Le retour fort des portions individuelles en pâtisserie.

L'apparition de licences pour les enfants.

Des prix en forte baisse dans la viennoiserie.

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