Les nouvelles technologies au service de l’entrepôt du futur [Tribune]

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TRIBUNE D'EXPERTS Avec l’essor de la robotisation, le développement des bâtiments connectés et les innovations majeures dans la gestion visuelle des produits, les prestataires 3PL (logistique tierce partie) améliorent continuellement leurs prestations logistiques. Retour sur tous ces outils par  François Duchesne, Business Developement Manager Solutions Logistique INDOOR, Hub One.

François Duchesne, Business Developement Manager Solutions Logistique INDOOR, Hub One
François Duchesne, Business Developement Manager Solutions Logistique INDOOR, Hub One© DR

La robotisation collaborative, un nouvel atout logistique

Il y a plus de 30 ans, les 3PL ont commencé à digitaliser les entrepôts avec le déploiement des WMS (Warehouse Management System ou logiciels de gestion d’entrepôt) et des terminaux de radiofréquence. Aujourd’hui, les grands acteurs du e-commerce tels qu’Amazon ou Cdiscount passent à la vitesse supérieure. Pour eux comme pour l’ensemble des prestataires logistiques, la productivité passe par des solutions ergonomiques avec comme principal enjeu de diminuer la pénibilité (notamment concernant les charges portées et les déplacements internes) tout en limitant les tâches répétitives.

L’intégration de robots au service de la préparation de commande et du stockage des produits apparaît comme une solution particulièrement intéressante pour les logisticiens. Il est d’ailleurs plus adéquat de définir ces outils de manutention comme des “cobots”, contraction de “robotique collaborative”. Ils suivent les opérateurs au sein de l’entrepôt, sans que ces derniers n’aient besoin de les manipuler, et les assistent dans les tâches répétitives et pénibles. Les collaborateurs peuvent alors se concentrer sur des opérations à forte valeur ajoutée, comme le choix du bon produit – ce qui évite également les erreurs humaines.

D’autres solutions existent. Les exosquelettes, par exemple, permettent d’optimiser mécaniquement les capacités des opérateurs et des lunettes augmentées qui leur transmettent directement les informations devant les yeux. En limitant au maximum les mouvements inutiles, la conjonction de tous ces équipements réduit la pénibilité au travail et sert donc la productivité des collaborateurs tout en améliorant la qualité de leurs prestations. Des atouts supplémentaires pour les professionnels de la logistique en mal de candidats à la préparation de commandes, pourtant au coeur de l’entrepôt.

Le temps réel : toujours plus proche avec l’entrepôt connecté

Les entrepôts connectés ou « bâtiments intelligents » ont pour piliers le Machine Learning et l’intelligence artificielle. Grâce à des capteurs ou à des beacons, les machines, chariots, convoyeurs ou même drones sont interconnectés en temps réel pour toujours plus d’efficacité. Il devient possible de vérifier que les chargements comportent les bonnes palettes et les bonnes préparations tout en réalisant des inventaires beaucoup plus rapidement. Là où un être humain a besoin d’une minute par emplacement, un drone ou une solution d’inventaire automatisée ne prendra seulement que deux secondes.

Toutes ces informations forment le Big Data de la logistique. La multiplication des capteurs dans les entrepôts et des machines communicantes permettent de connaître de manière précise leur temps et mode d’utilisation. C’est la base même de la maintenance prédictive. Les pannes sont prévenues avant qu’elles n’arrivent. Ces outils connectés accompagnent également les préparateurs dans l’entrepôt et sont en mesure de dire combien de kilomètres ils ont parcouru ou leur nombre de prises à la minute. Toutes ces technologies permettent de disposer d’une représentation la plus fidèle possible du stock physique en temps réel.

De la radiofréquence à la vue, des techniques de plus en plus précises

Renforcer l’équipement des préparateurs via des lunettes et des outils externes limite le nombre d’erreurs. Les chariots sont équipés de caméras et à chaque étape, de la constitution de la palette à la mise dans le camion, tout est automatiquement vérifié et noté. Cette pratique permet de mieux gérer les éventuels litiges, puisque tout est conservé dans un serveur d’images.

Pour arriver à ce résultat, les techniques ont dû évoluer. Avant, il y avait le papier, puis il y eut la radiofréquence. La voix l’a remplacée et aujourd’hui l’image prend le relais. Les équipements deviennent aussi plus légers : ceux d’avant-hier étaient lourds et encombrants mais aujourd’hui, les opérateurs utilisent des smartphones qui ne prennent presque plus de place.

Une adaptation aux évolutions technologiques nécessaire pour sécuriser l’activité

Pour un prestataire logistique, ces outils servent autant en interne qu’en externe.

Au sein d’une entreprise, ils jouent un rôle prépondérant sur la marque employeur : il est plus agréable et tentant pour un candidat de postuler dans une structure qui agit sur la pénibilité, optimise son travail via un smartphone et où les outils technologiques facilitent ses tâches quotidiennes.

Côté clients, la technologie permet de vérifier à tout moment que les produits demandés soient présents dans les bonnes quantités et/ou soient acheminés dans les délais impartis. Ce qui est déjà et sera de plus en plus demandé dans le e-commerce. Quant aux contrôleurs en fin de préparation, ils pourront être affectés à d’autres tâches à réelle valeur ajoutée.

L’essor de la robotisation et de l’entrepôt connecté amène des niveaux de performance jusqu’ici inégalés. Mais pour garantir ces nouveaux gains de productivité, les prestataires logistiques doivent accompagner leurs évolutions technologiques de mesures de sécurité informatique adéquates en renforçant leur politique de cybersécurité. L’activité se préserve ainsi de toute rupture de flux qui pourrait ralentir la bonne marche de l’entrepôt.

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