Marchés

Les multiples clés de l'internet pour tous

Abreuvés d'internet par des médias enthousiastes et prosélytes, les consommateurs non encore connectés s'interrogent. Internet, d'accord, mais avec quel matériel ? Via quel fournisseur d'accès ? Et, surtout, pour quoi faire ? Réponses des professionnels.

«Internet : ça y est ! La France s'enfièvre.» À en croire l'hebdomadaire « le Point » - qui en faisait sa Une le 10 mars, photo de Jacques Chirac surfant sur un iMac à l'appui -, le pays serait enfin saisi d'une saine frénésie proréseau. À la lecture, cependant, le sujet se précise. Ce que « le Point » constate, c'est surtout un engouement croissant des entreprises pour l'utilisation d'internet. Car pour ce qui est du taux de connexion de la population, malgré une hausse constante, l'explosion n'a pas eu lieu.

La raison principale reste, quoi qu'on en dise, la complexité d'accès au réseau. Outre le fait de posséder un ordinateur, le consommateur souhaitant surfer doit encore choisir un fournisseur d'accès (ou ISP, ou provider) et installer le kit de connexion. Ce qui relève, plus souvent qu'on ne le croit, du parcours du combattant. Et quand, enfin, les portes du web s'ouvrent reste à savoir sur quoi. Les promoteurs de l'internet, quelle que soit leur activité, l'ont compris et tentent aujourd'hui d'en simplifier l'accès.

Premiers concernés : les fabricants de matériel. Les industriels de l'informatique sont, aujourd'hui encore, en première ligne. Car si les médias s'exaltent sur l'émergence de l'internet mobile (sur les téléphones, sur les assistants numériques ), si les consoles de jeux nouvelle génération s'équipent toutes de modems, si Thomson et Microsoft se sont alliés pour promouvoir l'internet sur le téléviseur (gamme Tak), l'accès au réseau se fait encore via un Mac ou un PC.

Un PC simplifié pour l'internet

Apple a d'ailleurs consacré l'un de ses spots télévisés à expliquer qu'un iMac sorti du carton se connecte en deux opérations. Packard Bell déploie aussi de gros efforts pour simplifier internet, offrant un pack logiciel et un guidage pas à pas via son Netpass. Plus récemment, Compaq a signé avec Microsoft un accord sur trois ans, au terme duquel la gamme des PC grand public du numéro un mondial sera équipé de claviers intégrant des touches d'accès direct à des services en ligne, signés Bill Gates.

Dans un autre esprit, Fujitsu Siemens commercialise - notamment chez Carrefour - le Celvin. Un PC simplifié au design prévu pour faciliter internet, en mettant de côté les manipulations trop « informatisantes ». Mais à bien y réfléchir, la seule façon de faciliter vraiment la première connexion - qui est toujours la plus ardue - serait en fait de préinstaller tous les logiciels adéquats et d'ouvrir un abonnement en magasin.

Le très récent accord HP-France Telecom va dans ce sens. Le fabricant américain propose un PC de sa gamme grand public Pavilion, intégrant tout le matériel et les logiciels nécessaires pour se connecter à l'offre d'internet par ADSL de l'opérateur public. Outre son prix élevé, ce service a l'inconvénient de n'être disponible que dans certaines zones du pays. Mais même sans cela, un problème se posera toujours : comment envisager d'imposer à un consommateur un abonnement à tel provider plutôt qu'à tel autre ? L'offre est si pléthorique qu'il est presque impossible d'imaginer qu'un acheteur abonné d'office à Wanadoo ou AOL ne manifeste pas une nette préférence pour Club Internet, Liberty Surf, Free ou un autre

La maîtrise du processus se trouverait donc plutôt entre les mains des providers eux-mêmes. Après avoir été choisis par les consommateurs, ce serait à eux de simplifier au maximum l'accès au réseau. Une mission difficile, là encore. L'une de leurs idées a consisté à offrir des packs en libre-service, intégrant ou non un modem. Quand ce n'est pas le PC complet qui bénéficie d'un tarif subventionné en échange d'un abonnement à long terme, dans la droite ligne de la téléphonie mobile. Infonie, Avenir Télécom et Neclic (Cibox) affirment avoir connu quelque succès dans ce domaine, mais l'expérience a fait long feu. Aujourd'hui, il semble que les providers se recentrent sur leur métier et tentent d'élaborer des offres et des tarifications répondant aux attentes des clients plutôt que de leur servir du tout-compris. C'est en tout cas sur ce thème que Tele2, l'opérateur scandinave qui, le premier, a osé la minute de téléphone à tarif unique en France, s'est récemment lancé dans la fourniture d'accès au web. En promettant une offre internet aussi simple que son offre de téléphonie.

Prise de pouvoir des fournisseurs de contenu

Dernier maillon - essentiel - de la chaîne : les contenus. Sites, moteurs de recherche et autres portails, longtemps ignorés, apparaissent aujourd'hui au grand jour et envahissent les écrans publicitaires. Logique : il y a quelques années, on voulait tout simplement « avoir internet ». Mais maintenant qu'on l'a on aimerait savoir quoi en faire ! La prise de pouvoir des fournisseurs de contenu sera peut-être la prochaine révolution du monde cyber. Mais, là encore, des efforts de simplification et de vulgarisation sont à fournir. Certains semblent l'avoir compris. Là où Wanadoo propose une vision métaphorique et presque onirique du réseau qui relie les hommes, la publicité Lycos se résume en un slogan qui décrit finalement bien le rôle d'un moteur de recherche : « Va chercher ! » Tandis que Simone, véritable Mère Denis du web, « peut tout vendre et tout acheter sur iBazar. fr ». Du concret, en somme. Quant à l'utilisation des sites, elle tend, elle aussi, à se simplifier. Alaxis, portail communautaire marchand, propose un outil de recherche baptisé Alex. Alex est capable de faire de l'analyse linguistique, ce qui signifie qu'au lieu de taper des mots clés, l'internaute pose une question en français et le moteur de recherche se charge d'y répondre.

Et pour qui juge tout cela encore trop compliqué, la réponse pourrait se trouver du côté de chez Nec et de son robot R100. « Le robot possède un accès internet, peut envoyer et recevoir des mails ou des messages vidéo, explique Yoshihiro Fujita, chef de projet. Comme il est capable de reconnaître jusqu'à dix personnes, il vous cherchera dans la maison pour vous transmettre le message. » Voilà qui devrait vaincre les dernières réticences.

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