Les négociations commerciales coincées entre la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat

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La journée organisée par LSA sur les négociations commerciales 2013 qui vont s’ouvrir dans les prochaines semaines a connu un succès sans précédent avec plus de 500 chefs d’entreprise ou dirigeants des secteurs venus écouter les dirigeants d’enseignes et de sociétés de grande consommation, ainsi que les présidents de fédérations, depuis la FNSEA jusqu’à la FCD en passant par les PME, l’Ania et l’Ilec ou Alliance 7.

Dans un contexte de crise, de stagnation de la consommation, de fortes hausses des matières premières et des taxes sur l’alimentation et les transports, les distributeurs comme les transformateurs ont engagé le débat sur le partage de la valeur ajoutée, les risques de destruction de valeur, ou de trop forte augmentation des prix qui aboutirait à des chutes de vente que craignent particulièrement les enseignes.

Pour ou contre une révision de la LME

Serge Papin a ouvert les débats en réaffirmant la nécessité d’amender la LME avec un dispositif qui protégerait les PME, mais la plupart des intervenants se sont opposés à cette idée qui risquerait de faire réapparaître l’inflation et les marges arrière, certains évoquant même une sorte de « retour à la loi Galland en version light ». Toutes les autres enseignes présentes, d’Intermarché à Auchan en passant par Leclerc ont au contraire la volonté de limiter la hausse des prix. «Les industriels parlent de destruction de valeur, mais on ne parle jamais de la destruction de valeur du pouvoir d’achat ! Si les pouvoirs publics reviennent à la loi Dutreil, il faut s’attendre à ce que le Coca-Cola augmente de 15 %. La priorité, c’est de ne pas casser le moteur de la consommation, sans quoi on connaîtra la même chute des ventes que connaissent actuellement l’Espagne et le Portugal ».

Application de la loi

Olivier Picot, vice-président en charge des relations commerciales à l’Ania et Olivier Desforges, président de l’Ilec, considèrent pour leur part que la LME n’est pas bien appliquée et que de nombreuses clauses dans les contrats commerciaux cherchent à la contourner, comme celles de « garanties de marges ». Jean-Pierre Bayard, vice-président de la FNSEA, a pour sa part dénoncé « la destruction des PME agro-alimentaire sur tout le territoire », dès lors que celles-ci n’arrivent pas à répercuter la hausse des matières premières. Les distributeurs comme Intermarché et Auchan ont aussi fait valoir leurs capacités à développer les volumes d’affaires des fournisseurs, par l’ouverture de nouveaux magasins ou de stratégies d’offre payantes. Les joutes commerciales ne sont pas prêtes de s’éteindre avec  la hausse des impôts sur les entreprises et les ménages, sans doute nécessaire pour combler les déficits, mais assurément néfaste sur le niveau de consommation et facteur de fragilité pour les acteurs économiques.

Un député en charge des relations commerciales

Aucun ministre n’était présent, pour la première fois, lors de cette journée, mais en revanche, le futur président de la Commission d’examen des pratiques commerciales – il sera nommé par décret gouvernemental la semaine prochaine -  le député Razzy Hammadi était dans la salle. Preuve que les débats étaient passionnants et stratégiques, alors qu’il ne devait rester qu’une demi-heure, il est resté plus d’une heure et demie et jusqu’à la fin des débats clôturés par Michel Edouard Leclerc, qui a promis de soutenir la CEPC "alors que j'étais plutôt contre au début". Le député de Seine Saint Denis, qui remplace Catherine Vautrin, est ainsi déjà courtisé. Parions que ce proche de Benoît Hamon, ministre de la Consommation, saura convaincre ce dernier de venir présenter  au secteur de la production et de la grande consommation son action ministérielle lors de la session organisée par LSA l’an prochain.

 

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