Marchés

Les navigateurs gps sortent des sentiers battus

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assortiment - Les appareils qui ont simplifié la vie de 15 millions de conducteurs européens depuis 2004, ne se contentent plus du guidage. Calcul précis d'itinéraire, recherche de points d'intérêt, fonctions multimédias... Les navigateurs élargissent leurs compétences pour se distinguer.

En mai, Mio Technology France a fait venir un invité de marque pour la présentation de sa nouvelle gamme Moov de navigateurs : Michel Datchary, PDG du groupe PagesJaunes. A priori, il n'y pas de lien direct entre l'ancienne filiale de France Télécom (et dont le capital est aujourd'hui détenu à 55 % par Médiannuaire, propriété du fonds KKR) en charge des annuaires et le groupe taïwanais. Pourtant, les deux sociétés ont signé un partenariat en avril : la première mettra son copieux carnet d'adresses (4 millions de professionnels, 25 millions de particuliers) à disposition des utilisateurs de navigateurs Mio. Et, mieux que les adresses, une mise à jour régulière, histoire de ne pas atterrir dans un salon de coiffure avec son dogue allemand si le vétérinaire qui occupait les lieux a déménagé. Un service en plus pour Mio, qui a l'avantage d'être gratuit. L'utilisateur ne paiera « que » la connexion à l'internet mobile, car les mises à jour se font par Bluetooth via le téléphone portable.

Des services poussés

Après les infos trafic et la localisation des radars donc, les fabricants de PNA (« Personal Navigation Assistant » en anglais) misent de plus en plus sur les services et les fonctionnalités pour faire la différence. « Le produit reste essentiel et convivial, surtout avec la simplification des commandes d'utilisation, reconnaît Samuel Vals, président de Mio France. Mais, maintenant, il faut accroître l'usage du GPS et aller chercher les personnes qui en ont moins besoin au quotidien et plus en vacances ou en week-end. » Comprendre : les conducteurs connaissent le trajet quotidien maison-travail, mais doivent être guidés lorsqu'ils cherchent un restaurant à 400 km de chez eux.

TomTom, numéro un européen du secteur, qui vend plus d'un navigateur sur deux en France, travaille aussi les services, mais avec une stratégie différente. Plutôt que de nouer des partenariats et de parier sur les points d'intérêt comme son concurrent Mio, le fabricant néerlandais développe des logiciels pour améliorer sans cesse la qualité de calcul des trajets. C'est le cas avec la technologie IQ Routes, disponible sur les gammes Go, le haut de gamme de TomTom. Ce logiciel calcule les parcours non en fonction des limites autorisées sur les routes, mais des moyennes de vitesse enregistrées par les utilisateurs. Il base ainsi son calcul en tenant compte des heures, des jours de la semaine et des périodes de l'année. Résultat, la fiabilité est accrue et le temps de trajet optimisé.

Pour le pionnier du secteur en Europe, il n'est pas question de proposer des fonctions « gadgets ». « Nous avons passé deux ans à mesurer les vitesses réelles des voitures sur les 41 millions de tronçons de route en Europe, explique Benoît Simeray, vice-président des ventes Europe du Sud de TomTom. Les gens nous achètent pour être guidés d'un point A à un point B, nous devons être les plus forts sur cette fonction de base. »

Rester légitime est le difficile objectif des fabricants aujourd'hui. Si le marché continue de croître en volume (+ 60 % en France, selon les fabricants), la rapide chute des prix pourrait entraîner une récession inédite. La faute à des « no-name » de plus en plus agressifs dont la grande distribution est très friande. Les marques ont du mal à supporter cette guerre des prix très dure. Exemples, le fabricant français ViaMichelin a cessé sa production, et TomTom a revu à la baisse ses résultats 2008, ce qui a fait plonger le cours de Bourse début juillet. Plus préoccupant, la technologie de guidage par GPS équipe de plus en plus les voitures en série et d'autres appareils comme les téléphones mobiles. Une concurrence frontale pour les navigateurs dédiés comme ceux de Mio, Garmin ou TomTom, qui pourrait entraîner un fléchissement des ventes à terme. Fatal dans un contexte fortement déflationniste.

S'inspirer du smartphone

Les fabricants cherchent donc à garder toujours un coup d'avance sur les concurrents issus de l'électronique ou du mobile. Pour Garmin, numéro un mondial, le progrès prend le chemin de la voix. Son modèle Nüvi 860 se contrôle par la parole. Nom de ville, adresse précise mais aussi, nouveauté, recherche de point d'intérêt, y compris en pleine agglomération. La fonctionnalité est perfectible, notamment sur la compréhension du nom de certaines rues complexes, mais apporte un réel confort au conducteur qui ne veut pas (et ne doit pas) quitter la route des yeux.

Pour ceux qui ne se contentent pas du GPS, le spécialiste français de l'autoradio Takara propose le plus multimédia des navigateurs du marché. Son GPV1004, présenté en mai lors du salon Medpi à Monaco, se présente sous la forme d'un autoradio muni d'un écran tactile. Là où ses concurrents ne proposent que de la navigation, lui permet de lire des fichiers audio et vidéo grâce à l'écran qui se transforme en minitéléviseur. Un peu dangereux certes, mais le navigateur peut envoyer les images à des écrans situés sur les appuis-tête à l'arrière et de passer en mode GPS. Un produit « couteau suisse » dont la philosophie rappelle celle des smartphones. Une façon de montrer aux fabricants de mobiles que l'inspiration se fait dans les deux sens...

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